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À Noisy-le-Sec, le conseil municipal s’ouvre sur une crise politique autour des propos d’Albert PrissetteLe deuxième con...
22/04/2026

À Noisy-le-Sec, le conseil municipal s’ouvre sur une crise politique autour des propos d’Albert Prissette

Le deuxième conseil municipal du mandat, jeudi 9 avril, n’a pas commencé par ses délibérations mais par une longue séquence politique consacrée aux propos tenus par Albert Prissette lors du conseil d’installation du 28 mars. Avant même l’ouverture officielle de la séance, excuses, demandes de démission, rappel à l’exemplarité et affrontement sur le procès-verbal ont donné le ton d’un mandat qui démarre sous tension.

Avant le premier vote de la soirée, Olivier Sarrabeyrouse a choisi d’ouvrir la séance par une déclaration solennelle. Le maire a condamné “sans ambiguïté” les propos de son collègue Albert Prissette, qu’il a lui-même qualifiés de racistes, et a présenté au nom du conseil municipal des excuses publiques à Jaouad Merimi, l’élu visé. Il a aussi annoncé vouloir engager un travail de formation au sein de la majorité sur les questions de racisme et de discrimination.

Cette entrée en matière n’avait rien d’anodin. Elle faisait suite à l’incident survenu lors du conseil d’installation, durant lequel Albert Prissette avait tenu, hors micro mais de façon audible selon plusieurs intervenants, une remarque visant le nom de Jaouad Merimi. Plusieurs élus d’opposition ont repris une même formule, attribuée à Prissette : “Il ne peut pas s’appeler Dupont comme tout le monde.”

Albert Prissette a pris la parole juste après le maire. Il a dit regretter “des propos graves” et a reconnu “le caractère raciste déplacé” de ses mots. Il a expliqué avoir présenté ses excuses à Jaouad Merimi dès le 28 mars, en assurant n’avoir eu “nullement l’intention de lui nuire”. L’élu a aussi évoqué une “plaisanterie” devenue, selon ses propres termes, une manière de trop se protéger face à la dureté de certaines situations sociales qu’il traite dans sa délégation. Il a conclu en disant vouloir “continuer à faire son éducation sur le sujet”.

Ces excuses n’ont pas suffi à éteindre le débat. Côté opposition, Thomas Franceschini a durci le ton. Après avoir dit saluer la condamnation du maire et les excuses formulées, il a estimé que les faits, répétés et tenus “dans une enceinte républicaine”, imposaient autre chose qu’un simple regret. Son groupe a demandé “la démission de M. Pricette”, au nom de l’exemplarité due par les élus. Dans le même esprit, Medy Labidi a jugé que les excuses étaient “nécessaires” mais “pas suffisantes”, et a dénoncé en outre des réactions de membres de la majorité sur les réseaux sociaux qu’il a considérées comme une banalisation de l’incident.

Morad Khetala a lui aussi salué la prise de distance du maire, tout en demandant deux suites concrètes : que les propos litigieux soient retranscrits “fidèlement” dans le procès-verbal du 28 mars, et que la majorité engage un travail plus structuré avec des associations antiracistes. Olivier Deleu, pour sa part, a distingué responsabilité politique et responsabilité pénale. Il a demandé au maire de saisir le procureur au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, ou, à défaut, que les présidents de groupe adressent eux-mêmes un signalement commun.

Dans la majorité, la condamnation a été nette, mais pas la réponse à apporter. Amélie Canonne, au nom des élus de La France insoumise, a parlé d’une “remarque raciste nettement audible” et demandé un temps de travail spécifique avec une association antiraciste, ainsi qu’un dispositif dans le règlement intérieur pour faire face à d’éventuels incidents futurs. Baptiste Gerbier, pour les écologistes, a évoqué un “racisme inconscient” et “insidieux”, tout en refusant de résumer Albert Prissette à cet épisode. Loïc Vénon, au nom du groupe communiste et citoyen, a insisté sur la nécessité de transformer cette crise en travail durable contre les discriminations plutôt que d’en rester à la seule condamnation.

L’intervention la plus attendue était sans doute celle de Jaouad Merimi lui-même. Le nouvel élu a expliqué avoir d’abord souri en découvrant ce qui s’était passé, avant de mesurer, en échangeant avec ses proches, la gravité des propos. Il y a vu le signe d’une banalisation du racisme que, selon lui, beaucoup de jeunes “issus des quartiers” finissent par intégrer comme une habitude. Mais il a aussi dit accepter les excuses d’Albert Prissette, en rappelant que celui-ci les avait formulées avant que l’affaire ne prenne de l’ampleur publiquement. Il a distingué les “mots malheureux” des “actes”, affirmant connaître l’engagement ancien de l’élu dans la ville.

Cette parole a infléchi le climat sans refermer le dossier. Le point de fracture immédiat s’est déplacé vers la procédure. Une fois cette séquence close, le conseil a officiellement ouvert sa séance et examiné la délibération n°2 sur l’adoption du procès-verbal du 28 mars. L’opposition a contesté le fait que les propos incriminés n’y figurent pas. Souad Terki a demandé le report du vote pour permettre leur inscription. Olivier Sarrabeyrouse a refusé, au motif que le procès-verbal était déjà établi, proposant en revanche aux élus de transmettre leurs interventions écrites pour qu’elles figurent dans le procès-verbal de la séance du 9 avril. Le texte a finalement été adopté par 32 voix pour, 6 abstentions et 3 contre, selon le décompte annoncé en séance.

C’est là que la crise politique s’est muée en débat de méthode. L’opposition a reproché au maire de faire voter avant de laisser s’exprimer les élus sur certaines délibérations, de verrouiller les échanges et de renvoyer les désaccords aux réunions préparatoires entre présidents de groupe. Le maire, lui, a défendu une conduite de séance destinée à éviter l’enlisement d’un ordre du jour très chargé. Ce désaccord sur la forme a traversé toute la soirée et a rejailli ensuite sur la commission logement, la SPL Ensemble ou encore les décisions du maire.

