02/04/2026
Entretien de L'ivrEscQ avec Abderrahmane Kahlane et Chakib Cheraitia : La Mémoire et la Structure en Héritage✍️
À l’occasion de ses 32 ans de création, le plasticien Abderrahmane Kahlane nous ouvre les portes de son univers. Son art égaie Riad El Feth, mêlant les souvenirs de la Casbah à une poésie omniprésente où les objets du quotidien retrouvent une valeur insoupçonnée. Rencontre avec l’artiste, accompagné de Chakib Cheraitia — architecte, designer et plasticien — qui sort de sa réserve pour renouer avec les cimaises après une parenthèse consacrée à l’architecture. Cet entretien croisé témoigne d’une complicité artistique de longue date et un désir commun d’insuffler à l’art tout son éclat.
▪️L’ivrEscQ : Dans votre galerie, l’art s’exprime dans toute sa splendeur. Entre formes et couleurs, c’est une véritable exaltation chromatique. On dit souvent que les plasticiens racontent des histoires et que les prosateurs osent des tableaux. Que nous confie Abderrahmane Kahlane, à l’aube de ses 32 ans de carrière, à travers ses œuvres et ses esquisses ?
▪️Abderrahmane Kahlane : En effet, je raconte des anecdotes ou même des souvenirs de la Casbah plus particulièrement. Il arrive que mes lectures, qu’il s’agisse de poèmes ou de romans, se métamorphosent aussi sous mon pinceau. Je reste persuadé que les arts et les lettres s’interpénètrent, s’accordant harmonieusement à l’air du temps comme à la nostalgie des souvenirs.
▪️L’ivrEscQ : Après avoir été une figure familière des galeries, vous avez choisi une forme de retrait, presque un exil artistique. Qu’est-ce qui vous a éloigné de la scène algérienne ?
▪️Chakib Cheraitia : Ce retrait a été un mélange de nécessité et de choix de vie. J’ai en quelque sorte « disparu » du paysage artistique pour me consacrer pleinement à l’architecture. Mon parcours m’a mené loin de l’Algérie, notamment au Canada, où j’ai continué à peindre sur commande, mais sans exposer. Ma dernière grande rencontre avec le public algérien remonte à de nombreuses années, sous l’égide de Mme Zahia Guelimi, que je salue respectueusement. Ailleurs, la peinture est restée une activité de l’ombre, pratiquée en cercles restreints. Entre les exigences de l’architecture et l’appel des pinceaux, j’ai fini par manquer de temps pour concilier ces deux passions. L’architecture a, pour un temps, pris le dessus.
▪️L’ivrEscQ : Pendant le Ramadan, vous avez été particulièrement prolixe. Votre galerie ressemble à une caverne d’Ali Baba : on y découvre des abat-jours, des assiettes, des cuillères… autant d’objets du quotidien revisités. Le Ramadan vous a-t-il été une source d’inspiration ?
▪️Abderrahmane Kahlane : Le Ramadan est très important pour moi. Il apporte une dimension spirituelle. Mais pour revenir à votre question sur les objets du quotidien, oui, j’ai revisité tout le long de mon parcours, par exemple, la planche à laver (louhat leghssil) de nos mères et grands-mères, ou encore al- gasâa ou al-djefna pour nos mets notamment le couscous. Et je peux vous dire que la jeune génération s’intéresse énormément à ces objets revisités.
Pour lire l’entretien complet👇
https://www.livrescq.com/livrescq/abderrahmane-kahlane-et-chakib-cheraitia-la-memoire-et-la-structure-en-heritage/
Manou Kahlane
À l’occasion de ses 32 ans de création, le plasticien Abderrahmane Kahlane nous ouvre les portes de son univers. Son art égaie Riad El Feth, mêlant les souvenirs de la Casbah à une poésie omnipré…