17/08/2026
Il y a eu deux Routes du Rock la semaine dernière. D'abord le festival où la crème de l'indie mondiale a pu alterner entre les scènes et les genres, de Dry Cleaning à Smerz, de Baxter Dury à Moin, de Mogwai à Horsegirl.
Puis il y eut le samedi, complet depuis des lustres, qui ne fut rien d'autre qu'une montée en puissance, presque une montée en tension, vers le concert de Fontaines D.C., dont la popularité reste sidérante. En ligne, cela se compte en nombre de likes à chaque post sur leurs réseaux sociaux. À Saint-Malo, par la flopée de tee-shirts à l'effigie du groupe irlandais, du premier au dernier rang.
On ne peut plus rien faire, c'est maintenant certain, pour les nostalgiques du quintette à peine sorti de l'adolescence qui défendait "Dogrel", son premier album, avec l'innocence des débuts (et qui leur avait valu de jouer en diurne en 2019, une autre époque).
Mais la discussion reste ouverte avec celles et ceux qui ont pris en pleine tête leur show de 2022 et leur évolution depuis : une machine de guerre rodée pour les grandes scènes, d'une puissance phénoménale, d'une précision ébouriffante, certes en bonne partie dépendante du charisme de son chanteur Grian Chatten, mais qui restent le produit d'un pur travail de groupe.
Le frontman nous semble avoir fait la paix avec l'idée d'être une rock star. Il se nourrit et nourrit à son tour la passion dévorante de son public. Il a abandonné le look débardeur sorti de la salle de muscu de 2022, quand il semblait se chercher un double pour supporter la pression qui s'accumulait sur le groupe. Il s'habille aujourd'hui comme un jeune homme de son âge et perfore l'époque de tout son être.
Fontaines D.C. nous réservait une surprise. Ce ne fut pas la confirmation du cinquième album (venue le lendemain sur les réseaux sociaux) mais un featuring de Kurt Vile. La set-list était assez équilibrée entre "Romance" (7 titres), "Skinty Fia" (5 titres), "Dogrel" (4), "A Hero's Death" (1) et deux inédits, "Marianne" et "Six Shots Morning".
On mentirait si on disait que ces deux titres nous ont totalement emportés. Ils confirment que les D.C., qui n'ont plus rien à prouver dans le milieu d'origine, celui du rock indé, entrent dans une phase de leur carrière gavée de pièges sur le plan créatif, puisque le monde est rempli d'auditeurs conquis d'avance. En attendant ce nouvel album, leur prestation a confirmé de façon claire, nette et percutante qu'ils n'avaient aucun rival en Europe sur la scène indé – et qu'il allait falloir se lever tôt pour leur contester ce statut.
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