05/09/2026
Le préfet de la région Centre-Val de Loire a signé le 31 juillet l'arrêté portant désignation des zones vulnérables à la pollution par les nitrates d'origine agricole dans le bassin Loire-Bretagne. La liste des communes parue le 3 août exclut Berrien, Botmeur, Brasparts, Brennilis, La Feuillée, Huelgoat, Lopérec, Plouyé et Saint-Rivoal. 💧
« Cet arrêté va faciliter l'épandage dans les parcelles agricoles des monts d'Arrée, alors que ces communes sont en tête de bassin pour l'approvisionnement en eau potable du Finistère. Avec les élus des monts d'Arrée, nous avons tout bonnement été méprisés par les services de l'État », s'indigne la députée PS Mélanie Thomin.
« Personne n'a pris son téléphone pour appeler les élus du Finistère », poursuit la parlementaire dans une vidéo publiée vendredi sur sa page Facebook. Elle appelle les habitants à la mobilisation contre « une mesure de régression, symbole de la reprise de pouvoir de l'Etat sur la gestion locale de l'eau ».
Ce projet de révision avait stupéfait les membres de l'EPAGA - Bassin versant de l'Aulne et de l'Hyères. Dans une note révélée par « Splann ! » le 6 juin, son comité syndical s'alarmait d'une « mise en danger de la ressource au sein du château d’eau du Finistère ». Dix jours plus t**d, il avait rendu un avis défavorable à l'unanimité.
L'Autorité environnementale avait conforté la position des élus. Dans son avis, cette instance indépendante souligne le risque de « report d'épandages ou d'exportations d'effluents depuis des secteurs voisins plus contraints » qui « pourrait compromettre la poursuite des résultats significatifs obtenus ces dernières années ».
« La proposition de déclassement a suscité une forte opposition locale, notamment de la part de très nombreux particuliers, mais aussi d'élus, de syndicats de l'eau, d'associations et de certains agriculteurs », reconnaît la préfecture dans son bilan de la consultation. Plus de 90 % des contributions (293 au total) ont plaidé pour le maintien du classement.
À rebours de cette avalanche d'avis négatifs, la FDSEA du Finistère se félicitait d'avance d'une « première reconnaissance des efforts réalisés ». Contestant la méthodologie retenue, le syndicat d'exploitants majoritaire estimait même que « cette évolution demeure insuffisante ».
Après réexamen, la proposition initiale de l'État a été conservée. Raison invoquée : des valeurs en nitrates durablement inférieures aux seuils réglementaires dans les masses d'eau associées à ces communes.
« Ces communes feront l’objet d’une vigilance des services de l’État et d’un suivi par les acteurs du territoire, afin de s’assurer que ce déclassement n’induise pas une modification des pratiques défavorables à la qualité de l’eau. Un reclassement éventuel en cas de dégradation avérée sera toujours possible lors de la prochaine révision du zonage », indique la préfecture.
Pas de quoi rassurer les principaux concernés. Dans un courriel adressé aux membres du comité syndical, le président de l'Epaga, Gaël Calvar, dénonce un « passage en force ». « Nous étudions les voies de recours envisageables pour défendre la cohérence territoriale du bassin versant de l'Aulne », conclut le maire de Port-Launay.