24/08/2026
⚽️ FOOTBALL FÉMININ AU CAMEROUN : 54 ANS POUR PASSER DE L’HOSTILITÉ À LA GLOIRE AFRICAINE
De la cour du Stade Malien aux sommets du football africain, l’histoire des Lionnes Indomptables est aussi celle de femmes et d’hommes qui ont refusé d’abandonner.
Il était une fois… un homme qui croyait que les filles camerounaises avaient, elles aussi, leur place sur un terrain de football.
Son nom : ATANGANA LOUIS DE GONZAGUE.
Passionné de football, arbitre international et véritable homme de terrain, il fait partie de ces pionniers dont l'histoire mérite d'être racontée.
🏟️ 1972 : LES PREMIÈRES RACINES AU STADE MALIEN
Nous sommes en 1972, au lendemain de la 8ᵉ Coupe d'Afrique des Nations organisée au Cameroun.
Le pays vient de bénéficier de nouvelles infrastructures sportives. Parmi elles, un terrain d'entraînement situé à Nkolndongo, initialement mis à la disposition de la sélection malienne pendant la CAN.
Après la compétition, ce stade prendra le nom de Stade Malien.
C'est précisément sur cette pelouse mythique que vont germer les premières graines du football féminin camerounais.
Atangana Louis de Gonzague décide de convaincre des jeunes filles de venir jouer au football.
Mais à cette époque, le projet paraît presque insensé.
Les parents sont méfiants. Certains sont même franchement hostiles.
Pour beaucoup, le football est une affaire d'hommes.
Mais le pionnier ne renonce pas.
Il s'investit, expérimente, apprend et perfectionne ses méthodes d'entraînement, notamment grâce à ses déplacements à l'étranger.
La flamme commence alors à se transmettre.
À Douala, un autre passionné, Ambadiang, reprend le flambeau et contribue à développer la pratique du football féminin dans le Littoral.
👊🏾 1988-1990 : LE RÊVE DEVIENT UNE ÉQUIPE
Malgré les incompréhensions et les difficultés, Atangana Louis de Gonzague poursuit son combat.
Entre 1988 et 1990, il crée le Canon Filles de Yaoundé.
Dans le même temps, M. Effa, alors gardien du matériel des Canonniers, met sur pied le Club 33 de Mvog-Mbi.
Progressivement, le football féminin quitte les petits terrains de quartier pour commencer à s'organiser.
Les filles jouent.
Elles s'entraînent.
Elles se battent pour leur passion.
Et surtout, elles démontrent que le football féminin n'est pas une mode : il est en train de devenir une réalité camerounaise.
👩🏾 1987 : UNE PREMIÈRE COMPÉTITION QUI CHANGE TOUT
Avant même cette structuration des clubs, une étape importante est franchie.
En 1987, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le ministère de la Condition féminine organise la première édition d'une compétition de football féminin.
La rencontre oppose à Douala l'Institut polyvalent Monthé de Yaoundé au Collège Saint-Michel de Douala.
Score final : 2-1.
Ce match peut sembler anodin aujourd'hui.
Pourtant, il constitue une étape symbolique dans une aventure qui ne demande qu'à grandir.
🚀 LES ANNÉES 1990 : LE FOOTBALL FÉMININ PREND SON ENVOL
En 1989, la Commission nationale de football féminin est créée.
Objectif : vulgariser la pratique du football auprès des jeunes filles à travers le pays.
À sa tête, Raymond Balemaken, entouré d'une poignée de passionnés et de mécènes, dont Atangana Louis de Gonzague.
Dès 1990, plusieurs clubs apparaissent :
⚽ Nufi Forestière
⚽ Cosmos de Douala
⚽ Gentle Ladies of Bamenda
⚽ Soleils de Garoua
⚽ Laurema de Yaoundé
Le championnat et les tournois commencent à s'organiser.
Le football féminin sort peu à peu des terrains de fortune.
Les joueuses participent à des rencontres et à des tournois organisés notamment à l'occasion de la Fête de la Jeunesse et de la Fête nationale.
Le mouvement est lancé.
🦁 1991 : NAISSANCE DES LIONNES INDOMPTABLES
L'année 1991 marque un tournant historique.
La sélection nationale camerounaise dispute la finale de la première édition du championnat d'Afrique de football féminin.
Parmi les pionnières figurent notamment :
Régine Mvoue, Henriette Zepang, Juliette Désirée Abbe Enama, Ekoumou Kempes, Mireille Abada, Mballa Michou, sa sœur et Yvonne Metende Joly.
Face à une équipe nigériane beaucoup plus expérimentée, les Camerounaises s'inclinent lors des deux manches : 2-0 puis 4-0.
