14/04/2026
𝘼̀ 𝘿𝙎𝘾𝙃𝘼𝙉𝙂, 𝙇𝙀 𝙋𝙍𝙊𝙅𝙀𝙏 𝙀𝘾𝙊𝙎𝘼𝙈𝙀 𝙍𝙀𝙇𝘼𝙉𝘾𝙀́ 𝘼𝙋𝙍𝙀̀𝙎 𝘿𝙀𝙎 𝙈𝙊𝙄𝙎 𝘿𝙀 𝘽𝙇𝙊𝘾𝘼𝙂𝙀
Longtemps en suspens, le projet d’assainissement ECOSAME, destiné à doter le département de la Menoua d’une infrastructure moderne de traitement des boues de vidange, connaît un regain d’activité. Une réunion de crise, tenue le 10 avril 2026, marque un tournant décisif dans la levée des obstacles.
Dschang tente de sortir d’une impasse qui aura duré plusieurs mois. Le vendredi 10 avril 2026, une réunion qualifiée de « décisive » s’est tenue au siège du Syndicat des Communes de la Menoua (SYCOME), à l’initiative des partenaires techniques et financiers du projet ECOSAME, parmi lesquels l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), la Ville de Nantes et Nantes Métropole.
À l’ordre du jour : débloquer un projet stratégique pour l’assainissement urbain, jusqu’ici entravé par des difficultés d’ordre foncier et des incompréhensions avec les communautés locales.
𝙐𝙣 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩 𝙨𝙩𝙧𝙪𝙘𝙩𝙪𝙧𝙖𝙣𝙩 𝙖̀ 𝙡’𝙖𝙧𝙧𝙚̂𝙩
Le projet ECOSAME (Économie Circulaire et Salubrité de la Menoua) prévoit la construction, dans le village Siteu, d’une Station de Traitement des Boues de Vidange (STBV). Cette infrastructure, présentée comme l’une des plus importantes du genre en milieu urbain au Cameroun, doit répondre aux défis croissants de gestion des déchets liquides dans la région.
Mais depuis plusieurs mois, sa mise en œuvre piétinait. En cause : l’absence de consensus autour de la sécurisation du site destiné à accueillir l’équipement.
Face à cette situation, les partenaires internationaux ont tiré la sonnette d’alarme, redoutant un enlisement durable du projet.
𝙐𝙣𝙚 𝙧𝙚́𝙪𝙣𝙞𝙤𝙣 𝙨𝙤𝙪𝙨 𝙝𝙖𝙪𝙩𝙚 𝙩𝙚𝙣𝙨𝙞𝙤𝙣
La rencontre du 10 avril a réuni une pluralité d’acteurs : responsables municipaux, autorités traditionnelles et experts techniques. Elle était co-présidée par Paul Dongue, président du SYCOME et maire de Fongo-Tongo, et le professeur Émile Temgoua, maire par intérim de Dschang.
La présence de Sa Majesté Fossiteu Temgoua Emmanuel, chef du village Siteu, était particulièrement attendue. Au cœur des tensions, les préoccupations de la chefferie et des populations locales avaient jusque-là constitué un point de blocage majeur.
Selon plusieurs participants, les échanges ont été « francs » et parfois « directs », à la mesure des enjeux.
𝙇𝙚 𝙧𝙤̂𝙡𝙚 𝙘𝙡𝙚́ 𝙙𝙚 𝙡’𝙖𝙪𝙩𝙤𝙧𝙞𝙩𝙚́ 𝙩𝙧𝙖𝙙𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙚𝙡𝙡𝙚
Moment charnière de la réunion : l’intervention du chef de village. Sans lever toutes les réserves, Sa Majesté Fossiteu Temgoua Emmanuel a exprimé sa disposition à accompagner la poursuite du projet, sous réserve d’éclaircissements sur certains aspects. Une prise de position interprétée comme une avancée significative.
« C’est un signal important. Sans l’adhésion des autorités traditionnelles, ce type de projet ne peut prospérer », confie un cadre technique présent à la réunion.
𝙑𝙚𝙧𝙨 𝙪𝙣𝙚 𝙨𝙤𝙧𝙩𝙞𝙚 𝙙𝙚 𝙘𝙧𝙞𝙨𝙚
À l’issue des discussions, plusieurs décisions ont été actées. Les parties prenantes se sont accordées sur la nécessité de sécuriser le site de construction, condition préalable au démarrage des travaux. Un comité mixte a également été mis en place, chargé d’élaborer un protocole d’accord formalisant les engagements des différentes parties. Pour les autorités locales, l’enjeu est désormais d’accélérer. « Ce projet a trop duré. Il est temps d’aboutir », aurait insisté le maire par intérim de Dschang, selon des sources proches du dossier.
𝙐𝙣 𝙚𝙣𝙟𝙚𝙪 𝙨𝙖𝙣𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚 𝙚𝙩 𝙚𝙣𝙫𝙞𝙧𝙤𝙣𝙣𝙚𝙢𝙚𝙣𝙩𝙖𝙡 𝙢𝙖𝙟𝙚𝙪𝙧
Au-delà des considérations institutionnelles, le projet ECOSAME répond à un besoin urgent : améliorer durablement les conditions d’assainissement dans la Menoua.
La future station de traitement doit permettre une gestion plus efficace des boues de vidange, limiter les risques sanitaires et promouvoir des solutions d’économie circulaire.
Dans une région confrontée à une urbanisation croissante, les enjeux sont considérables.
𝙐𝙣 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩 𝙧𝙚𝙡𝙖𝙣𝙘𝙚́, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙚𝙣𝙘𝙤𝙧𝙚 𝙛𝙧𝙖𝙜𝙞𝙡𝙚
Si la réunion du 10 avril marque un tournant, plusieurs observateurs appellent à la prudence. La concrétisation des engagements pris dépendra de la capacité des acteurs à maintenir le dialogue et à traduire rapidement les décisions en actions.
Après une longue période de léthargie, le projet ECOSAME semble toutefois avoir retrouvé un second souffle.
Reste à savoir si cette dynamique se confirmera dans les semaines à venir.