10/06/2026
QUAND PROTEGER NOS ENFANTS CESSERA D’ÊTRE UNE OPTION.
C’est avec colère et effroi que nous avons appris la mort de Lyhanna, âgée de seulement 11 ans. Probablement assassinée par Jérôme Barrella, ce dernier a été placé en détention provisoire dans l’attente de l’instruction.
Les Français sont choqués. Les responsables politiques de tous bords se disent indignés. L’État reconnaît certaines erreurs. Mais qui fera revenir Lyhanna auprès de ses parents ?
Ne sommes-nous pas tous, collectivement, responsables lorsque nous fermons les yeux sur ce fléau qui détruit et tue des enfants chaque jour : l’inceste, les abus sexuels et les viols ? Toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles dans notre pays. Ces chiffres ne sont-ils pas suffisamment alarmants pour faire de cette question une priorité absolue ?
Lorsque les médias parlent d’insécurité parce qu’une voiture a été volée ou qu’une maison a été cambriolée dans un village de 500 habitants, ils consacrent parfois des heures d’antenne à ces faits divers. On s’empresse également de s’interroger sur l’origine des auteurs. Vous comprendrez que j’exagère volontairement le trait pour illustrer mon propos.
Plus récemment, l’affaire du périscolaire à Paris a révélé la suspension de 132 animateurs, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes. Mais dans quel pays vivons-nous ? Où est l’État depuis tant d’années ? Où sont les responsables politiques qui débattent quotidiennement de sujets parfois périphériques, mais qui peinent à faire de la protection de l’enfance une véritable priorité nationale ?
Le but de ce texte est simple : faire bouger les consciences et donner la parole aux enfants afin qu’ils soient entendus, écoutés et pris au sérieux. Il s’agit aussi de briser les silences qui entourent encore trop souvent l’inceste au sein des familles. Un enfant victime de violences sexuelles porte souvent des blessures qui l’accompagnent toute sa vie. Derrière chaque victime se cache une souffrance profonde dont les conséquences peuvent être immenses.
Je suis profondément indigné de voir l’État et une partie de la classe politique s’enfermer dans des logiques partisanes alors que l’urgence est ailleurs. En 2026, j’ai parfois le sentiment que l’on découvre soudainement l’horreur de l’inceste et de la pédophilie, alors que ces réalités existent depuis toujours. Pourtant, toutes les trois minutes, un enfant est victime de violences sexuelles sur notre territoire.
J’espère de tout cœur que le drame de Lyhanna contribuera à faire évoluer les choses. Où qu’elle soit aujourd’hui, j’espère que son départ ne restera pas vain et qu’il poussera nos dirigeants à agir avec efficacité et détermination. La protection de nos enfants doit devenir une priorité nationale. Il ne s’agit pas d’un sujet secondaire, mais d’un combat fondamental pour notre société.
Je parle avec émotion, car ces sujets me touchent profondément. J’ai lu de nombreux témoignages de victimes et j’ai parfois l’impression que certains préfèrent détourner le regard, comme si parler de ces drames risquait de les rendre réels. Pourtant, le silence protège les agresseurs, jamais les victimes.
Nous devons tous nous demander, à l’approche des prochaines échéances électorales, quels responsables politiques placeront réellement l’enfance au cœur de leur projet. Cela passe par des moyens renforcés pour la prévention, une meilleure prise en charge des victimes, une justice efficace et des sanctions fermes à l’encontre des auteurs.
Arrêtons de regarder ailleurs. Je n’aime pas hiérarchiser les sujets de société, mais comment expliquer que certaines polémiques occupent des jours entiers de débats médiatiques alors que les violences faites aux enfants, qui touchent notre pays quotidiennement, ne suscitent pas la même mobilisation collective ?
J’espère que le nom de Lyhanna ne rejoindra pas la longue liste de ceux que l’on pleure quelques jours avant de les oublier. Parce qu’au-delà des chiffres, des débats et des déclarations, il y avait une enfant. Une enfant qui avait des rêves, une famille, un avenir.
Pour elle. Pour toutes les autres victimes. Pour tous ceux qui n’ont jamais trouvé les mots pour parler.
Ne détournons plus les yeux.
✍️ K.O.
📸 IA