12/04/2019
"Aden, Le Caire, Abéché, d’autres lieux encore, des zones frontières comme celle de Gaza (« Quelque part à la frontière »), un bout du monde fantasmatique (« Le Bout du monde »), d’autres zones plus troubles encore qui sont celles de l’âme humaine des assassins, des marchands et des consommateurs d’information, des reporters en proie à une dérive chronique à travers des zones de guerre, et en définitive la difficulté perpétuelle, malgré les efforts, à vraiment comprendre le monde : « Tous les conflits se ressemblent », explique l’auteur. « Le paysage change, mais on passe toujours son temps à attendre : c’est ça la guerre. Tu attends qu’il se passe quelque chose. Tu attends dans une chambre d’hôtel, dans un café, sur la ligne de front, près d’un feu de camp, et tu fais comme si tu avais une chance de comprendre ce qui se passe. Alors que tu n’en as aucune. Et quand il se passe quelque chose, ça va trop vite pour que tu puisses le saisir ; le temps que tu comprennes, tu as à nouveau en train d’attendre. Ton travail consiste à vendre l’enfer que vivent les autres, comme si tu le comprenais, ou qu’il te concernait directement. »
« La lune découpait sa silhouette gigantesque, on voyait distinctement ses crocs. Son haleine s’échappa de sa gu**le lorsqu’il se mit à aboyer. Les balles fauchèrent l’âne qui se trouvait sur la co…