15/09/2026
🔴🔴 AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : 48 HEURES D’AUDIENCE, DES QUESTIONS QUI RÉSONNENT… ET DES RÉPONSES QUI INTERPELLENT
LA TRIBUNE DE L’INFO
Peuple camerounais, il faut parfois renverser la table de la désinformation pour regarder les faits en face.
Les audiences criminelles spéciales de l’affaire Martinez Zogo devant le Tribunal militaire de Yaoundé se sont poursuivies les 14 et 15 septembre 2026, avec la cross-examination des accusés et la réexamination du 34ᵉ témoin, le colonel Otoulou Jean-Pierre.
Et pendant plusieurs heures, les questions des accusés ont confronté l’enquêteur à une succession de déclarations, de rapports d’expertise, de conversations téléphoniques et d’éléments issus de l’enquête.
🔴 BRUNO BIDJANG : « LE MOMENT VENU, ON SERA SANS PITIÉ »
L’un des moments particulièrement remarqués de l’audience concerne l’échange autour d’un message attribué à Bruno Bidjang.
Le 34ᵉ témoin affirme que l’expression « le moment venu, on sera sans pitié », retrouvée dans les éléments d’expertise, constitue pour les enquêteurs un indice concordant lorsqu’elle est rapprochée de la chronologie des événements.
Bruno Bidjang a vivement interrogé le témoin sur l’origine et l’authenticité de ces éléments, allant jusqu’à demander que le rapport d’expertise soit produit et lu à l’audience.
Le rapport a alors été consulté.
La discussion s’est également étendue aux échanges avec Paul Daisy Biya, à la connaissance de certains enquêteurs et à la manière dont les informations relatives à l’enquête auraient circulé.
Mais une question demeure au cœur des débats :
Un échange ambigu constitue-t-il à lui seul une preuve, ou doit-il être apprécié avec l’ensemble des autres éléments du dossier ?
Le témoin a été clair sur ce point : selon lui, la proximité ou la confiance ne constituent pas en elles-mêmes un mode de preuve, mais peuvent, dans certaines circonstances, contribuer à former un faisceau d’indices.
🔴 DANWÉ : ORDRES, HIÉRARCHIE ET « MISSION SPÉCIALE »
Face au colonel Danwé, les questions ont pris une autre dimension.
La surveillance des locaux, la disparition alléguée d’un serveur, les méthodes spéciales de renseignement, les relations hiérarchiques, les réunions préparatoires et la présence supposée de différents agents ont été évoquées.
Une série de réponses revient régulièrement :
« Je laisse au Tribunal d’apprécier. »
Une formule qui, dans une affaire aussi sensible, ne peut que retenir l’attention.
Le témoin a notamment confirmé que certains éléments avaient déclaré avoir agi dans un cadre hiérarchique, tout en distinguant les responsabilités individuelles et la chaîne de commandement.
🔴 QUI A DONNÉ L’ORDRE ?
C’est probablement l’une des questions centrales de cette affaire.
Les auditions rapportées à l’audience évoquent les rôles du colonel Danwé, de la DGRE, d’Eko Eko et d'autres protagonistes.
Mais les réponses entendues devant le Tribunal montrent surtout une chose :
la question de la responsabilité exacte de chacun demeure au cœur de la bataille judiciaire.
L'accusation s'appuie sur des déclarations, des rapports, des échanges et des indices.
La défense, elle, cherche à mettre en évidence les contradictions, les insuffisances de l'enquête et l'absence alléguée de certains éléments matériels.
🔴 LE COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT ENTRE DANS LA DANSE
Au terme de cette longue séquence d’interrogatoires, le Ministère public a notamment cherché à faire préciser au 34ᵉ témoin l’origine des éléments ayant conduit les enquêteurs vers Jean-Pierre Amougou Belinga.
Le témoin a cité notamment :
➡️ une déclaration d’Eko Eko ;
➡️ l’audition du colonel Danwé ;
➡️ des échanges attribués à Bruno Bidjang ;
➡️ ainsi que différents éléments recueillis au cours de l’enquête.
Le rôle du colonel Bialo dans l’enquête préliminaire a également été évoqué.
🔴 UNE AFFAIRE OÙ CHAQUE MOT COMPTE
Au fil des heures, l’audience révèle une réalité judiciaire complexe.
Des témoins se souviennent de certains éléments, mais pas de tous.
Des questions restent sans réponse.
Certains faits sont présentés comme des indices.
D’autres sont contestés par les accusés.
Et certaines affirmations doivent encore être confrontées aux autres pièces du dossier.
C’est précisément le rôle du Tribunal : démêler les déclarations, confronter les versions, apprécier les preuves et déterminer les responsabilités.
Dans l’affaire Martinez Zogo, l’émotion ne doit donc pas remplacer le droit.
Mais le droit ne doit pas non plus être utilisé pour empêcher le peuple camerounais de comprendre ce qui se dit réellement dans cette salle d’audience.
🔴 LA VÉRITÉ, RIEN QUE LA VÉRITÉ !
Après les journées des 14 et 15 septembre, une certitude demeure :
l’affaire Martinez Zogo est loin d’avoir livré tous ses secrets.
Les interrogatoires se poursuivent.
Les versions s’affrontent.
Les responsabilités sont discutées.
Et la justice devra, au terme du processus, dire ce qui relève de la preuve, de l’indice, de la contradiction ou de la simple interprétation.
La Tribune De L’Info continuera de suivre cette affaire au plus près, avec une exigence : informer, documenter et laisser les faits parler.
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📰 LA TRIBUNE DE L’INFO
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⚠️ NB : Les éléments rapportés dans cet article correspondent aux déclarations et échanges rapportés comme ayant été tenus à l’audience. Ils ne préjugent pas de la culpabilité ou de l’innocence des personnes poursuivies, lesquelles relèvent de l’appréciation souveraine du Tribunal.