15/10/2026
𝐒𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 : 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐧𝐭𝐨̂𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐑𝐚𝐭𝐬𝐢𝐫𝐚𝐤𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐥𝐞 𝐬𝐨𝐧 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝟏𝟗𝟕𝟓 𝐚𝐮 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐑𝐚𝐧𝐝𝐫𝐢𝐚𝐧𝐢𝐫𝐢𝐧𝐚
Le 14 octobre dernier à Antsohihy, notre cher colonel 𝐌𝐢𝐜𝐡𝐚𝐞̈𝐥 𝐑𝐚𝐧𝐝𝐫𝐢𝐚𝐧𝐢𝐫𝐢𝐧𝐚 nous a rejoué le grand opéra de la patrie menacée.
Un an jour pour jour après son installation au pouvoir, le voilà qui dénonce une 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.
Bailleurs étouffants, tuteurs étrangers indiscrets, écoles francophones trop francophones : 𝐥𝐚 𝐩𝐚𝐧𝐨𝐩𝐥𝐢𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐞 𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐢𝐞.
Rien de neuf sous le soleil : 𝐥𝐚 𝐫𝐡𝐞́𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐬𝐞́𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐦𝐢𝐜𝐫𝐨 𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞.
𝐃𝐢𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐑𝐚𝐭𝐬𝐢𝐫𝐚𝐤𝐚, 𝐬𝐨𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 !
À écouter notre militaire président, on croyait halluciner. Fermez les yeux, et vous entendez le 𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭-𝐀𝐦𝐢𝐫𝐚𝐥 𝐃𝐢𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐑𝐚𝐭𝐬𝐢𝐫𝐚𝐤𝐚 cracher ses diatribes de 1975 contre le 𝐧𝐞́𝐨𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞 et 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐦𝐞.
Même obsession pour l'autonomie, même bouc émissaire extérieur pour masquer les trous des caisses publiques.
Il ne manque plus à notre colonel qu’un petit 𝐋𝐢𝐯𝐫𝐞 𝐑𝐨𝐮𝐠𝐞 sous le bras, la promesse d’un paradis socialiste pour 2030, et la boucle sera définitivement bouclée. On prend les mêmes rancœurs, on change la date, et on réembobine la cassette.
𝐋’𝐢𝐧𝐧𝐨𝐜𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐣𝐨𝐮𝐞́𝐞 𝐝𝐮 𝐦𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭
Pendant que des groupuscules et partis d’opportunisme s’activent à bâtir le futur 𝐅𝐍𝐃𝐑 (Front National pour la Défense de la Révolution… ou de la Rénovation, choisissez votre étiquette), notre colonel prend l’air ingénu.
Il ne 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐦𝐩𝐞̂𝐜𝐡𝐞𝐫 les sympathisants de venir vers lui, jure-t-il la main sur le képi.
Allons, mon Colonel, à d’autres ! Cette posture du leader 𝐦𝐚𝐥𝐠𝐫𝐞́ 𝐥𝐮𝐢, poussé par une vague populaire téléguidée depuis ses propres bureaux, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐮 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀-