24/06/2026
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐎𝐰𝐨𝐧𝐚, 𝐥𝐞 𝐟𝐞𝐮 𝐩è𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐭𝐡𝐢𝐚𝐬 𝐄𝐫𝐢𝐜 𝐎𝐰𝐨𝐧𝐚 𝐍𝐠𝐮𝐢𝐧𝐢, 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐚𝐢𝐭 𝐫𝐚𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐒𝐚𝐦𝐮𝐞𝐥 𝐄𝐭𝐨'𝐨 𝐝𝐞 𝐥’é𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 !
Après le naufrage de la coupe du monde 2014 au Brésil ; l'ancien président du comité de la normalisation de la Fecafoot, Joseph Owona, écrit un rapport confidentiel qu’il adresse au premier ministre.
« Sur le terrain de l’indiscipline, Samuel Eto’o Fils se taille la part du lion dans le rapport du président du Comité de normalisation. D’entrée de jeu, Owona observe que l’indiscipline du capitaine des Lions Indomptables ne date pas de la seule période du Mondial. Que des griefs avaient déjà été relevés contre lui par ses coéquipiers et par les membres du staff technique.
S’agissant précisément de la période de la Coupe du monde, une litanie de récriminations pèse sur le joueur, selon le président du Comité de normalisation de la Fécafoot : « L’incitation à la révolte des autres joueurs ; la manipulation de certains joueurs, dont Jean II Makoun ; l’extorsion des fonds aux joueurs (2 millions par joueur), soi-disant pour redistribuer à ceux des membres du staff n’ayant pas reçu les mêmes montants que les autres ; le refus de se faire photographier pour les accréditations à l’arrivée de la délégation au Brésil en violation des directives de la Fifa, prétextant qu’il a déjà participé à plusieurs Coupes du monde ;
l’annonce aux médias de son indisponibilité à jouer le match contre la Croatie malgré l’injonction à lui faite par l’entraîneur sélectionneur d’attendre le rapport du staff médical ; l’instrumentalisation et le financement de certains médias (Mboafootball.com, Radio sport infos et autres) en vue de la diffamation des membres du Comité de normalisation et des responsables du ministère des Sports et de l’Education physique ; le débauchage du Team Press Officer et d’un membre du Comité de normalisation, M. David N’Hanack Tonye qui se sont mués en secrétariat personnel de M. Samuel Eto’o Fils; rédigeant ses correspondances adressées au Minsep, à la Fecafoot et au peuple camerounais » […]
27 août 2014. Par un Tweet lapidaire, Samuel Eto’o Fils annonce qu’il met un terme à sa carrière internationale[...]
Autant dire que le footballeur le plus emblématique du Cameroun et d’Afrique, dont le palmarès et les états de service sont plus qu’élogieux, sort par un petit trou de souris. Ecarté par le sélectionneur Volker Finke pour les matchs de qualification de la Coupe d’Afrique des nations 2015, déchu de son brassard de capitaine par un arrêté du ministre des Sports et alors qu’un costaud dossier disciplinaire était en préparation contre lui à la Fédération Camerounaise de football, on doit à la vérité de dire que celui qui annonçait urbi et orbi qu’il jouerait la Coupe du monde 2018 avant même d’avoir joué celle de 2014, n’a pas claqué la porte. On la lui a fermée. Brutalement. L’icône a été désacralisée.
Dans le rôle de bourreau tombeur de Samuel Eto’o Fils qui jusque-là apparaissait intouchable, le très rugueux Joseph Owona, le président du Comité de normalisation de la Fécafoot.
En témoigne cette proposition confidentielle faites plusieurs semaines plus tôt au Premier ministre et au président de la République : « Pour ce qui est de l’indiscipline caractérisée teintée de défiance de certains joueurs et particulièrement du capitaine Samuel Eto’o Fils vis-à-vis de l’autorité publique et des autorités fédérales, nous suggérons que le capitanat lui soit retiré, suivi d’une radiation pure et simple de l’équipe nationale avec d’autres meneurs patents, ainsi que des mesures disciplinaires adéquates contre les actes d’anti-jeu et de corruption. »
Pitoyable fin que celle de ce joueur qui, depuis au moins quatre ans, avait cessé d’être footballeur pour se consacrer à des intrigues de vestiaires, rêvant de devenir le libérateur d’un football camerounais géré à la petite semaine par la Fécafoot et le ministère des Sports. Combat ô combien noble. Soit.
Mais difficile à porter par le narcissique impénitent qu’est Eto’o. A force de se contempler le nombril, il n’a pas vu qu’il fonçait droit dans le mur, qu’il courait à toute vitesse vers sa propre perte.
Dans les colonnes du quotidien Mutations, un billet cinglant exprime une espèce de ras-le-bol contre le capitaine des Lions Indomptables. Pendant quatre ans de règne, il a cristallisé des crises et autres conflits autour de l’équipe, sans pour autant apporter des victoires de taille.
«Personne n’a vu venir le séisme, écrit Mutations . La seule certitude que l’on avait est cet adage espagnol :“Il n’y a pas de mal qui dure cent ans. “ Marchand d’influence devant le Créateur, Samuel Eto’o avait transformé l’équipe fanion de foot en une véritable abbaye de Thélème, un bo**el où tout est permis, sauf le foot. Primes revendiquées à hue et à dia, drapeau national rejeté, sélection sur brancard, etc.
« C’est toute honte bue que le top one des buteurs de toute l’histoire de la Can a annoncé sa retraite internationale après avoir appris sa non sélection par Volker Finke. Rarement il avait subi ça depuis sa fulgurante carrière.
Signe des temps ou poisse ? L’un et l’autre. Hors de lui, point de salut ! Qui ignore qu’en partant au Mondial brésilien, l’homme à l’ego immense comme le Pacifique traînait déjà une histoire de sexe avec une ravissante hôtesse de l’air de chez nous ?
Sans doute, le désormais ex capitaine des Lions avait-il oublié qu’il ne faut jamais sous-estimer les ressources d’une femme insatisfaite. Et que le mélange foot/muqueuse peut devenir glissant et surtout… explosif !» Les fans de Samuel Eto’o, quant à eux, sont inconsolables.
A 33 ans (officiel), beaucoup espéraient encore compter sur son immense talent. A contrario, le président du Comité de normalisation de la Fécafoot, Joseph Owona s’en réjouit, lui qui, au plus fort de la « nuisance » du capitaine déclara : « Les Lions Indomptables ont existé avant Eto’o et ils existeront après lui. »
Finke, pour sa part, a remporté haut la main le combat qui l’opposait au meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale de football du Cameroun (56 buts), coupable à ses yeux d’avoir empoisonné ses vestiaires pendant la foireuse campagne brésilienne »
Extrait de l'ouvrage : « La tragédie des lions indomptables » de Jean-Bruno Tagne