01/04/2026
TRISTESSE. Je viens d'apprendre le décès de JP Krassinsky. Je ne sais comment exprimer la tristesse qui est mienne, comme celle de toutes celles et tous ceux qui l'ont connu pour un album, une exposition ou un parcours de vie. Nous perdons un homme d'une infinie gentillesse et un artiste merveilleux dont la douceur et parfois l'acidité des aquarelles nous ravissaient.
Je veux, ici, partager avec vous une anecdote, ou plutôt, comment je l'ai connu.
Au printemps 2020, sur les conseils de Marazano Richard, j'avais contacté Jean-Paul alors que je me lançais dans l'aventure des Editions Daviken en voulant réaliser "Méfie-toi d'une femme qui lit". Pour une illustration ou une nouvelle graphique sur les thèmes de "femme" et "lecture". Il faisait partie de ma "wish list". Il avait besoin d'y réfléchir, car il était sur un album qui lui tenait à cœur. Les semaines passent, quelques mois. En novembre 2020, il m'écrit joignant quelques croquis à ses mots. Une histoire se situant dans la préhistoire. Les peintures rupestres. Je l'appelle pour en discuter. Il me dite que ce sera un récit court. Ne me donne pas la chute. Pas grave, c'était un tel cadeau qu'il soit de l'aventure. Et je reçois ces planches. Merveilleuses, délicates, émouvantes.
Et la dernière planche. Qui exprimait tout ce que j'avais en tête pour ce recueil.
Parmi tous les récits et illustrations, j'ai choisi une de ses planches plus quatre autres pour faire les essais colorimétriques et le choix de papier. Je ne voulais pas qu'il soit déçu. Vint le moment à la sortie du livre où il me reçoit chez lui pour que je lui offre ses exemplaires auteurs. Il regarde l'ouvrage et ses pages qui débutaient "Méfie-toi d'une femme qui lit". Et il me dit "merci, c'est beau". Pourtant je lui fit part de ma déception car les violets tiraient plus sur le rouge que les siennes plus subtilement bleutées. Et il me répondit avec sourire "C'est normal, t'inquiètes pas, c'est compliqué en impression de respecter les couleurs d'un aquarelliste. Il est chouette ton livre, tu peux être fier".
Voilà, je n'étais rien dans ce métier d'éditeur, juste quelques envies et des valeurs. Et Jean-Paul a eu ses mots. Gravés là dans ce cœur qui est aujourd'hui est bien triste.
Alors où que tu sois, Jean-Paul, "ils" et "elles" ont de la chance. Car sur le mur blanc de leurs imaginaires, tes pinceaux vont continuer de danser et tracer des univers qui, maintenant, vont nous manquer.