05/01/2026
PAROLE LIBRE - À Mayotte, la coiffeuse Sophie interpelle les députées et le préfet de Mayotte sur l’impasse de l’emploi
C’est sur sa page Facebook que Sophie Said Ali Houmadi, coiffeuse et entrepreneure mahoraise, a décidé de lancer un cri d’alerte. À la tête d’un salon à Mayotte, rue du Commerce à Mamoudzou, la jeune femme interpelle publiquement les deux députées de Mayotte et le préfet de Mayotte pour dénoncer une réalité qu’elle juge alarmante : la difficulté, pour les entrepreneurs, d’embaucher localement malgré l’existence d’une main-d’œuvre formée.
Malgré son engagement, elle se heurte aujourd’hui à une réalité qu’elle qualifie d’« impasse totale » : les jeunes diplômés formés sur l’île ne peuvent pas être légalement employés, tandis que la main-d’œuvre disponible se trouve souvent en situation irrégulière.
« Nous formons nos jeunes, ils sont qualifiés et motivés, mais une fois diplômés, l’accès à l’emploi leur est refusé », témoigne-t-elle. Une situation paradoxale qui pénalise à la fois les jeunes et les entrepreneurs : « On leur dit qu’ils sont formés mais qu’ils ne peuvent pas travailler, et à nous que nous devons embaucher sans en avoir la possibilité », résume-t-elle.
Selon elle, ces blocages administratifs empêchent les employeurs de recruter légalement sur le territoire, alors même que la main-d’œuvre existe. Une incohérence qui vide la formation professionnelle de son sens et fragilise durablement l’entrepreneuriat à Mayotte.
Les conséquences se font déjà sentir : des salons fonctionnant au ralenti, des entrepreneurs à bout de souffle, des jeunes diplômés condamnés à l’inactivité et une économie locale asphyxiée. « Comment s’étonner ensuite de la montée du travail au noir, de la précarité ou de la colère sociale ? », interroge-t-elle.
Sophie Said Ali Houmadi refuse que la responsabilité de cette situation soit portée par les jeunes ou les chefs d’entreprise. Elle parle d’une « violence institutionnelle » et appelle à une prise de conscience politique. Son message s’adresse directement aux deux députées de Mayotte, qu’elle exhorte à agir rapidement pour mettre en place des solutions concrètes et durables permettant d’embaucher légalement sur l’île.
Au-delà de la coiffure, l’entrepreneure souligne que ces difficultés touchent de nombreux secteurs, du bâtiment à la restauration en passant par les services. Elle appelle les entrepreneurs mahorais à témoigner et à se mobiliser collectivement pour faire entendre leurs voix.
« Je suis épuisée, mais je refuse de me taire », conclut Sophie Said Ali Houmadi, convaincue que ce combat dépasse son activité personnelle et engage l’avenir économique et social de Mayotte.
📷Sophie& Moi
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