Ce qu’il faut retenir de cette séance, c’est donc moins un simple incident isolé qu’un moment fondateur du nouveau mandat. La majorité a condamné les propos de l’un des siens, mais sans aller jusqu’à la démission demandée par l’opposition. L’élu visé, Jaouad Merimi, a accepté les excuses. Le maire a promis des suites en matière de formation et de travail politique. Mais le refus de modifier le procès-verbal du 28 mars et la conflictualité sur la conduite des débats montrent qu’à Noisy-le-Sec, le fond et la méthode seront désormais étroitement liés.

Noisy-le-Sec: ville martyre, oui — ville innocente, nonÀ Noisy-le-Sec, la mémoire publique revient chaque année, à juste...
16/04/2026

Noisy-le-Sec: ville martyre, oui — ville innocente, non

À Noisy-le-Sec, la mémoire publique revient chaque année, à juste titre, sur le bombardement du 18 avril 1944 et sur les centaines de morts qu’il a provoqués. Ce drame fut immense. Mais à force de ne raconter que cela, on finit par produire un récit mutilé: celui d’une ville seulement victime, comme si l’histoire locale de l’Occupation pouvait se résumer à la souffrance infligée par les bombes alliées.

Or les archives et les travaux disponibles racontent autre chose. Oui, Noisy-le-Sec fut bombardée parce que son triage et ses installations ferroviaires étaient un objectif stratégique majeur du Transportation Plan allié. Mais ces rails ne servaient pas à un monde abstrait. Ils faisaient partie d’un espace occupé par l’Allemagne n**ie, où circulaient troupes, matériel, blessés allemands, biens spoliés, et où s’organisait, dans le proche environnement de la ville, la déportation des Juifs de France. Drancy, Bobigny et le fort de Romainville ne sont pas des périphéries anecdotiques de l’histoire de Noisy-le-Sec: ils sont le cœur du système de persécution installé autour d’elle.

Cette vérité dérange parce qu’elle oblige à déplacer le regard. Le bombardement n’a pas frappé une ville extérieure à l’Occupation; il a frappé un nœud ferroviaire intégré à un dispositif militaire et répressif n**i. Dire cela n’enlève rien à la douleur des victimes noiséennes. Mais cela empêche de transformer leur mémoire en écran commode.

À l’échelle municipale aussi, le récit local doit être nettoyé de ses euphémismes. Henri Leblond n’est pas simplement “le maire pendant la guerre”. Il remplace en 1940 le responsable parti dans l’exode, reçoit les Allemands à sa place, puis il est officiellement nommé maire en 1941 dans le cadre des lois de réorganisation municipale du régime de Vichy. Il administre donc la commune non pas au nom d’une légitimité démocratique, mais dans un ordre politique de collaboration avec l’occupant. Les documents rappelés par les historiens locaux sont clairs: le maire nommé est chargé aussi de l’application à la population des ordres des autorités allemandes.

Il ne s’agit pas ici d’inventer un procès moral avec des mots trop grands pour les sources. Mais il faut cesser de masquer la réalité administrative de l’Occupation. Un maire nommé par Vichy, dans une ville de plus de 10 000 habitants, n’est pas un simple gestionnaire neutre pris dans la tempête. Il est une pièce de l’ordre mis en place par un État français qui collabore avec l’Allemagne n**ie. Et à Noisy-le-Sec comme ailleurs, cet ordre descendait jusqu’au quotidien des habitants.

La persécution antisémite ne fut d’ailleurs pas seulement une affaire lointaine, parisienne ou allemande. Elle a touché Noisy-le-Sec directement. Lors de la rafle du Vel d’Hiv, exécutée à la demande de la Gestapo avec la collaboration des autorités françaises, la circonscription de Noisy se voit assigner un quota d’arrestations. Des Noiséens juifs sont arrêtés à leur domicile par des forces françaises, regroupés localement, transférés à Drancy, puis déportés vers Auschwitz. Le cas de Jeanne et Elie Lilienfeld, commerçants à Noisy-le-Sec, est particulièrement éclairant: avant même leur déportation, leur commerce est placé sous administration aryenne provisoire. La dépossession accompagne ici la persécution.

Et il faut aller plus loin encore, parce que la collaboration ne se limite ni aux préfets ni aux policiers. Elle a aussi pris la forme d’opportunités saisies par des voisins ordinaires. Des recherches de référence sur la spoliation des logements juifs montrent qu’après le bombardement d’avril 1944, dans le contexte du relogement des sinistrés, une couturière sinistrée de Noisy-le-Sec, Jeanne Martin, figure parmi les candidates à l’attribution d’un logement juif spolié. Ce seul cas suffit à faire tomber une fiction confortable: non, toute la population n’était pas seulement écrasée par la guerre; certains ont aussi cherché à tirer parti d’un système antisémite administré par les autorités françaises.

C’est sans doute cela, au fond, qui reste le plus difficile à admettre. On préfère commémorer les morts du bombardement, ce qui est légitime, plutôt que regarder en face la part locale d’une histoire plus sale: une municipalité nommée par Vichy, des ordres allemands relayés sur place, des rafles opérées par des forces françaises, des Juifs noiséens arrêtés puis déportés, des biens placés sous administration aryenne, et au moins un cas documenté où le malheur des uns devient l’occasion du relogement des autres.

Commémorer le 18 avril 1944 sans rappeler ce contexte, c’est entretenir une mémoire incomplète. Et une mémoire incomplète finit toujours par devenir une mémoire mensongère.

Photo: Chris93 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Après des propos tenus lors du conseil d’installation, Albert Prissette au cœur d’une vive polémiqueUne phrase prononcée...
04/04/2026

Après des propos tenus lors du conseil d’installation, Albert Prissette au cœur d’une vive polémique

Une phrase prononcée par Albert Prissette lors du conseil municipal d’installation du 28 mars a provoqué une vive controverse à Noisy-le-Sec. L’opposition a dénoncé des propos racistes, demandé des excuses publiques et appelé à la démission de l’élu, tandis que le maire Olivier Sarrabeyrouse a condamné à son tour une “forme de racisme banalisé” et annoncé une prise de parole lors du prochain conseil municipal.

