08/06/2026
I Cameroun : La centrale de Nachtigal injecte 3,6 TWh en un an, mais le défi du transport de l'électricité persiste
Un an après sa mise en service globale, la centrale hydroélectrique de Nachtigal confirme sa montée en puissance, s'imposant comme le principal levier de la production énergétique du Cameroun. Entre mai 2025 et mai 2026, l'infrastructure a injecté près de 3,6 térawattheures (TWh) d'électricité dans le réseau interconnecté national.
Développé par la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), cet ouvrage doté d'une capacité installée de 420 mégawatts (MW) est conçu pour couvrir à lui seul environ 30 % des besoins en électricité du pays. Cette injection massive représente une avancée historique pour l'autonomie énergétique camerounaise.
Pourtant, sur le terrain, le quotidien des ménages et des opérateurs économiques reste marqué par des interruptions de service récurrentes. L'augmentation substantielle de la production globale n'a pas mis fin aux délestages qui pénalisent plusieurs localités du pays.
Selon les explications fournies par la direction de la NHPC, le paradoxe entre une production abondante et la persistance des coupures s'explique par des facteurs extérieurs à la centrale elle-même. Les infrastructures nationales de transport (lignes haute tension) et de distribution (réseaux de moyenne et basse tension) souffrent d'insuffisances structurelles. Le réseau actuel s'avère techniquement limité pour acheminer de manière fluide et stable l'intégralité de l'énergie disponible depuis le site de production jusqu'aux centres de consommation fine.
Cette situation met en lumière les limites d'une stratégie énergétique qui a longtemps privilégié les grands projets de production au détriment de la mise à niveau des réseaux d'évacuation. Les contraintes de gestion technique du réseau, souvent saturé ou sujet à des avaries matérielles, agissent comme un goulot d'étranglement.
Pour les observateurs du secteur, l'apport de la centrale de Nachtigal démontre que le défi camerounais n'est plus seulement quantitatif, mais logistique. Pour que l'impact de ces 3,6 TWh se traduise concrètement dans les foyers et soutienne efficacement le tissu industriel, les investissements publics et privés devront désormais se concentrer sur la modernisation rapide et intégrée de l'ensemble de la chaîne électrique nationale.
Source : INVESTIR AU CAMEROUN