23/08/2026
📖📖📖 « La vacancière de Bonanjo », extrait numéro 2 :
« Ayant reçu de son roi, l’ordre de veiller sur cette blanche qui œuvra pour Loumonzila, Ngamako se rendait chez Fleur au moins une fois par semaine, afin de s’enquérir de sa situation, si tout allait pour le mieux pour elle. À un moment donné, visiter Fleur une fois par semaine paraissait insuffisant ; il fit en sorte que ce fût deux fois par semaine, puis Fleur fixa le nombre à trois. Un moment donné, les deux personnes devinrent proches, si proches que Ngamako avait à sa portée, le double des clés de l’appartement de Fleur, et Fleur, la carte d’accès au bureau de Ngamako, à Bonanjo. Ils passaient ensemble, beaucoup de temps ; dans le bureau de l’homme, puis au lieu de service de la femme. Le préfet du Wouri, pourtant marié et père d’un enfant, se retrouvait à dispenser des cours de français dans les banlieues de Douala, aux côtés d’une blanche, Fleur.
Puis un jour, après une journée complètement délirante, Ngamako raccompagna Fleur et gara son véhicule juste devant le portail de cette dernière. Alors qu’il voulait rebrousser chemin, Fleur l’invita à prendre un verre avec elle, dans le salon. L’homme ne refusa point, c’était juste un verre, rien d’autre. La blanche se prit un bain, laissant Ngamako au salon, devant la
télévision. Après son bain, les cheveux bouclés et fragilisés par quelques gouttes d’eau qui tarissaient à mesure qu’une serviette blanche leur passait par la tronche, Fleur sortit de son frigo, un de ces vins français de dix ans d’âge. Se connaissant en matière de vin, Ngamako apprécia énormément ce bijou. D’un verre, ils
se retrouvèrent à partager deux verres, puis trois. Un certain moment, la blanche se jeta sur Ngamako, le n***e, et Ngamako, en homme vertueux, ne put la jeter au sol, il fallait la soutenir. Ce soutien conduisit les mains du préfet à la gorge ou au soutien, puis à la ligne prohibée dans le sens nébuleux, à la Adam et Ève.
Les jours d’après, les deux personnes se rencontrèrent de nouveau, après cet acte qu’ils n’auraient pas dû commettre. Pourtant conscients de cela, à leur grande surprise, personne ne regretta l’acte, ni eut l’amabilité de présenter des excuses. Toujours dans le salon de la blanche, les regards se croisèrent, puis les sourires et les lèvres défaits de vocables ; des expressions corporelles à la Mia Khalifa de la blanche, une humeur à la Oncle Charlie du noir, et une seconde partie de jambes ou de mains en l’air entre blanche et noir sous un vent suave de Douala.
Des rencontres et des actes de cette nature se multiplièrent de jour en jour, à Bonamoussadi. Fleur effaça sans remords, François de sa vie pour y mettre un homme marié, elle était consciente de cela. Les mois d’après, cette relation déplacée plaça dans les entrailles de Fleur, un fœtus. Fleur tomba enceinte du préfet qui, après quatre ans, deviendra gouverneur de la région du Littoral.
Quand Fleur franchit les quatre mois de grossesse, Ngamako décida d’annoncer la nouvelle peu confortable à sa femme. La femme péta un câble. Malgré tout, Ngamako en homme avec « H », décida de ramener la future mère de son enfant dans leur appartement, à Bonanjo. Le jour où Fleur
traversa le seuil du portail, Grâce, la première femme de Ngamako s’en alla directement. Ngamako ne la retint pas, puisqu’elle était sous le choc. La dame s’en alla avec sa petite fille
qui n’avait pas plus de trois ans. »
« La vacancière de Bonanjo », P174-175, Editions Luminosa, Passinri Payang Parfait
Livre disponible au prix public de 5000 Francs CFA
YouScribe : https://www.youscribe.com/catalogue/ebooks/litterature/romans-et-nouvelles/la-vacanciere-de-bonanjo-4044750