22/08/2026
À Lumiu, en Balagne, la littérature était à l’honneur avec la remise du prix Musanostra 2026. Cette année, le jury a distingué Charlotte Casiraghi pour son premier ouvrage, "La Fêlure". Un livre intime et littéraire, consacré aux fragilités qui traversent nos vies et peuvent parfois devenir une force.
Un ouvrage qui explore une idée simple, mais vertigineuse, "En chacun de nous existe une fragilité capable, à la fois, de nous faire vaciller et de nous transformer, En chacun de nous, elle menace l'ensemble, l'organise. Elle est notre chance et notre péril le plus haut"
Dans ce livre, Charlotte Casiraghi ne cherche ni à écrire un traité, ni à livrer une confession personnelle.
Elle propose plutôt une traversée. Une succession de réflexions et de variations autour de ces moments où quelque chose se brise en nous.
Des effondrements parfois visibles. D'autres, beaucoup plus discrets, qui apparaissent comme de simples craquelures avant de révéler leur profondeur.
Pour construire cette réflexion, l'auteure puise dans la littérature, la poésie, la musique et les récits de vie.
Elle s'appuie notamment sur une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, mais aussi sur les œuvres d'écrivaines comme Ingeborg Bachmann, Colette et Marguerite Duras. La poétesse Anna Akhmatova, le navigateur Bernard Moitessier ou encore le chanteur J. J. Cale nourrissent également cette réflexion.
Autant de voix et de destins qui permettent d'interroger notre rapport à la perte, à la rupture et à la reconstruction.
Car la fêlure n'est pas seulement synonyme de fragilité.
Elle peut aussi devenir un point de départ.
Celui à partir duquel une personne se réinvente, déplace son identité et regarde autrement son existence.
Une première œuvre qui a trouvé un écho particulier auprès du jury du prix Musanostra 2026.
À Lumiu, la littérature aura donc célébré cette année une conviction, parfois, ce qui nous fragilise est aussi ce qui nous permet de nous réinventer.
Article Colomba Rossi pour Corsica Mag