La séance d’installation du nouveau conseil municipal, samedi 28 mars à Noisy-le-Sec, devait marquer l’ouverture d’une nouvelle mandature. Mais quelques jours plus t**d, c’est une tout autre séquence qui domine les réactions politiques locales : les propos tenus par Albert Prissette, doyen d’âge et président de séance au moment de l’élection du maire.

Au moment de l’appel des élus, lors de l’élection du maire, Albert Prissette a écorché le prénom de Jaouad Merimi. Selon plusieurs réactions publiques diffusées après coup, on l’entend ensuite dire à voix basse : « Ils ne peuvent pas s’appeler Dupont comme tout le monde ! »

C’est cette phrase qui a déclenché la polémique.

Dans son communiqué, le maire Olivier Sarrabeyrouse affirme que le commentaire, « sur le ton d’une blague, relève en réalité d’une forme de racisme banalisé ». Il précise aussi que ces mots n’avaient pas été entendus sur le moment par l’assemblée : « Ce commentaire, lors du conseil, n’a pas été entendu par l’assemblée sinon nous aurions pu et dû le condamner immédiatement. Cependant, sur l’enregistrement sonore de la séance, le commentaire est parfaitement audible. »

Le maire condamne sans détour les propos tenus. « En tant qu’élu, que Maire, je n’accepte et n’accepterai jamais toute forme, toute expression, toute pratique relevant du racisme institutionnel, systémique et banalisé au sein de l’instance du Conseil Municipal, de la municipalité et nulle part ailleurs », écrit-il. Il ajoute : « Elue.e.s de la République, nous devons être exemplaires dans la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie et toute forme de discrimination. »

Olivier Sarrabeyrouse indique également qu’Albert Prissette « a présenté ses excuses à la personne directement concernée », tout en soulignant que, « comme toujours avec le racisme, les remarques individuelles affectent l’ensemble des personnes racisées et alimentent un système ». Il annonce enfin qu’« une expression au prochain Conseil Municipal du 9 avril est prévue afin de revenir sur cet événement, de condamner publiquement ces propos et d’entendre les excuses sincères de Monsieur Prissette ».

Avant cette prise de position du maire, l’opposition avait déjà publiquement réagi. Dans un communiqué signé par Thomas Franceschini, Muriel Padiou, Medy Labidi, Souad Terki, François Ronget, Marco Hormazabal et Grégory Lepoittevin, les élus dénoncent un incident venu « ternir un moment qui aurait dû être celui de la Démocratie, de la République, de ses règles et de ses valeurs ».

Le texte insiste sur le fait que les mots prononcés ne peuvent être minimisés : « Ces mots ne sont pas anodins. Ils ne relèvent ni de l’humour, ni d’une maladresse. Ils disent quelque chose de plus profond : une banalisation des stéréotypes ». Les signataires poursuivent : « Dans une assemblée municipale, chacun doit être regardé pour ce qu’il est : un élu de la République, porteur d’un mandat confié par les habitants, quel que soit son nom, son parcours ou ses origines. »

L’opposition formule trois demandes précises : « des excuses publiques immédiates à l’élu concerné », « une condamnation claire et sans ambiguïté de ces propos par l’exécutif municipal » et, « compte tenu de leur gravité, la démission d’Albert Prissette de ses fonctions d’élu ».

Le texte se conclut par une formule reprise dans plusieurs réactions : « Non, Monsieur Prissette, nous ne nous appelons pas toutes et tous Dupont. Albert, Myriam, David, Fatoumata… nous sommes toutes et tous des enfants de France. Et c’est cela, la République. »
Medy Labidi a repris publiquement cette formule. Nadia Kadi, de son côté, a dénoncé une séquence « profondément choquante ». Elle écrit : « Ces mots ne sont pas anodins. Ils traduisent une banalisation inquiétante des propos stigmatisants, voire à connotation raciste. » Elle ajoute : « Nos institutions méritent mieux. Nos élus doivent être exemplaires. Le respect n’est pas une option, c’est une exigence. »

Sa déclaration souligne aussi que Jaouad Merimi appartient à la majorité municipale : « Rappelons que Jaouad MERIMI est pourtant un colistier de leur propre liste, avec qui ils ont fait campagne pendant plusieurs mois. »
À ce stade, un point est clair : les propos attribués à Albert Prissette ont suscité une double condamnation publique, de l’opposition comme du maire. Mais la réponse politique diffère. L’opposition demande la démission de l’élu. Le maire, lui, met en avant la condamnation publique des propos, les excuses adressées à la personne concernée et une expression prévue lors du prochain conseil municipal.
Le conseil du 9 avril devrait donc être un moment de clarification. Au-delà des excuses annoncées, c’est aussi la question de la responsabilité d’un élu et de la réponse collective de l’institution municipale qui est désormais posée.

Olivier Sarrabeyrouse réélu maire : un exécutif de 16 adjoints pour ouvrir la nouvelle mandature à Noisy-le-SecRéuni le ...
03/04/2026

Olivier Sarrabeyrouse réélu maire : un exécutif de 16 adjoints pour ouvrir la nouvelle mandature à Noisy-le-Sec

Réuni le samedi 28 mars à l’hôtel de ville pour sa séance d’installation, le nouveau conseil municipal de Noisy-le-Sec a réélu Olivier Sarrabeyrouse comme maire avant d’élire 16 adjoints. Cette première séance a dessiné les priorités politiques du nouveau mandat : jeunesse, services publics, logement, écologie, transformation urbaine et justice sociale, dans un contexte où l’opposition a d’emblée demandé un fonctionnement plus ouvert du débat municipal.

