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Balzac appelle cela un « axiome ». Le mot annonce déjà que la démonstration sera parfaitement sérieuse — ou presque.« Po...
18/09/2026

Balzac appelle cela un « axiome ». Le mot annonce déjà que la démonstration sera parfaitement sérieuse — ou presque.

« Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai. »

— Honoré de Balzac, Monographie de la presse parisienne, Éditions Perret, 2026, p. 148.

La formule apparaît dans la « Conclusion » de la Monographie de la presse parisienne. Balzac vient de classer les journalistes en genres, sous-genres, espèces et variétés, comme un naturaliste qui aurait troqué ses insectes contre des rédacteurs.

La pointe ne dit pas que toute information est fausse. Elle vise une opération plus subtile : faire passer une possibilité pour un fait parce qu’elle paraît cohérente, qu’elle répond aux attentes ou qu’elle promet une bonne histoire. Deux siècles plus t**d, le mécanisme n’a pas perdu toute sa fraîcheur.

C’est aussi ce que permet la littérature panoramique : rire d’un type social, puis découvrir derrière lui une manière collective de fabriquer de l’opinion.

Quelle affirmation « probable » vous a récemment obligé à aller vérifier ?

Faire le portrait d’une société entière est une ambition assez peu modeste. La littérature panoramique ajoute à cette am...
15/09/2026

Faire le portrait d’une société entière est une ambition assez peu modeste. La littérature panoramique ajoute à cette ambition une méthode très concrète : observer un type social, le décrire par le texte, puis laisser l’image examiner son maintien, son costume et ses petites prétentions.

Au XIXᵉ siècle, les tableaux collectifs et les physiologies réunissent écrivains et illustrateurs. Ils procèdent par fragments : un épicier, un notaire, un rentier ou un journaliste suffisent à faire apparaître un quartier, un milieu professionnel, une hiérarchie et une manière de se raconter.

Les deux premiers titres de la collection montrent deux usages de ce dispositif. Dans Les Français peints par eux-mêmes, Balzac rassemble cinq portraits écrits pour l’entreprise de Léon Curmer entre 1839 et 1841. Dans Monographie de la presse parisienne, parue en 1843, il transforme le monde des journaux en classification zoologique. Les gravures ne viennent pas adoucir la satire : elles lui donnent un corps, un décor et parfois une contradiction.

Nous ne vivons plus dans la société de Balzac. Pourtant, métiers, réputation, influence et mise en scène de soi continuent d’organiser une part de la comédie sociale. Le costume a changé ; l’envie de paraître n’a pas demandé sa retraite.

Consultez les deux titres disponibles sur la page de la collection :
https://editions-perret.com/categorie-produit/litterature-panoramique/

13/09/2026
« Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité. »— Honoré de Balzac, La Muse du département, É...
11/09/2026

« Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité. »
— Honoré de Balzac, La Muse du département, Éditions Perret, 2026, p. 28.

L’image est excessive, donc très juste. Quand une société s’habitue à une manière de voir, ce qui s’en écarte peut lui sembler monstrueux — même lorsqu’il s’agit simplement de retrouver une forme plus libre.

C’est l’une des secousses du romantisme : contester les règles devenues réflexes, remettre du mouvement dans les genres, dans les sujets et dans les manières de raconter. Balzac et Dumas comptent parmi ceux qui ont rendu cette secousse durable.

Le dimanche 13 septembre, ARTE propose les quatre épisodes de L’Armée des romantiques. L’occasion de revoir comment une génération a changé le visage de la littérature et des arts.

Découvrez la série sur ARTE.

Pour la rentrée, on vous a préparé quelques surprises.Le site des Éditions Perret s’est transformé. On peut désormais y ...
08/09/2026

Pour la rentrée, on vous a préparé quelques surprises.

Le site des Éditions Perret s’est transformé. On peut désormais y entrer de plusieurs façons : chercher un titre précis, suivre un auteur, parcourir une collection ou se laisser guider par un thème.

Chaque collection présente plus clairement son projet. Les Petits et Grands Classiques accompagnent la lecture ; les Contes font circuler le merveilleux, l’ironie et la satire ; la Littérature panoramique observe une société par ses types, ses métiers et ses images. D’autres univers attendent encore leur visite.

Le catalogue accueille aussi de nouveaux titres. Parmi les plus récents : Les Français peints par eux-mêmes et Monographie de la presse parisienne, deux ouvrages où Balzac transforme l’observation sociale en littérature — avec assez d’ironie pour que le XIXᵉ siècle ne nous paraisse pas si lointain.

Enfin, les premières fiches pédagogiques sont disponibles à partir des Petits et Grands Classiques. Elles proposent des repères pour comprendre les textes et les transmettre, en classe ou ailleurs.

Le chantier continue : le site s’enrichira de nouvelles ressources et d’autres surprises que nous prendrons le temps de présenter.

Explorez l’ensemble du catalogue sur le site des Éditions Perret : https://editions-perret.com

« Une femme mariée a plusieurs amours-propres. »— Honoré de Balzac, Petites Misères de la vie conjugale, Éditions Perret...
04/09/2026

« Une femme mariée a plusieurs amours-propres. »

— Honoré de Balzac, Petites Misères de la vie conjugale, Éditions Perret, p. 35.

Avant d’adresser une critique à Caroline, le mari balzacien prend son élan. Il la flatte, la rassure, prépare son argument et cherche la formule qui ne déclenchera pas une autre discussion avant même que la première ait commencé.

