07/07/2026
Une oeuvre essentielle publiée par Indica Books à Varanasi
TATTVAMASI
LA VOIE DIRECTE DE L’ADVAITA VEDĀNTA
par Gian Giuseppe Filippi
L’Advaita Vedānta est la doctrine (siddhānta) et la méthode (prakriyā) les plus simples du Sanātana Dharma, puisqu’il ne requiert, pour être pratiqué, ni préparation culturelle préalable ni aucun effort psychosomatique. En même temps, il n’existe pas, dans le monde, de Vérité plus difficile à comprendre pour l’intellect humain, car l’advaitavāda est consacré au mystère de l’Absolu, de Brahman. Le vicārin qui s’engage dans cette investigation avec un ardent désir de connaissance, sous la conduite d’un Guru réalisé, peut parvenir à reconnaître cet Absolu comme son propre Ātman. Gauḍapāda, Śaṃkara, Sūreśvara, ainsi que les maîtres qui leur ont succédé jusqu’à nos jours, ont transmis les moyens permettant d’établir avec certitude que notre véritable Nature se situe au-delà de toute illusion causée par l’incompréhension, la compréhension erronée et le doute.
Telle est la méthode de l’adhyāropa-apavāda, par laquelle, en observant les apparences, on en vient à discerner leurs faiblesses. Ainsi, par la discrimination (viveka) entre le vrai et le faux, il devient possible de vérifier l’irréalité de ce qui apparaît aux sens, au mental et à l’intellect. L’objet le plus immédiat auquel appliquer cette méthode est le monde — y compris l’ego du chercheur — tel qu’il apparaît à l’état de veille (jāgrat avasthā), avec toutes ses contradictions et ses incohérences. Si cela ne suffit pas, l’investigation peut être étendue à l’état de rêve (svapna avasthā) et, plus loin encore, au sommeil profond (suṣupti avasthā), les deux autres expériences qui composent la vie de l’individu.
Cette investigation des trois avasthā-s doit être menée par l’écoute des enseignements des Upaniṣad-s (śravaṇa), par la réflexion sur ce qui a été appris (manana) et par l’effort de compréhension au-delà des formulations logiques et scripturaires (nididhyāsana). Cela peut déconcerter les karma kāṇḍin-s, qui considèrent souvent une telle prakriyā comme une simple philosophie ou une théorie abstraite. Pourtant, le jñānin n’a nul besoin du karma pour réaliser que l’on est déjà, ici et maintenant, l’Absolu.
La seconde partie de l’ouvrage consiste en une traduction du dix-huitième chapitre de l’Upadeśa Sāhasrī de Śrī Śaṃkara Bhagavatpāda, texte qui confirme pleinement ce qui vient d’être exposé.
Gian Giuseppe Filippi est ancien professeur titulaire d’indologie et ancien directeur de l’Institut d’études indiennes de l’Université Ca’ Foscari de Venise, en Italie. Découvreur de Kampilya, la cité du Mahābhārata, il y a dirigé les fouilles en collaboration avec l’Archaeological Survey of India de 1997 à 1999. Il a conduit la première expédition indologique en Arunachal Pradesh en 2001, ainsi que le projet Orissa Lanja Saura de 2004 à 2006. Depuis 1997, il suit les paramparā-s de l’Advaita Vedānta de Swami Karpatri, Swami Satchidanandendra Saraswati et Swami Prabuddhananda Saraswati.