Le nouveau conseil municipal de Noisy-le-Sec s’est officiellement installé samedi 28 mars 2026, lors d’une séance convoquée à 9 heures à l’hôtel de ville. L’ordre du jour prévoyait notamment l’installation des conseillers municipaux, l’élection du maire, la fixation du nombre d’adjoints puis l’élection de ces derniers.

Comme le prévoit le droit municipal, la séance a d’abord été présidée par le doyen d’âge de l’assemblée, Albert Prissette. Dans ce rôle protocolaire mais central, il a ouvert la séance, rappelé les résultats électoraux, supervisé les premières opérations et présidé l’élection du maire. C’est seulement une fois ce vote achevé que la présidence de séance a été transmise au maire élu.

Albert Prissette a rappelé les résultats du second tour : la liste conduite par Olivier Sarrabeyrouse, Toujours Noisy, est arrivée en tête avec 4 715 voix, soit 46,75 % des suffrages exprimés, devant Thomas Franceschini, Morad Khetala et Olivier Deleu. Cette avance s’est traduite par une majorité de 32 sièges sur 43 au conseil municipal, contre 7 pour Noisy au cœur, 3 pour Noisy uni et 1 pour Sauvons Noisy.

L’élection du maire s’est ensuite déroulée au scrutin secret. Olivier Sarrabeyrouse était candidat. Sur 43 votants, il a obtenu 32 voix, avec 4 bulletins nuls selon le transcript de séance. Il a donc été réélu maire à la majorité absolue dès le premier tour. Ce vote confirmait sans surprise la domination de la majorité municipale issue des élections des 15 et 22 mars.

Avant même ce scrutin, les groupes d’opposition avaient situé leur rôle pour le mandat à venir. Thomas Franceschini a reconnu le résultat des urnes tout en appelant à “l’humilité” et à “la responsabilité collective”, en insistant sur les attentes des habitants en matière de sécurité, de cadre de vie, de jeunesse, de justice sociale et de logement. Morad Khetala a promis une opposition “présente, constructive et vigilante”. Olivier Deleu a, lui aussi, insisté sur la nécessité d’un meilleur respect de l’opposition et d’un débat démocratique plus ouvert qu’au cours du précédent mandat.

Une fois élu, Olivier Sarrabeyrouse a prononcé un long discours de réélection qui éclaire la ligne de la nouvelle mandature. Il y a revendiqué l’ancrage à gauche de son équipe et défendu un projet à la fois écologique, social et populaire. Il a reconnu que le premier tour appelait à entendre les critiques sur la gestion du quotidien, tout en rejetant l’idée d’un désaveu global de son bilan. Il a insisté sur plusieurs priorités : la jeunesse, qu’il a placée au cœur du mandat ; le logement public ; la défense des services publics ; la transformation urbaine ; la lutte contre les discriminations ; la végétalisation ; et une démocratie locale qu’il veut, selon ses termes, active et participative.

Le conseil municipal a ensuite fixé à 16 le nombre d’adjoints, soit 12 adjoints au maire et 4 adjoints de quartier, conformément à la délibération adoptée ce jour-là. Ce vote est essentiel : les adjoints forment, avec le maire, le noyau de l’exécutif municipal. Ce sont eux qui ont vocation à seconder le maire, à suivre les grands secteurs de l’action communale et à mettre en œuvre, chacun dans son champ, les orientations politiques du mandat.

L’élection des adjoints s’est tenue au scrutin secret de liste, sans panachage ni vote préférentiel. Une seule liste a été déposée. La délibération officielle indique 43 votants, 3 bulletins nuls, 8 bulletins blancs et 32 suffrages exprimés en faveur de la liste conduite par Hélène Clémente. La liste a donc été élue.

Les 16 adjoints élus, dans l’ordre officiel, sont les suivants :

1. Hélène Clémente, 1re adjointe au maire, déléguée aux solidarités, à l’accès au droit et à l’alimentation durable
2. Jean-Luc Le Coroller, 2e adjoint au maire, délégué aux bâtiments publics, à la voirie et à la transition énergétique
3. Amélie Canonne, 3e adjointe au maire, déléguée au développement économique, à l’économie sociale et solidaire, à l’insertion et à l’emploi
4. Bruno Martinez, 4e adjoint au maire, délégué aux finances locales et durables, aux achats et à la commande publique
5. Samia Fettal, 5e adjointe au maire, déléguée à la jeunesse et aux droits des jeunes
6. Adrien Gantois, 6e adjoint au maire, délégué au climat, à la nature en ville et à la propreté-déchets
7. Wiam Berhouma, 7e adjointe au maire, déléguée au développement et à la promotion de la culture, à la transmission de la mémoire et à l’éducation populaire
8. Florent Lacaille-Albiges, 8e adjoint au maire, délégué au développement du service public et du personnel communal, à la mobilité
9. Fatoumata Camara, 9e adjointe au maire, déléguée aux quartiers Langevin et Boissière/Renardière
10. Alain Gallais, 10e adjoint au maire, délégué à la démocratie locale et aux quartiers Léo Lagrange, Haut Goulet-Jules Auffret
11. Sandrine Louët, 11e adjointe au maire, déléguée à la tranquillité publique et à la lutte contre toutes les violences
12. Alexandre Mathi, 12e adjoint au maire, délégué à l’éducation, aux droits de l’enfant et au projet éducatif global
13. Claire Verdalle, 13e adjointe au maire, déléguée aux quartiers du Petit Noisy et Centre-Ville
14. Timothée Gauthierot, 14e adjoint au maire, délégué à l’accompagnement et au développement de la pratique sportive et au numérique
15. Naïma Mokri, 15e adjointe au maire, déléguée au handicap et aux quartiers du Londeau, Stephenson et Merlan
17. Zakaria Benhamra El Akhfach, 16e adjoint au maire, délégué à la politique de la ville, à la cohésion sociale et à la vie associative

La délibération distingue par ailleurs 12 adjoints au maire et 4 adjoints de quartier. Dans cette dernière catégorie figurent Fatoumata Camara, Alain Gallais, Claire Verdalle et Naïma Mokri. Cette organisation précise la structure du nouvel exécutif municipal au début du mandat.