La défaite est lourde.
Mais derrière ces scores se cache une victoire beaucoup plus importante :
le Cameroun vient de montrer qu'il peut rivaliser avec les grandes nations africaines du football féminin.
Les Lionnes Indomptables viennent de naître.
🥉 2003 : LES LIONNES COMMENCENT À RUGIR
Après une période difficile marquée par le manque de moyens et d'accompagnement, une nouvelle génération apparaît.
Elle est notamment portée par Bernadette Anong et plusieurs joueuses professionnelles évoluant principalement au Nigeria.
Le Cameroun retrouve progressivement sa place parmi les meilleures nations du continent.
En 2003, les Lionnes décrochent la médaille de bronze aux Jeux africains au Nigeria.
En 2004, elles deviennent vice-championnes d'Afrique en Afrique du Sud.
Le message est désormais clair :
le Cameroun possède des talents.
Ce qui manque encore, c'est une véritable politique durable pour accompagner ces talents.
💰 LE GRAND PARADOXE DU FOOTBALL FÉMININ CAMEROUNAIS
Pendant des années, le football féminin camerounais va souffrir d'un paradoxe.
Les résultats sont là, mais les moyens ne suivent pas.
Le manque d'organisation, les difficultés logistiques, l'insuffisance des financements, le faible accompagnement des clubs et l'amateurisme dans certaines structures vont freiner considérablement le développement de la discipline.
Même les financements internationaux destinés au développement du football féminin ne produisent pas toujours les effets espérés sur le terrain.
Le véritable défi n'était donc pas seulement de trouver des joueuses.
Il fallait construire une véritable industrie autour du football féminin.
Des championnats réguliers.
Des clubs solides.
Des infrastructures.
Des entraîneurs formés.
Des compétitions structurées.
Des sponsors.
Et surtout, une vision à long terme.
🏆 2026 : 54 ANS APRÈS, LE RÊVE DEVIENT RÉALITÉ
Et puis arrive le moment que plusieurs générations de joueuses, d'entraîneurs, de dirigeants et de pionniers attendaient.
54 ans après les premières foulées des jeunes filles au Stade Malien de Nkolndongo, le Cameroun atteint enfin la consécration suprême sur la scène africaine.
La première Coupe d'Afrique des Nations féminine devient alors bien plus qu'un trophée.
Elle représente 54 années de sacrifices, de combats, de préjugés surmontés, de générations de joueuses et de passionnés qui ont refusé de laisser mourir le rêve.
Derrière cette victoire, il faut donc regarder plus loin que les 90 minutes d'une finale.
Il faut regarder vers 1972.
Il faut regarder vers le Stade Malien.
Il faut regarder vers ces jeunes filles que certains parents ne voulaient pas voir jouer.
Il faut regarder vers les pionniers qui travaillaient avec presque rien.
Et parmi eux, il faut se souvenir d'un nom :
ATANGANA LOUIS DE GONZAGUE.
Celui qui, bien avant que les projecteurs ne s'allument sur les Lionnes, avait déjà compris une chose essentielle :
une fille aussi peut rêver de devenir footballeuse.
🇨🇲 DES PIONNIERS AUX LIONNES : UNE SEULE HISTOIRE
Aujourd'hui, lorsque les Lionnes Indomptables soulèvent un trophée continental, ce ne sont pas seulement les joueuses de la génération actuelle qui gagnent.
C'est toute une histoire qui gagne.
Les pionnières.
Les entraîneurs.
Les éducateurs.
Les dirigeants.
Les familles qui ont finalement accepté.
Les clubs de quartier.
Les bénévoles.
Et toutes ces jeunes filles qui ont continué à jouer malgré les regards et les préjugés.
Le football féminin camerounais n'est donc pas né avec les trophées.
Il est né avec le courage de quelques rêveurs.
Et si 54 années ont été nécessaires pour atteindre le sommet, une nouvelle question se pose désormais :
QUE FERONS-NOUS DES 54 PROCHAINES ANNÉES ?
Car gagner une Coupe d'Afrique est magnifique.
Mais construire un football féminin camerounais fort, professionnel, durable et économiquement viable, serait une victoire encore plus grande.
L'histoire des Lionnes ne doit pas s'arrêter au trophée.
Elle doit commencer une nouvelle page.
🇨🇲🦁 LONGUE VIE AUX LIONNES INDOMPTABLES !
NOUS DEVONS NOUS RAPPELER DES PIONNIERS....... MERCI MONSIEUR ATANGANA LOUIS DEGONZAGUE ( MONGO )
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✍🏾 HERVÉ NANA
La Voix du Barman
📚 Source : Archives FECAFOOT
Images source Google éclairage IA.