03/04/2026
Tchad : Face à la canicule, le calvaire de l'électricité continue à N'Djaména
Alors que le thermomètre frôle des sommets insupportables en cette période de grande chaleur, les habitants de N'Djaména vivent un véritable enfer. Les coupures d'électricité, communément appelées délestage, s'enchaînent sans relâche, plongeant des quartiers entiers dans l'obscurité et la touffeur, parfois pendant de longues heures. Une situation qui dure depuis des années et qui, malgré les promesses répétées des autorités, ne semble trouver aucune issue.
Des promesses qui sonnent creux
Le problème n'est pas nouveau. Gouvernement après gouvernement, les Tchadiens ont entendu les mêmes discours rassurants : investissements dans le secteur de l'énergie, réformes de la Société Nationale d'Électricité (SNE) par TchadElec, nouveaux partenariats, projets de centrales électriques… Pourtant, sur le terrain, la réalité reste inchangée. Les délestages persistent, souvent sans calendrier ni préavis, laissant les populations dans une incertitude permanente.
Cette répétition de promesses non tenues a profondément érodé la confiance des Tchadiens envers leurs dirigeants sur cette question. Dans les marchés, les quartiers résidentiels comme dans les zones périphériques, le scepticisme est général : peu de citoyens croient encore à un redressement rapide de la situation.
La canicule aggrave une souffrance déjà insupportable
En temps normal, le délestage est déjà une épreuve difficile à supporter. Mais en période de canicule, il devient une urgence sanitaire et sociale. Sans ventilateurs ni climatiseurs, les personnes âgées, les nourrissons et les malades sont les plus exposés aux risques liés à la chaleur extrême. Les nuits sans courant sont longues, étouffantes et dangereuses.
Pour les commerçants et les petits entrepreneurs, chaque coupure est une perte sèche : denrées alimentaires avariées, équipements endommagés, activités paralysées. Les familles, elles, voient leur quotidien rythmé non plus par leurs besoins, mais par les caprices du réseau électrique.
Une jeunesse désabusée, une population à bout
« On nous promet la lumière depuis toujours, mais on vit toujours dans le noir », résume avec amertume un habitant du quartier Moursal. Cette phrase, anodine en apparence, dit tout du désespoir silencieux qui s'est installé dans le cœur des N'Djaménois.
Les réseaux sociaux tchadiens bouillonnent de témoignages et d'indignations. La jeunesse, connectée et lucide, n'hésite plus à interpeller publiquement les autorités, exigeant des actes concrets plutôt que des communiqués. Le fossé entre les discours officiels et la réalité vécue par les populations ne cesse de se creuser.
L'État doit agir, maintenant
Face à cette crise énergétique chronique, il est temps que les autorités tchadiennes passent des paroles aux actes. L'accès à l'électricité n'est pas un luxe : c'est un droit fondamental, un levier de développement économique et un impératif de dignité humaine. Un pays qui ambitionne la modernisation de son État ne peut continuer à laisser ses citoyens suffoquer dans l'obscurité.
Le gouvernement du Premier ministre Allah Maye Halina, fraîchement remanié, a désormais l'obligation de faire de la crise énergétique une priorité nationale absolue. Les Tchadiens ne demandent pas l'impossible. Ils demandent simplement la lumière.
La rédaction