19/07/2026
Éditorial |
Par Markenley Cherilus
Les dirigeants haïtiens gouvernent-ils selon une idéologie ou selon leurs intérêts ?
Depuis plus de trente ans, les dirigeants haïtiens se réclament de différentes sensibilités politiques. Pourtant, leurs choix de gouvernance donnent souvent l'impression que les idéologies comptent moins que la conquête, l'exercice et la conservation du pouvoir.
Dans les démocraties modernes, la gauche met généralement l'accent sur la justice sociale, le rôle de l'État et la réduction des inégalités. La droite, quant à elle, privilégie davantage les libertés économiques, l'ordre, la responsabilité individuelle et, selon les courants, un rôle plus limité de l'État dans l'économie.
En Haïti, toutefois, il est souvent difficile d'identifier une véritable ligne idéologique dans l'action des gouvernements successifs. Au regard des résultats observés au cours des dernières décennies, plusieurs constats s'imposent : une alternance de gouvernements sans réformes structurelles majeures, des institutions durablement fragilisées, des programmes rarement appliqués jusqu'à leur terme et des alliances politiques qui changent fréquemment au gré des circonstances.
Ces réalités alimentent le sentiment que les considérations liées au pouvoir prennent souvent le pas sur les convictions idéologiques. Bien entendu, cette appréciation ne saurait s'appliquer de manière identique à tous les dirigeants ni à toutes les formations politiques. Néanmoins, elle soulève une interrogation légitime sur la cohérence entre les discours et les politiques publiques mises en œuvre.
La véritable question n'est peut-être donc plus de savoir si un dirigeant est de gauche ou de droite, mais s'il est capable de gouverner avec une vision claire, de renforcer les institutions, de respecter l'État de droit et d'améliorer durablement les conditions de vie de la population.
Au-delà des étiquettes politiques, les Haïtiens attendent avant tout des résultats. Car une idéologie n'a de valeur que lorsqu'elle se traduit par des politiques publiques efficaces, des institutions solides et une amélioration concrète du quotidien des citoyens.