08/06/2026
Charte des mariages, liberté d'expression : Le ton monte entre l'opposition et la majorité RN à Courcelles-lès-Lens
Le dernier conseil municipal de Courcelles-lès-Lens, qui s’est tenu ce vendredi 5 juin 2026, a été le théâtre de vifs débats. Charte des mariages jugée « illégale », règlement intérieur accusé de « verrouiller la démocratie » : les élus de l'opposition montent au créneau et annoncent avoir saisi la Préfecture.
C’est un bilan sans concession que dresse l’opposition courcelloise au lendemain de la séance du conseil municipal du 5 juin. Derrière l’ordre du jour officiel, les élus minoritaires pointent du doigt plusieurs délibérations qui, selon eux, posent de « sérieuses questions » de légalité et de respect du débat démocratique.
Mariages : une charte de « bonne conduite » qui fait polémique
Au cœur des tensions : l’adoption d’une nouvelle « charte de bonne conduite » encadrant les cérémonies de mariage. Si la municipalité affiche une volonté de garantir le calme, l'opposition estime que le texte franchit les lignes rouges du droit républicain.
« Le mariage civil est un droit constitutionnel. Un officier d’état civil ne peut refuser ou reporter une célébration que dans les cas strictement prévus par la loi, et le comportement des invités n’en fait absolument pas partie ! » s’insurgent les élus d'opposition.
Le texte prévoit en effet la possibilité pour l'élu d'interrompre ou de refuser de célébrer l'union en cas de débordements. Autre point de friction : l'obligation pour les mariés de désigner un proche pour faire respecter l’ordre, y compris sur le parvis de la mairie. Une « mission de police » confiée à un citoyen sans aucun cadre légal, dénonce l'opposition, qui s'inquiète également de la création de taxes forfaitaires allant jusqu'à 400 € en cas de manquements. Des pénalités aux bases de calcul jugées « floues ».
Tribune politique : « L’espace laissé à l'opposition équivaut à quelques SMS »
L'autre grand morceau de ce conseil concernait le vote du nouveau règlement intérieur de l'assemblée locale. Et c'est l'article 34, régissant l’expression des élus dans le bulletin municipal, qui a mis le feu aux poudres.
Alors que sous le mandat précédent, la majorité et l'opposition disposaient d'un espace d'expression équivalent, les nouvelles règles réduisent drastiquement le temps de parole écrit de la minorité. « La majorité s’en réserve la plus grande part et nous réduit à quelques lignes par numéro », déplorent les opposants, comparant leur nouvel espace d'expression à « l'équivalent de quelques SMS ». Face à ce qu'elle qualifie de « verrouillage », l'opposition a officialisé la saisie des services de la Préfecture du Pas-de-Calais pour faire examiner la légalité de ces mesures.
Le spectre d'une « gouvernance fermée »
Au-delà des textes techniques, c'est la ligne politique globale de la municipalité qui est visée. L'opposition dénonce une gouvernance qui « se referme sur elle-même » et accuse l'équipe en place d'entretenir un lien exclusif avec un « électorat captif » tout en étouffant la contradiction.
La bataille politique est donc loin d'être terminée à Courcelles-lès-Lens, l'opposition concluant son bilan par un rappel à l'ordre symbolique : « Les habitants ne sont pas des partisans, ce sont des citoyens. Ils méritent une mairie qui leur appartient à tous. » La réponse de la majorité est attendue lors des prochaines commissions.