18/05/2026
PETIT MICHEL
CARNET DE ROUTE D'UN COLLECTIONNEUR
Un homme et son chien, un attendrissant rituel rythmait la vie des habitués des bords de l’Aude. Derrière cette apparence du bonheur de l’homme qui promenait son chien se cachait un amour inconditionnel, et la tristesse à la mort de l' animal. Tout a commencé par une boule de poils plus ou moins irrésistible, des milliers de balades, des heures de jeux, et finit par un chagrin abyssal.
L’homme en question était Petit Michel, tendre et affectueux sobriquet, pour une figure incontournable du pavé carcassonnais, et le chien répondait au nom de "Mazon".
Clin d'œil d'un aficionado du rugby à XIII et hommage à un pilar de légende de la famille Taillefer de l'ASC: "Lolo" Mazon.
Un collectionneur dans le club; c'était déjà comme une déformation professionnelle, tant d’archives, de photos, d'objets cultes emmagasinés dans la mythologie d'un club. Contre emploi du supporter, mais regard du "pro" de la com'.
À son tour, Petit Michel s'est mis à traîner la patte à la perte de ce chien fidèle, et finit par le chercher aujourd'hui avec sa mort, dans l'au-delà.
Le voilà enfin peinard, le lutin malin d'une rue pas "Tranquille" où il avait ouvert son bouclard de fripes, idole des Jeans pour ses followers du vintage.
Petit Michel, chineur, brocanteur, collectionneur tous azimuts, dans le sillage du maître absolu "Biquet" himself.
Personne ne semblait aussi vif que ce chineur Vif-argent avec la malice et le sang froid du joueur de poker pour dénicher des objets vintage inaperçus, et repérer la bonne affaire.
Aussi torturé qu’attachant, il misera avant tout sur l'humour et la dérision pour se persuader de pouvoir conclure - pour reprendre une réplique culte de Michel Blanc - comme lui personnage gringalet qui aura su utiliser ses complexes pour tailler sa route.
Petit Michel, pas tout à fait looser, aura dans son carnet de route acquis ses lettres de noblesse de la fringue.
Styliste chez G-Star, Just the product (“juste le produit”) slogan de cette entreprise spécialisée dans l'offre de vêtement en denim pur, avec comme mentor Sir Morisset, figure française du Jeans, qui a travaillé pour Chipie et Liberto.
Copain du Mag dès ses débuts, sa disparition provoque une grande tristesse à la rédaction.
Qui a dit qu'il n'y a pas de chien ni de chineur au paradis !
🖋️ Christian Burgos
📷 Alain Machelidon, Photographe©