24/03/2026
« Si Paris s’aperçoit un jour qu’on l’a joué, le revirement sera terrible. » (Journal du siège, madame Edgar Quinet, 12 novembre 1870)
18 mars 1871 : premier acte pour la Commune de Paris. Alerté par la présence de soldats « versaillais » venus prendre les canons assurant la défense de Montmartre contre les Prussiens, une partie du peuple de Paris se soulève.
Rien ne se passe comme l’a prévu Thiers. Dans la matinée du 18 mars 1871, les soldats finissent par se retourner contre le gouvernement français en exercice et fraternisent avec les Insurgés parisiens. L’historiographie traditionnelle considère que ce 18 mars 1871 constitue le jour où l’ensemble des classes laborieuses de droite et de gauche se soulève.
Leur objectif est le même : la classe bourgeoise qui vient de prendre le pouvoir en France, au prix de la perte à venir de l’Alsace Moselle entérinée deux mois plus tôt. Thiers tourne alors ses canons non pas contre les Prussiens avec lesquels il finalise la capitulation et la partition du pays, mais contre les Parisiens qui refusent de se coucher face à la Prusse.
C’est le début de la Commune de Paris, le siège durera deux mois. Mais ce mouvement, dépourvu de figure unitaire, est rapidement noyauté par les mouvements d’extrême-gauche et lâché dès le début par la haute société.
L’insurrection sera dès lors durement réprimée par la jeune République bourgeoise. La Commune de 1871 constitue le quatrième mouvement révolutionnaire que la France a connu depuis 1789.
A la différence des trois autres révolutions (1789, 1830 et 1848) la révolution de 1871 n’est pas chaperonnée par la haute bourgeoisie parisienne. Guidée par le peuple en personne, elle s’achèvera dans un bain de sang.
Illustration : Photographie de Communards, chinée sur alliancefrancaise
Pour aller plus loin : madame Edgar Quinet « Journal du siège », E. Dentu, libraire-éditeur, 1873, en libre accès sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64659897.texteImage
155 ans jour pour jour, 18 mars 1871.