À travers les délégations confiées à ses adjoints, la majorité met en avant plusieurs champs d’action déjà présents dans le discours de réélection du maire : les solidarités, la jeunesse, le climat, l’éducation, la démocratie locale, la tranquillité publique, le handicap, la cohésion sociale ou encore la politique de la ville. La séance du 28 mars a ainsi permis d’installer non seulement le maire, mais aussi l’équipe chargée de mettre en œuvre les grandes orientations du mandat.

Neil Sorensen

26/03/2026

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Municipales à Noisy-le-Sec : nouvelle crise à droite, des membres de Sauvons Noisy demandent à Olivier Deleu de se retir...
19/03/2026

Municipales à Noisy-le-Sec : nouvelle crise à droite, des membres de Sauvons Noisy demandent à Olivier Deleu de se retirer

À trois jours du second tour, la campagne municipale à Noisy-le-Sec connaît un nouveau rebondissement. Des membres du collectif Sauvons Noisy ont adressé à Olivier Deleu une lettre confidentielle lui demandant de suspendre sa campagne, tandis que Médy Labidi a officialisé son ralliement à la liste Noisy au cœur conduite par Thomas Franceschini.

Le cadre électoral est désormais clair : quatre listes sont qualifiées pour le second tour à Noisy-le-Sec — celles d’Olivier Sarrabeyrouse, Thomas Franceschini, Morad Khetala et Olivier Deleu. Les résultats officiels du premier tour placent le maire sortant en tête avec 33,75 %, devant Thomas Franceschini (19,63 %), Morad Khetala (14,89 %) et Olivier Deleu (11,98 %). La liste de Médy Labidi, arrivée à 9,30 %, a ensuite fusionné avec celle de Thomas Franceschini pour le second tour.

Une lettre interne très politique adressée à Olivier Deleu

Nouveau coup de théâtre ce jeudi : une lettre présentée comme émanant de membres du collectif Sauvons Noisy appelle explicitement Olivier Deleu à se retirer de la course.

Le ton est personnel, mais la conclusion est sans ambiguïté. Les signataires écrivent :
« Dans une quadrangulaire, avec 12 % des suffrages, SAUVONS NOISY ne peut pas gagner. »
Puis :
« Chaque bulletin déposé pour ta liste est un bulletin qui n’ira pas à l’adversaire du maire sortant. »

La lettre presse Olivier Deleu de “suspendre sa campagne” et de “libérer ses électeurs” en appelant à voter pour “le candidat d’opposition le mieux placé pour battre le maire sortant”.

Le document marque une rupture nette avec la ligne défendue jusqu’ici par le candidat de Sauvons Noisy, qui avait au contraire choisi de maintenir sa liste pour le second tour. Officiellement, la préfecture enregistre bien Sauvons Noisy parmi les quatre candidatures déposées.

Médy Labidi rejoint Thomas Franceschini, et la polémique enfle

En parallèle, le ralliement de Médy Labidi à Thomas Franceschini a déclenché une vive controverse sur Facebook. La nouvelle configuration apparaît d’ailleurs dans les listes et agrégateurs de second tour, où Médy Labidi figure sur la liste Noisy au cœur derrière Thomas Franceschini.

Mais cette alliance est fortement attaquée par certains internautes, notamment en raison de la participation d’une composante perçue comme centriste ou de centre droit.

Flo Lacaille-Albiges dénonce ainsi un accord
« mensonger »
et juge l’alliance
« honteuse »,
estimant qu’elle s’est construite sans cohérence politique réelle.

Même tonalité chez Berny Reidid, qui écrit :
« Vous vous alliez avec la droite et les macroniens. Quelle honte. »

À l’inverse, les soutiens de Médy Labidi défendent un repositionnement assumé. François Ronget répond :
« cette liste est classé “divers centre”, nous sommes des sociaux démocrates qui nous allions avec des centristes sociaux et démocrates. »
Il ajoute :
« Nous représentons cette gauche modérée républicaine et universaliste héritière de Rocard, Delors et Mendès France. »

La réplique n’a pas t**dé. Amazir Terrak accuse au contraire les socialistes d’avoir franchi une ligne rouge :
« vous êtes allié avec l'UDI simplement, faut assumer vos choix. »

Une opposition plus fracturée que jamais

Ces développements confirment un climat d’extrême tension dans l’opposition noiséenne. Après l’échec des négociations d’entre-deux-tours, l’heure n’est plus seulement aux reproches entre listes rivales : la contestation touche désormais l’intérieur même des camps.

Sur Facebook, plusieurs commentaires résument la fatigue d’une partie des électeurs. François Lucas écrit :
« J'avais pas l'intention de voter Franceschini mais à défaut de fusion, c'est le mieux placer pour dégager l'équipe en place. »

Autrement dit : à mesure que les alliances se font et se défont, une partie de l’électorat semble désormais raisonner en vote utile, plutôt qu’en fidélité partisane.

Un second tour sous très haute tension

À ce stade, le paysage du second tour est donc celui-ci : un maire sortant en tête, une liste Franceschini élargie avec le ralliement de Médy Labidi, une liste Morad Khetala maintenue, et un Olivier Deleu désormais fragilisé jusque dans son propre collectif. Les quatre candidatures sont bien enregistrées pour dimanche 22 mars.

Reste à savoir si cette nouvelle séquence affaiblira davantage l’opposition ou si, au contraire, elle accélérera une logique de report de voix autour du candidat jugé le plus en mesure de battre Olivier Sarrabeyrouse.

Une chose est certaine : à Noisy-le-Sec, la fin de campagne ressemble de plus en plus à une bataille à fronts multiples.

