23/06/2026
*LâinsĂ©curitĂ© Ă Kinshasa serait-elle créée par le magistrats corrompus?*
Pendant des annĂ©es, les habitants de plusieurs zones pĂ©riphĂ©riques de Kinshasa, assistent impuissants, Ă ce qu'ils dĂ©crivent comme une prise de contrĂŽle progressive de leurs terres et une insĂ©curitĂ© permanente. *Au centre du dossier actuellement: une concession de 172 hectares Ă Manzanza, Ndjili Brasserie, dans la commune de Nsele.* Elle serait attribuĂ©e sur la base d'un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel dont l'authenticitĂ© est aujourd'hui fortement contestĂ©e, Ă un certain Fulani Stanilas. LâarrĂȘtĂ© serait signĂ© par lâancien ministre des affaires fonciĂšres, *Monsieur AimĂ© Sakombi Molendo.*
Notre enquĂȘte, menĂ©e auprĂšs d'habitants, de sources administratives et de documents consultĂ©s dans le cadre de ce dossier, rĂ©vĂšle les contours d'une affaire oĂč se mĂȘlent conflit foncier, soupçons de corruption de grande envergure, pressions sur les communautĂ©s locales et accusations d'abus de pouvoir des magistrats du parquet de Matete sur la quatriĂšme rue Ă Limete ainsi que la complicitĂ© dâune haute autoritĂ© de lâauditorat de la Gombe. On citerait pour lâauditorat, lâavocat gĂ©nĂ©ral de la Gombe.
*Un document qui soulĂšve de nombreuses questions*
Tout commence par un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel de 2024, censĂ© attribuer une vaste concession fonciĂšre Ă une personne fictive au nom de Fulani Stanislas. Selon plusieurs sources consultĂ©es, le document engloberait non seulement des terres agricoles, des fermes privĂ©es, mais Ă©galement, plusieurs villages habitĂ©s depuis des gĂ©nĂ©rations. La superficie de la concession concernĂ©e est Ă©quivalente Ă la moitiĂ© de la superficie de la commune de Lingwala.
TrĂšs rapidement, les voix s'Ă©lĂšvent pour dĂ©noncer des incohĂ©rences dans les rĂ©fĂ©rences administratives, les procĂ©dures d'attribution et le pĂ©rimĂštre concernĂ©. Des habitants affirment avoir dĂ©couvert avec stupĂ©faction que leurs maisons, leurs fermes et leurs lieux de vie se retrouvaient inclus dans une concession privĂ©e. Sans consultation prĂ©alable, les magistrats du parquet de Matete, ont ordonnĂ© lâexpropriation dâhabitants du pĂ©rimĂštre prĂ©citĂ©. Ceux-ci nâont jamais Ă©tĂ© convoquĂ©s au parquet alors quâils sont porteurs numĂ©ros cadastraux ou titres fonciers. Ce comportement barbare et arbitraire reflĂštent une mauvaise image de la justice.
Les meneurs de cette entreprise criminelles sĂ©vissent depuis plusieurs annĂ©es avec plusieurs documents diffĂ©rents. Ils ont commencĂ© Ă Kimwenza et maintenant, ils sont Ă Manzanza Ă Ndjili Brasserie. La police de Kinshasa a confirmĂ© quâelle connait le dossier depuis plus de quatre ans mais elle est impuissante face aux autoritĂ©s militaires et judiciaires complices.
*Trois arrestations, mais de nombreuses zones d'ombre*
L'affaire a connu un tournant avec l'interpellation de trois personnes prĂ©sentĂ©es par plusieurs sources comme des acteurs centraux du dossier. Les enquĂȘtes en cours cherchent Ă Ă©tablir leur rĂŽle exact dans la crĂ©ation, l'utilisation ou la diffusion du document contestĂ©.
Toutefois, ces arrestations ne semblent représenter qu'une partie d'un systÚme plus vaste dont les ramifications restent à éclaircir.
Dâun cĂŽtĂ©, la population de Ndjili Brasserie attend un procĂšs public Ă lâinstar des ennemis de la RĂ©publique. De lâautre cĂŽtĂ©, elle pressent la relaxe imminente de ces malfaiteurs qui ne se sont pas dĂ©courager. Au contraire, ils changent de tactique en utilisant les policiers pour terroriser et molester les habitants de cette vaste zone.
Des accusations visant des membres de plusieurs institutions
De nombreux tĂ©moignages recueillis au cours de notre enquĂȘte, Ă©voquent l'existence d'un rĂ©seau d'influence bĂ©nĂ©ficiant de relais dans diffĂ©rentes institutions.
Des habitants accusent certains responsables d'avoir facilité ou protégé des opérations contestées malgré les nombreuses alertes lancées et des plaintes par les communautés locales.
GrĂące Ă la perspicacitĂ© dâun auditeur de Matete, les trois meneurs ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s depuis le jeudi, 18.06.2026. lâauditeur risquerait de les relĂącher sans les traduire au tribunal. Certainement, il doit subir la pression des autoritĂ©s et de sa hiĂ©rarchie, complices de cette entreprise criminelle.
*Un climat de peur dans les villages*
Dans les localités concernées, les tensions sont palpables. Plusieurs habitants affirment vivre dans un climat d'insécurité marqué par des intimidations récurrentes.
Des familles disent avoir abandonnĂ© leurs domiciles par peur de reprĂ©sailles. D'autres Ă©voquent des menaces et des pressions visant les personnes qui contestent la validitĂ© de lâarrĂȘtĂ©.
« Les gens ont peur de parler publiquement », confie un habitant rencontrĂ© lors de notre enquĂȘte.
Les accusations les plus graves
Parmi les faits rapportés figurent également des allégations de violences ayant entraßné des pertes en vies humaines. Plusieurs témoins affirment que des hommes armés opérant dans la zone seraient impliqués dans des incidents graves.
Ces affirmations n'ont pas encore fait l'objet de conclusions judiciaires définitives mais elles alimentent les appels à un procÚs public.
Tous les habitants de Ndjili Brasserie et de Kimwenza, réclament que toute la lumiÚre soit faite sur ces événements et que les responsabilités éventuelles soient établies conformément à la loi.
*Le silence qui interroge*
Malgré l'ampleur des accusations et les tensions persistantes sur le terrain, de nombreux habitants déplorent l'absence de réponses publiques claires.
Pour les communautés concernées, la question dépasse désormais le simple litige foncier. Elle touche à la capacité des institutions à protéger les citoyens, à garantir la sécurité des populations et à faire respecter la loi de maniÚre équitable.
Alors que les investigations se poursuivent, les habitants continuent d'attendre des rĂ©ponses sur l'origine du document contestĂ©, sur les Ă©ventuels soutiens dont auraient bĂ©nĂ©ficiĂ© ses promoteurs et sur les responsabilitĂ©s de chacun dans une affaire devenue emblĂ©matique de corruption avĂ©rĂ©e et dâinsĂ©curitĂ© dans la ville province de Kinshasa.