09/09/2026
KOSMOS – CAYAR OFFSHORE PROFOND : L’EX-DG DE PETROSEN CONTRE-ATTAQUE ET DÉFIE LE PM AL AMINOU LÔ
Accusé d’avoir signé un acte « illégal » avec Kosmos Energy et d’avoir fait perdre à l’État une importante compensation financière, l’ancien Directeur général de PETROSEN, Alioune Gueye, monte au créneau. Au lendemain de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, il livre sa version des faits, textes contractuels à l’appui, et pose une question qui pourrait relancer la polémique : où est la garantie maison mère de Kosmos prévue par le contrat ?
« Ndeysaan, le PM me reproche aujourd’hui d’avoir signé, en tant que Directeur général de PETROSEN, un acte “illégal” avec Kosmos. Les Sénégalais ont droit aux faits. Les voici, textes à l’appui. »
C’est par ces mots qu’Alioune Gueye répond aux accusations portées contre lui à la suite du retrait de Kosmos du bloc de Cayar Offshore Profond. Au cœur de la controverse : un accord signé le 22 avril 2026 entre PETROSEN et Kosmos, dans le cadre du départ conjoint de l’opérateur.
Pour l’ancien patron de PETROSEN, cet accord n’a entraîné aucune renonciation aux droits de l’État. Il s’appuie notamment sur sa clause 8, qui précise : « Pour éviter tout doute, cet accord ne porte préjudice à aucun droit de la République du Sénégal au titre du CRPP. »
Pour lui, le débat sur une éventuelle illégalité de sa signature repose donc sur une confusion. PETROSEN, soutient-il, n’ayant pas le pouvoir de renoncer aux droits de l’État, l’accord ne pouvait précisément pas emporter une telle renonciation.
Les 55 millions de dollars au cœur de la polémique
L’ex-DG s’attaque ensuite à la question d’une éventuelle compensation de 55 millions de dollars évoquée dans le débat. Selon lui, l’article 19 du Code pétrolier de 1998 ne fixe aucun montant forfaitaire. Il renvoie à l’indemnité prévue dans la convention pétrolière, calculée en fonction des travaux non exécutés.
Or, affirme Alioune Gueye, les obligations prévues au titre du contrat ont été exécutées. Il cite notamment trois forages — Teranga-1, Yakaar-1 et Yakaar-2 — ainsi qu’une campagne sismique 3D. Des opérations qui auraient représenté plus de 300 millions de dollars d’investissements, dont les données et actifs sont désormais propriété de l’État.
Sa conclusion est catégorique : « Aucune pénalité n’était due », non pas en raison d’une quelconque renonciation, mais parce que l’application du contrat ne générerait pas cette indemnité.
« Où est la garantie maison mère de Kosmos ? »
Alioune Gueye déplace surtout le débat vers un autre élément du CRPP : la garantie maison mère.
Il rappelle que l’article 7.8 prévoit qu’en cas de défaut de paiement d’une indemnité, l’État peut appeler la garantie prévue à l’article 7.10. Ce dernier impose, selon son interprétation, la fourniture d’une garantie maison mère irrévocable couvrant les obligations minimales de la période concernée.
L’ancien DG interpelle alors directement les autorités : « Où est la garantie maison mère de Kosmos, que l’article 7.10 du CRPP exigeait de fournir au Ministre lors de la prorogation de mars 2024 ? »
Pour lui, si cette garantie existe, l’État peut toujours la mobiliser puisque l’accord d’avril 2026 n’aurait nullement supprimé ce droit. Si elle n’existe pas, estime-t-il, le problème serait antérieur à sa signature et relèverait d’une diligence qui devait être accomplie dès 2024.
« Une victoire majeure » devenue polémique
Alioune Gueye rappelle enfin qu’au lendemain de la signature de l’accord, le retrait de Kosmos avait été présenté par le gouvernement lui-même comme une « victoire majeure », obtenue « sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal ».
Pour l’ancien responsable, les textes n’ont depuis lors pas changé : ni le Code pétrolier, ni le décret de 2024, ni le CRPP. Il considère donc que le retrait de Kosmos demeure une opération favorable à l’État : le bloc est récupéré, les données et actifs issus des investissements réalisés sont préservés et les droits du Sénégal sont, selon lui, expressément sauvegardés.
Alioune Gueye assume ainsi « entièrement » une signature dont il se dit « très fier ». Et conclut par une mise au défi : il affirme être prêt à s’en expliquer devant « toute institution de la République » qui souhaiterait l’entendre.