Municipales 2026 à Noisy-le-Sec : une quadrangulaire, des fusions avortées et une opposition qui s’écharpe publiquementÀ...
18/03/2026

Municipales 2026 à Noisy-le-Sec : une quadrangulaire, des fusions avortées et une opposition qui s’écharpe publiquement

À Noisy-le-Sec, le second tour des municipales se jouera finalement à quatre listes. Alors que de nombreux électeurs espéraient une fusion large des oppositions pour tenter de battre le maire sortant Olivier Sarrabeyrouse, les dernières heures avant le dépôt des listes ont accouché d’un tout autre scénario : négociations échouées, accusations croisées, colère militante, incompréhensions publiques et règlement de comptes sur Facebook.

Le décor est désormais planté : quatre listes seront présentes au second tour, malgré les appels répétés à l’union, malgré la conviction largement partagée qu’une dispersion des voix profite mécaniquement au maire sortant, arrivé en tête du premier tour avec 33,75 % des suffrages exprimés.

Au lieu d’un rassemblement, Noisy-le-Sec a assisté à un spectaculaire éclatement de l’opposition — un éclatement qui s’est joué à huis clos dans les négociations, puis à ciel ouvert sur les réseaux sociaux.

Une attente forte d’union… et une immense déception

Pendant toute la campagne de premier tour, la question du rassemblement a plané sur les différentes listes opposées à la majorité sortante. Après le scrutin du 15 mars, beaucoup d’électeurs pensaient que l’entre-deux-tours déboucherait sur un accord.

D’où la stupeur, puis la colère, quand les heures ont passé sans annonce claire, tandis que l’heure limite approchait.

Comme l’a résumé Jean-Paul Lefebvre dans un commentaire publié avant la clôture du dépôt des listes :
« Il y aura bien 4 listes ce qui garantit la réélection du maire PC/Insoumis et la poursuite de sa gestion catastrophique pour 7 ans. »

Le ton était donné. Très vite, sous plusieurs publications Facebook, les commentaires ont fait apparaître une ligne dominante : pour une partie des électeurs et sympathisants des listes d’opposition, l’absence de fusion est perçue comme une faute politique majeure.

Tar Ava écrivait ainsi :
« Suivant les dernières rumeurs il y aurait 4 listes. Tout le monde fait des efforts pour faire gagner l'équipe en place. »

Même lassitude du côté de MO San :
« Sérieux ??? Pas de fusion ??? Pfff. Allez bonne nuit à tous. La biz. Ciao. »

Et inquiétude plus grave encore chez François Lucas :
« Ce que je lis m'inquiète beaucoup. Tout ce blabla de campagne pour abandonner maintenant. »

Au fil des commentaires, une idée revient sans cesse : les appels au rassemblement martelés avant le premier tour se sont fracassés sur les logiques d’appareil, les ego, les rancœurs ou les désaccords de dernière minute.

F***y Feydn, très active dans les échanges, résume ce sentiment avec une formule qui revient presque comme un verdict citoyen :
« Constat : aucune union possible pour contrer la municipalité actuelle alors que c’était le mot d’ordre de chacun pendant la campagne. »

Elle ajoute, avec une ironie amère :
« Ça doit pas être si terrible cette équipe si personne n’arrive à faire un front commun. »

Olivier Deleu annonce le maintien de sa liste et charge Thomas Franceschini

La publication la plus structurée de cette séquence est venue d’Olivier Deleu, candidat de la liste Sauvons Noisy, qui a officialisé le maintien de sa liste au second tour « sans alliance ».

Dans son communiqué adressé « aux Noiséennes et Noiséens », il remercie d’abord ses électeurs :
« Merci aux 1.212 Noiséennes et Noiséens (soit 11,98 % des voix exprimées) qui nous ont fait confiance au premier tour. »

Puis il livre sa version des négociations.

Selon lui, après le premier tour, il a rencontré Morad Khetala et passé « les 48 heures suivantes » à négocier un accord large. Il affirme surtout qu’un accord aurait été trouvé, mardi 17 mars à 16h45, avec Thomas Franceschini, avant d’exploser dans la dernière ligne droite.

Deleu écrit :
« Un accord solide avait été trouvé, ce mardi à 16h45 avec Thomas Franceschini. »

Il affirme qu’une liste commune était alors constituée autour de Jean-Paul Lefebvre, Dref Mendaci, Karim Hamrani, Laurent Rivoire et lui-même. Mais il ajoute ensuite :
« Dans la violence, cet accord a volé en éclats avant 17h. »

Et va plus loin encore, en mettant directement en cause Thomas Franceschini :
« Thomas Franceschini a cédé à la pression physiquement violente de certains de ses collaborateurs et colistiers. »

Puis :
« C’est pourquoi, au dernier moment, il s’est allié avec la liste PS et la liste macroniste. »

Enfin, il conclut en l’accusant d’avoir pris la responsabilité politique de la division :
« Alors que l’ensemble des listes d'opposition compte près de 55% des voix, M. Francischini a pris l'écrasante responsabilité de la division. »

Ces propos sont particulièrement lourds. Ils expriment une version très offensive des tractations de l’entre-deux-tours. Mais à ce stade, Le Journal de Noisy-le-Sec ne peut que constater qu’il s’agit de déclarations publiques publiées par Olivier Deleu sur Facebook. Les faits allégués — notamment les références à une « pression physiquement violente », à des humiliations, à des menaces et à des exclusions — ne sont pas établis par des éléments indépendants dans les contenus qui nous ont été transmis.

Des proches de Deleu enfoncent le clou

Dans les commentaires, certains proches ou soutiens d’Olivier Deleu reprennent et amplifient cette lecture.

Isabelle Deleu écrit ainsi :
« Thomas francechini a choisit de faire gagner le maire sortant par son absence de courage vis a vis de ses collaborateurs en humiliant Morad Khetala, Dref Mendaci, Karim Hamrani et en menaçant jean-paul Lefebvre et Laurent Rivoire. »

Elle poursuit :
« Olivier Deleu etait pret a laisser sa place pour contribuer a faire battre le maire sortant mais les sbires qui entourent le candidat UDI en ont décidé autrement. Pauvre Noisy. »

Là encore, le niveau d’accusation est très élevé, mais il faut le rappeler avec clarté : ce sont des propos tenus sur Facebook par une commentatrice, et non des faits établis par une enquête indépendante.

