07/01/2026
L’Afrique refuse d’être absente de l’intelligence artificielle.
Alors que le continent compte plus de 2 000 langues, aucune langue africaine ne figure aujourd’hui parmi les langues dominantes d’Internet et de l’intelligence artificielle. Cette absence crée une exclusion silencieuse : des technologies qui ne comprennent pas les réalités africaines, qui reproduisent des biais et qui marginalisent plus d’un milliard de locuteurs.
C’est pour corriger ce déséquilibre historique que le Masakhane African Languages Hub a annoncé un important financement visant à intégrer 50 langues africaines dans les technologies d’IA. Depuis le Kenya, le Hub lance un appel à projets panafricain à destination des chercheurs, linguistes, start-ups, organisations communautaires et acteurs technologiques africains.
L’objectif est clair : construire des jeux de données fiables, éthiques et culturellement pertinents afin de développer une intelligence artificielle pensée par et pour les Africains. À terme, le projet ambitionne de donner à un milliard d’Africains, d’ici 2029, un accès réel à des outils numériques adaptés à leurs langues et à leurs contextes.
Cette initiative est soutenue par des partenaires internationaux majeurs, dont Google.org, le FCDO, le CRDI et la Fondation Gates, signe que la question des langues africaines devient centrale dans les enjeux mondiaux de l’IA.
Trois axes structurent cet appel à projets. Le premier concerne la reconnaissance automatique de la parole pour 18 langues africaines, avec une attention particulière portée à l’équilibre entre les genres et à l’authenticité des usages. Le deuxième vise à tester les performances de l’IA dans des contextes africains réels, au plus près des usages quotidiens. Le troisième porte sur la création de bases de données multimodales – images, textes et voix – pour 40 langues africaines, afin de soutenir les futurs outils de traduction et d’éducation.
Au-delà de la technologie, il s’agit d’un projet de transmission, de dignité et de souveraineté culturelle. Comme le souligne la direction de Masakhane, cette démarche s’inscrit dans l’esprit Ubuntu : valoriser les communautés, préserver la sagesse des anciens et inclure les populations historiquement marginalisées.
Les dates clés sont fixées : un webinaire d’information est prévu le 14 janvier 2026 et la date limite de dépôt des manifestations d’intérêt est fixée au 25 janvier 2026. Les organisations à but non lucratif, entreprises sociales et instituts de recherche basés ou présents en Afrique sont éligibles.
Préserver les langues africaines, c’est préserver la mémoire, l’innovation et l’avenir du continent. Une intelligence artificielle sans l’Afrique ne pourra jamais être réellement universelle.
https://www.masakhane.io/masakhane-african-languages-hub/grants