23/08/2012
Les romans de Douglas Kennedy sont des édifices solidement construits : pas de longues descriptions de paysages, pas de questionnements métaphysiques. Tout est carré. A priori, on pourrait même penser que ce sont des polars traditionnels am
éricains. Pourtant, très vite, on se rend compte qu'au-delà de l'intrigue, il y a une analyse méticuleuse de la société américaine. Ses personnages ne sont pas des héros mais confrontés à des événements exceptionnels, ils osent prendre des décisions radicales.
"L'Homme qui voulait vivre sa vie" : c'est le brillant avocat qui, lorsqu'il découvre que sa femme le trompe, décide de tuer son rival, d'abandonner ses deux jeunes enfants, son métier, son confort, pour vivre sa vie.
"Quitter le monde" : la jeune et talentueuse universitaire qui, ne pouvant supporter la trahison de son conjoint et la mort de sa fille, quitte le monde.
"Les charmes discrets de la vie conjugale" : L'enseignante distinguée dont le passé tumultueux resurgit brusquement, qui n'a d'autre solution que de se résigner à vivre sans les charmes de la vie conjugale.
On est parfois obligé de cesser son existence pour continuer à vivre.
Dans "La Femme du Ve", Douglas Kennedy nous plonge dans une atmosphère surnaturelle inédite. Il nous laisse libre de penser la fin. C'est bien aussi.
Le dernier ouvrage que j'ai lu de D. Kennedy est le premier qu'il a écrit : "Au-delà des pyramides" (1988). Rédigé dans un style journalistique, le livre est "fatidiquement" en avance.