Les commentaires qui suivent montrent d’ailleurs immédiatement que ce récit est contesté, interrogé, ou accueilli avec scepticisme.

France Expresso réagit brièvement :
« les noms de ces sbires SVP »

De son côté, F***y Feydn oppose une autre logique, plus sèchement stratégique que militante :
« il y a aussi la solution de se désister si vraiment vous vouliez laisser moins de chances au maire sortant »

Autrement dit : si l’objectif était réellement d’empêcher la réélection d’Olivier Sarrabeyrouse, pourquoi maintenir coûte que coûte une liste autonome ?

Morad Khetala, ou la figure de la constance selon certains commentateurs

Dans les échanges, Morad Khetala apparaît comme la figure de celui qui aurait gardé une ligne claire, même si les appréciations diffèrent.

Nora La Msirdiya écrit :
« Ah du coup il a pris exemple sur Morad Khetala en avançant seul alors .. Voilà ce que j aime sur le candidat Khetala droit dans ses baskets. »

Mais cette lecture est contestée par d’autres. Laurent Rivoire, par exemple, affirme que Khetala a lui aussi négocié jusqu’à la dernière minute :
« pour votre information, morad Khetala a cherché à négocier jusqu’à mardi après midi. Mais obtenant pas tout ce qu il souhaitait, il a déposé sa liste du premier tour. »

Cette phrase est importante, car elle contredit l’idée d’une position totalement figée dès le départ. Elle suggère au contraire que les discussions ont été réelles, mais qu’elles se sont heurtées à des lignes rouges, à des demandes incompatibles ou à l’impossibilité de construire une hiérarchie acceptable pour tous.

Le même Laurent Rivoire insiste d’ailleurs sur la confusion finale :
« 3 listes d opposition avaient passé les 10% et pouvaient se maintenir. Deux ont passé un accord et étaient sur le point de fusionner. Et puis… on retrouve des listes en dessous de 10% réapparaître. »

Cette remarque semble viser l’irruption ou le retour dans les tractations de listes qui ne pouvaient pas se maintenir seules, mais pouvaient participer à une fusion. Elle montre à quel point l’architecture même de l’accord a pu devenir instable dans les dernières heures.

Far Yem plaide la complexité et refuse les boucs émissaires

Parmi les commentaires les plus développés, celui de Far Yem mérite une attention particulière car il tente de sortir du réflexe accusatoire pour décrire la complexité des négociations.

À F***y Feydn, qui dénonçait une logique du « chacun pour soi », Far Yem répond d’abord :
« se désister était une possibilité mais relève d'une autre logique pas du tout de faire barrage au maire sortant. Je ne te suis pas là. »

Puis, dans un long commentaire publié plus t**d, elle développe une défense nuancée des têtes de liste engagées dans les tractations :
« ça c'est ce que j'appelle une vision partielle des choses. Il faut un verdict, un jugement mais sans jamais prendre en compte des différents éléments. »

Elle poursuit :
« Je suis anéantie par ce résultat et par le contexte de ces négociations... J'ai l'humilité de dire que des négociations ne sont jamais simples. »

Et encore :
« Il n'y a pas de victimisation la dedans. Juste des faits. »

Far Yem refuse explicitement qu’un seul responsable soit désigné à la vindicte publique :
« Il faut absolument une tête à poser au bout d'une pique. »

Elle rappelle aussi ce que signifie, selon elle, porter une liste dans une campagne municipale :
« C'est ça être tête de liste. C'est porter de lourdes responsabilités... Et sincèrement je n'aurai pas aimé être à leur place. »

Enfin, elle termine sur une note presque désabusée mais digne :
« Mon humanisme en a pris un coup mais l'Homme est ce qu'il est... »
et
« Bonne chance désormais à chaque candidat du second tour. »

Ce commentaire est précieux parce qu’il révèle autre chose que la seule colère : il montre aussi la fatigue humaine, la violence symbolique de la séquence, l’usure morale de celles et ceux qui se sont engagés, et la difficulté à arbitrer entre stratégie, fidélité aux colistiers, ambitions personnelles, convictions politiques et pression des électeurs.

Une séquence qui abîme la parole publique

Au-delà des responsabilités exactes, qui continueront sans doute à être discutées, cette séquence laisse déjà une trace politique : elle a abîmé la crédibilité du mot d’ordre d’union.

C’est ce que dit, de manière très directe, Damien Kerb Art :
« tout ça pour ça »
avant d’ajouter :
« de belles leçons pré-premier tour, et un éclatement en vol spectaculaire. »

Il reconnaît que fusionner quatre listes est sans doute difficile, mais estime que cette perspective aurait dû être pensée bien plus tôt :
« ça aurait du clairement être envisagé bien avant le premier tour... »

Même tonalité chez Clément Batifoulier, qui partage la frustration tout en défendant l’engagement des personnes impliquées :
« On aurait pu avoir une très belle dream team avec vraiment des colistiers tous très compétent dans leur domaine... »

En miroir, Magali Landrieu résume laconiquement le sentiment de dégradation générale :
« De pire en pire ces élections »

et plus t**d :
« Bon on va pouvoir aller dormir maintenant »

Deux phrases très simples, mais qui disent bien l’épuisement et le désenchantement provoqués par ce feuilleton.

Pendant ce temps, Olivier Sarrabeyrouse mobilise sans se mêler des tractations adverses

Tandis que l’opposition exposait publiquement ses fractures, Olivier Sarrabeyrouse et ses soutiens ont adopté une ligne beaucoup plus simple : célébrer la première place au premier tour, appeler à la mobilisation et cadrer le second tour comme un choix idéologique clair.

