17/12/2025
Commerce : les chiffres de la discorde
Depuis plusieurs jours, la vacance commerciale du centre-ville de Nancy agite les forces politiques locales. La raison ? Une profonde divergence sur le taux. Ce dernier, selon l’INSEE, désigne le pourcentage de locaux commerciaux non exploités parmi toutes les infrastructures pour une durée indéterminée dans une ville donnée.
Ces derniers jours, Areski Sadi, l’adjoint au maire de Nancy en charge de la dynamique commerciale, s’est épanché dans les médias en diffusant un taux de 8,5 % pour 2025. « On est encore en dessous de la moyenne nationale qui est de 9 % », ajoutait-il. A voir le nombre croissant de rideaux baissés au centre-ville, on peut en douter mais ce « n’est qu’une impression », complétait l’élu. D’où tire-t-il ces données ? « Un chiffre municipal interne qui se base sur les données en cours de consolidation pour l’année écoulée », affirme-t-on dans l’entourage de Mathieu Klein. Un peu bancal non ?
En revanche, le 1er décembre dernier, la Fédération des acteurs du commerce dans les territoires (Fact), Sad Marketing et Codata ont publié une étude sur « Le commerce dans les villes à la veille des élections municipales » où ils ont étudié l’évolution commerciale dans 355 villes françaises jusqu’en 2024. Interrogé par nos soins, Christophe Noël, délégué général de la Fact, répond. « D’après nos études avec Codata, le taux de vacance à Nancy est passé de 8,8 % en 2019 à 12,9 % en 2024. S’il faut prendre en compte les travaux de ces dernières années, un bon de 4 points pour une ville de la dimension de Nancy, c’est tout à fait exceptionnel. Aucune ville n’a le même résultat dans notre étude », reconnaît-il, en précisant que la moyenne nationale s’élève à 10,85 % en 2024.
A l’approche de la trêve des confiseurs, Areski Sadi va-t-il manger son chapeau ? Ou a-t-il déjà les yeux rivés vers ailleurs ? Son annonce à plusieurs commerçants de ne pas être au rendez-vous de mars 2026 est-elle une justification qu’il a, lui aussi, tiré le rideau ?