Balzac résume cette diplomatie conjugale par un axiome irrésistible : une femme mariée n’aurait pas un amour-propre, mais plusieurs. La pointe vise Caroline ; l’ironie, elle, atteint beaucoup plus largement notre manière de recevoir une remarque lorsqu’elle vient de la personne dont l’opinion compte le plus.

Dans le couple, il arrive que chacun défende simultanément ce qu’il est, ce qu’il croit être et ce qu’il voudrait que l’autre reconnaisse. La conversation commence à deux ; les amours-propres, eux, arrivent en nombre.

Quelle précaution oratoire vous semble la plus suspecte avant une conversation importante ?

Balzac au théâtre : les petites misères ont beaucoup d’énergieComment faire tenir sur une scène un livre composé de scèn...
01/09/2026

Balzac au théâtre : les petites misères ont beaucoup d’énergie

Comment faire tenir sur une scène un livre composé de scènes, d’axiomes, de querelles minuscules et de vérités conjugales parfois très encombrantes ?

L’adaptation de Pierre-Olivier Mornas répond avec intelligence : en prenant Balzac au sérieux, mais jamais pesamment. Le spectacle est drôle, enlevé et énergique. Il conserve la vivacité des observations du livre et leur donne un rythme théâtral qui rend chaque susceptibilité, chaque silence et chaque malentendu immédiatement reconnaissables.

Alice d’Arceaux et Pierre-Olivier Mornas portent cette mécanique avec une remarquable précision. Leur jeu fait surgir ce que le texte a de moderne et d’universel : les usages ont changé depuis Balzac, mais l’art de mal comprendre une phrase parfaitement claire demeure étonnamment bien partagé.

Nous avons vu cette adaptation et la recommandons chaleureusement : elle est inventive, surprenante et excellente jusque dans sa manière de faire rire sans simplifier Balzac.

Le spectacle est joué les mardis, mercredis et jeudis à 21 h, pour une durée de 1 h 15. Les trois premières représentations sont proposées au tarif exceptionnel de 20 €.

Notre édition des Petites Misères de la vie conjugale est disponible au foyer du théâtre, sous réserve des stocks sur place.

Réservez votre place auprès du Théâtre de Poche-Montparnasse : https://www.theatredepoche-montparnasse.com/spectacle/petites-miseres-de-la-vie-conjugale-2/

« À mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société m...
28/08/2026

« À mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. »
— Honoré de Balzac, Les Français peints par eux-mêmes, Éditions Perret, p. 10.

Balzac aurait pu prendre pour emblème de la société moderne un ministre, un banquier ou un industriel. Il choisit l’épicier. Rien de très majestueux en apparence — mais le romancier sait que les grandes transformations se cachent souvent derrière les comptoirs.

L’épicier concentre les besoins d’un quartier, accompagne l’évolution des habitudes et voit passer toutes les classes sociales. Son « omnipotence » dit l’importance nouvelle du commerce dans la vie quotidienne.

À partir d’une figure familière, Balzac reconstitue ainsi toute une organisation sociale. C’est aussi le principe de la littérature panoramique : observer un type, un métier ou un détail concret, puis élargir le cadre jusqu’à faire apparaître une époque entière.

Et aujourd’hui, quel personnage ordinaire pourrait incarner à lui seul notre société ?

À l’heure du bilan de fin d’été, une conviction demeure : la littérature circule pleinement lorsque la recherche, l’édit...
26/08/2026

À l’heure du bilan de fin d’été, une conviction demeure : la littérature circule pleinement lorsque la recherche, l’édition et les lecteurs restent reliés.

La recherche apprend à regarder les textes dans leur histoire, leurs variantes et leurs étrangetés. L’édition transforme cette connaissance en décisions concrètes : ce qu’il faut éclairer, ce qu’il faut montrer et ce qu’il faut laisser au lecteur. La transmission commence lorsque le livre quitte l’atelier, se prête, s’annote et rencontre de nouveaux usages.

Ce bilan ouvre également sur la rentrée des Éditions Perret. La collection « Littérature panoramique » prolongera cette attention portée aux œuvres qui observent une époque et donnent à voir la société comme un vaste théâtre — sans rompre avec le même principe : rendre les textes du passé présents, sans les immobiliser.

Quelle place attendez-vous d’un éditeur lorsqu’il remet un classique en circulation ?

Balzac recommande de lire ses Contes drolatiques la nuit. Faut-il s’en méfier ou suivre son conseil ?« Lisez cecy plusto...
21/08/2026

Balzac recommande de lire ses Contes drolatiques la nuit. Faut-il s’en méfier ou suivre son conseil ?

« Lisez cecy plustost à la nuyct que pendant le jour. »

Cette invitation malicieuse se trouve dans le prologue du Premier Dixain. Balzac y prépare son lecteur à une œuvre qui refuse la gravité : une langue faussement ancienne, des mots inventés ou transformés, un rire nourri de Rabelais et des histoires qui ne brillent pas toujours par leur sagesse.

Les illustrations de Gustave Doré prolongent ce jeu avec un imaginaire tour à tour truculent, grotesque et inquiétant. Un livre à lire la nuit, donc — mais peut-être pas nécessairement avant de dormir.

— Honoré de Balzac, Contes drolatiques. Premier dixain, « Prologue », p. 15.

Découvrir la collection « Contes » : https://editions-perret.com/catalogue/contes/

Adresse

11Ème Arrondissement Paris
75011

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