27/07/2026
La télévision algérienne n'a jamais été qu'un simple média. Elle était un rendez-vous. Une fenêtre ouverte sur notre pays. Un membre de la famille.
Derrière cette aventure humaine se tenaient des femmes et des hommes d'exception. Des bâtisseurs comme Laghouati, Mustapha Badie, Tizraoui ou Lamine Merbah. Des créateurs comme Mahieddine Bentir, qui imagina le premier logo de la RTA. Des passionnés comme Ahmed Bedjaoui, devenu pour tous «Monsieur Cinéma».
Des visages et des voix familières entraient chaque soir dans nos foyers : Madame Lila, Yamina Belouizdad, Fatiha, Naïma Madjer, Chaker, Hayat... Elles ne lisaient pas seulement un texte ; elles accompagnaient notre quotidien. Venaient, ensuite, les artistes qui donnaient une âme à l'écran : Nouria, Kasdarli, Yahia Ben Mabrouk, l'inoubliable Inspecteur Tahar, Tayeb Abou El Hassan, Keltoum, Rouiched, Cheikh Noureddine, les frères Hilmi... Sans oublier Skandrani, dont le piano savait raconter ce que les mots ne pouvaient exprimer. Derrière eux, il y avait tous les autres. Les scripts, les cadreurs, les décorateurs, les monteurs, les ingénieurs du son, les maquilleuses, les costumiers, les électriciens... Ces artisans de l'ombre qui ont bâti, image après image, la mémoire d'un peuple. Beaucoup nous ont quitté. D'autres vivent dans un silence qui ressemble à de l'oubli. Pourtant, ils continuent de vivre chaque fois qu'un ancien générique résonne, qu'une scène nous revient en mémoire ou qu'un vieux téléfilm rassemble encore trois générations devant un écran. L'Algérie leur doit plus qu'un souvenir. Elle leur doit de la reconnaissance. Ils n'ont pas seulement fait de la télévision. Ils ont accompagné la naissance d'une nation, raconté son histoire, consolé ses peines, partagé ses joies et laissé à plusieurs générations un patrimoine que le temps n'effacera jamais.
À vous toutes et à vous tous, pionniers de la Radio-Télévision Algérienne et de l'ENTV, merci. Vous avez allumé nos écrans... mais surtout, vous avez éclairé nos mémoires.
Si j'ai oublié des noms, qu'ils me pardonnent. L'oubli est celui de ma mémoire, jamais celui de mon admiration.