29/12/2025
La production oléicole de l’année en cours : une saison au-delà des prévisions
L’année 2025 a été marquée par une production oléicole exceptionnelle, dépassant largement les estimations établies par les experts du secteur. Cette performance remarquable intervient notamment après l’année d’alternance 2024, qui avait connu une baisse généralisée de la production dans l’ensemble des régions du pays.
Plusieurs facteurs ont contribué à cette surproduction, au premier rang desquels figure le facteur climatique. L’hiver précédent a enregistré des températures minimales particulièrement favorables à l’induction florale, au détriment de la croissance végétative. En effet, plus les températures hivernales nocturnes sont basses — autour de 7 °C — plus le processus de différenciation florale est stimulé, réduisant ainsi le développement excessif des pousses végétatives.
Durant un hiver froid, l’olivier tend à réduire sa consommation énergétique, avec une baisse notable de l’évapotranspiration. Cette économie physiologique permet à la plante de consommer moins d’hydrocarbures et de constituer des réserves nutritives essentielles en prévision de la saison suivante. Ces réserves joueront un rôle déterminant dès le mois de mars, période où débute le processus de floraison.
Toutefois, cet avantage climatique ne peut être pleinement valorisé qu’à travers l’adoption de bonnes pratiques agricoles. Une irrigation rationnelle et bien programmée, un apport équilibré en fertilisants répondant aux besoins physiologiques de la plante à des moments précis, ainsi qu’un suivi phytosanitaire rigoureux, constituent des leviers essentiels pour consolider la production.
À cet égard, le traitement hivernal contre les ravageurs — notamment le psylle et la teigne — ainsi que l’utilisation de fongicides ciblant les principales maladies cryptogamiques, en particulier l’Œil de Paon (Cycloconium oleaginum), demeurent indispensables pour préserver le potentiel productif des vergers oléicoles.
Ainsi, la campagne oléicole 2025 illustre parfaitement la synergie entre conditions climatiques favorables et gestion agricole raisonnée, confirmant que la durabilité et la performance du secteur reposent sur l’alliance entre science agronomique et pratiques de terrain maîtrisées.
Par Radouane El Hadif
22 décembre 2025
https://3alamaltanmya.com/?p=66668