21/09/2026
PRÉSIDENTIELLE: L’HEURE DES CHOIX
Qu'on le veuille ou non en cette rentrée, le sujet de l'élection présidentielle occupe tous les esprits. Certains disent que le moment sera "Historique". Aujourd'hui, nous laissons Jean-Michel Voyer ancien président du Hérisson qui va consacrer un livre aux hommes et femmes qui souhaitent gouverner la France, nous faire part de son analyse.
2/ Marine Le Pen :
Le 7 juillet 2026 la Cour d’Appel de Paris a fait preuve de plus de clémence à son égard que les premiers juges. C’est ainsi que la Cour a ramené la peine d’inéligibilité à 45 mois dont 30 avec sursis, ce qui lui permettra de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Il reste la question des mois de prison ferme mais comme elle s’est pourvue en cassation, l’exécution est suspendue jusqu’à la décision de la Cour de Cassation.
En tête dans les sondages, Madame Le Pen s’est d’ores déclarée candidate et a commencé sa campagne.
Est-ce elle où le parti qui recueille ce score car jusque-là, Jordan Bardella avait la même position.
Toujours est-il, qu’en permettant à Madame Le Pen de se présenter, les juges d’appel ont été inspirés car il est évident que pour les adversaires du Rassemblement National, la bataille aurait été bien plus compliquée face à son président.
Jordan Bardella est jeune, présente bien, récite avec application ses leçons, c’est la figure du gendre idéal, celle qui plaît au troisième âge, à une minorité des votants : c’est le Michel Drucker de la politique. Pardon Michel !
Et depuis qu’il courtise une jeune princesse : Sissi s’est introduite en politique !
A part dire qu’il n’a rien fait, même des études supérieures, ce qui est vrai, le jeune homme du 9.3 aurait été un sérieux candidat.
En l’état, c’est Marine Le Pen qui sera affrontée pour la quatrième fois.
Heureusement pour ses adversaires, c’est une candidate aux idées nouvelles qui se présente. Elle sera également la première présidente, si elle est élue, à avoir été condamnée avant d’exercer. Elle innove.
En 2013, l’inéligibilité c’était son cheval de bataille.
Elle souhaitait que des peines d’inéligibilité à vie soient prononcées contre les élus jugés coupables de détournements de fonds publics.
« Quand allons-nous tirer les leçons et effectivement mettre en place « l’interdiction de l’inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés à « l’occasion de leur mandat?". » se demandait la député européenne Le Pen en 2013.
Elle avait résolu son cas avant l’heure. Elle n’aurait pas pu se présenter mais elle pensait certainement à d’autres et pas à elle car, en 2013 elle détournait déjà des fonds.
Bardella lui-même, en novembre dernier, a dit : « une personne condamnée en justice ne peut pas se présenter sous l’étiquette Rassemblement National ». Peut-être croyait-il alors en une justice plus répressive ?
Les faits constitutifs de détournements de fonds ont été commis pendant 12 ans, de 2004 à 2016 par Madame Le Pen, élue, en charge de l’intérêt général et dont il est attendu une probité totale.
Un slogan de campagne lui est tout destiné : "Fais ce que je dis, pas ce que je fais."
Aujourd’hui, elle balaie d’un retour de main tout ce passé. La justice s’est trompée en condamnant une innocente. C’est un procès politique qui lui a été fait. Enfin peut-être plus en appel puisqu’elle pourra se présenter aux élections !
La justice s’est trompée, voilà tout.
Marine Le Pen ne trompé jamais, elle évolue.
Et sur tous les plans elle a évolué à tel point, que si ses électeurs sont toujours les mêmes, c’est une compagnie de girouettes qui la suit.
Pendant la campagne électorale de 2017 elle était très critique sur le système financier en place et sur l’euro.
Selon elle, il fallait revenir au franc et récupérer de Bruxelles la souveraineté monétaire. Le retour à la monnaie nationale permettait de retrouver une marge de manœuvre monétaire.
Elle envisageait même un référendum sur l’appartenance à l’Union Européenne si les négociations avec Bruxelles échouaient.
Puis entre les deux tours son discours est devenu beaucoup plus ambigu.
Tout changer pour mieux vivre bien sûr, mais il faut expliquer comment on y arrive sans danger. Et ça, c’était difficile pour la candidate surtout quand on n’est pas une économiste.
En 2019, Marine Le Pen a tout abandonné. Il n’est plus question de revenir à une monnaie nationale ni de quitter l’Europe.
Parallèlement elle a progressivement délaissé plusieurs marqueurs souverainistes très radicaux pour rendre le rassemblement national beaucoup plus acceptable.
Le Front National c’est de l’histoire ancienne, elle a changé de tenue.
De même sur le plan international en 2017, elle avait une ligne très nettement anti atlantiste. Il fallait sortir du commandement militaire de l’OTAN, se rapprocher fortement de la Russie de Poutine avec lequel elle envisageait une véritable alliance, construire une France indépendante des USA et des structures supranationales.
Sa politique favorable à Poutine, elle l’a abandonnée quand celui-ci a envahi l’Ukraine.
Sur le plan international nous connaîtrons sa dernière version. Marine Le Pen a changé de doctrine budgétaire comme de doctrine européenne.
Elle a beaucoup normalisé des discours pour apparaître plus comme une présidente potentielle qu’une candidate de rupture.
C’est ainsi que vis-à-vis de la dette elle va :
- Réduire fortement les dépenses publiques
- Maîtriser le déficit
- Instaurer une règle d’or budgétaire
- Réduire progressivement l’endettement
- Ne pas augmenter massivement les impôts
Mais paradoxalement, elle reste favorable à l’intervention de l’Etat et à certaines dépenses sociales tout en réduisant drastiquement les dépenses publiques.
Par contre, ses vieux démons restent les mêmes. Elle ne changera jamais, ils sont ses gênes. Et sur ce plan, ses adversaires et les médias lui facilitent la tâche puisqu’ils ne lui parlent que de ça !
Parlez-lui d’économie, d’Europe, d’industrie et d’armée pour réellement éclairer ses électeurs sur son réel potentiel.