Sur sa page, on pouvait lire :
« 3 416 MERCIS ! Nous sommes en tête sur la ville. Le dimanche 22 mars on vote pour Noisy et contre le retour de la droite ! On continue, on lâche rien, on se mobilise. »

Autour de lui, les commentaires de soutien sont nombreux et convergents.

Jérémy Loiti écrit :
« la droite va faire des alliances de façade. la seule liste honnête et intègre pour noisy c'est Toujours Noisy avec Olivier Sarrabeyrouse »

Haciba Khelifi appelle à :
« Faire barrage à la droite ! Votez toujours Noisy ! »

Mourad El renchérit :
« Mobilisons nous et mobilisons un maximum autour de nous afin de faire barrage à la droite et la droite extrême. Vive la gauche unie ! La liste Toujours Noisy avec Olivier Sarrabeyrouse d’Olivier Sarrabeyrouse est la seule liste sérieuse et responsable. »

Le Parti Communiste Français de Noisy-le-Sec parle quant à lui de
« L’union de la gauche au service exclusif des Noiséennes et Noiséens »

Et Loïc Vénon appelle à aller chercher les abstentionnistes :
« dimanche prochain, mobilisons-nous encore davantage. Parlons-en autour de nous, convainquons celles et ceux qui se sont abstenus, et allons voter pour l’avenir de Noisy. »

Autrement dit, pendant que ses adversaires se disputent sur les conditions d’une union manquée, la majorité sortante cherche à transformer la confusion adverse en avantage politique.

Un débat qui révèle aussi un climat de défiance profond

Les commentaires Facebook ne parlent pas seulement d’alliances ratées. Ils donnent aussi à voir un climat politique local très tendu, fait de soupçons, d’amertume, de clashs personnels et de procès en duplicité.

Samira Buytendorp écrit ainsi :
« Malheureusement, la loyauté et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas des vertus, de certains politiciens de pacotilles. »

Puis :
« Notre collectif est sans étiquette (...) Une seule boussole Sauvons Noisy. La mauvaise nouvelle, tout le monde est perdant dans ce jeu de dupes. »

Nora La Msirdiya parle, elle, de
« stratégie hypocrite »

et conteste l’affirmation de certaines listes selon laquelle elles seraient « sans étiquette ».

Far Yem répond sur ce point :
« Nous n'avons aucune étiquette politique. On a demandé des explications au préfet qui a présenté ses excuses pour son erreur avant le 1er tour. »

Ces échanges montrent que les débats ne portent pas seulement sur les places, les fusions ou les têtes de liste. Ils portent aussi sur l’identité politique réelle des collectifs, sur leur sincérité, sur la manière dont ils se sont présentés aux électeurs, et sur le décalage entre l’image projetée et la réalité perçue.

Une quadrangulaire, mais surtout une bataille des récits

À ce stade, ce qui frappe le plus n’est peut-être pas seulement l’existence de quatre listes au second tour. C’est la guerre des récits qui l’accompagne.

Pour certains, Thomas Franceschini aurait fait échouer un accord presque finalisé.
Pour d’autres, Morad Khetala a négocié sans aller jusqu’au bout.
Pour d’autres encore, Olivier Deleu aurait pu se désister s’il plaçait vraiment l’objectif de battre le maire au-dessus du reste.
Et pour beaucoup de citoyens ordinaires, tout cela ressemble surtout à une démonstration d’impuissance collective.

Céline LLé pose d’ailleurs, avec sobriété, la question que se posent probablement beaucoup de Noiséens :
« Vous pouvez nous expliquer ce qu'il s'est passé ? C'est très confus. »

Oui, c’est confus. Et c’est précisément cela qui ressort de cette séquence : non pas une divergence idéologique nette et assumée, mais un enchevêtrement de tractations de dernière minute, de versions contradictoires, de frustrations personnelles, de soupçons de trahison et d’incompréhensions publiques.

Ce que cette séquence peut changer dimanche

Politiquement, la conséquence immédiate est simple : Olivier Sarrabeyrouse aborde le second tour dans une position favorable, non seulement parce qu’il est arrivé en tête au premier tour, mais aussi parce que ses adversaires donnent le spectacle de leur division.

Cela ne signifie pas pour autant que l’élection soit jouée. Une quadrangulaire reste un scrutin ouvert, surtout dans une ville où l’abstention a été élevée. Mais les oppositions ont incontestablement laissé passer l’occasion d’envoyer un signal clair de rassemblement.

La grande inconnue est désormais la réaction des électeurs :
vont-ils voter « utile » en se reportant massivement sur une liste jugée plus solide ?
vont-ils se démobiliser, écœurés par les tractations ?
ou vont-ils, au contraire, se mobiliser davantage par rejet du maire sortant ou par crainte de voir la ville lui être laissée sans combat commun ?

Une fin d’entre-deux-tours qui dit beaucoup de l’état de la vie politique locale

Au fond, la séquence que vient de vivre Noisy-le-Sec dépasse le seul enjeu des places sur une liste. Elle révèle une crise plus large de la confiance politique locale.

On y voit des candidats qui se disent prêts à l’union, mais n’y parviennent pas.
Des militants qui parlent de courage, puis dénoncent des humiliations.
Des citoyens qui appellent au rassemblement, puis constatent, amers, qu’« aucune union possible » n’a vu le jour.
Des soutiens qui parlent d’honneur.
D’autres de duplicité.
D’autres encore de « jeu de dupes ».

Et pendant ce temps, l’équipe sortante tente de transformer cette désagrégation adverse en démonstration de sérieux, de stabilité et de cohérence.

Dimanche 22 mars, les électeurs de Noisy-le-Sec ne trancheront donc pas seulement entre quatre listes. Ils trancheront aussi entre quatre récits de la ville, quatre manières de lire la crise actuelle, et une question devenue centrale dans cet entre-deux-tours chaotique : qui est aujourd’hui en capacité de gouverner Noisy-le-Sec sans se déchirer ?

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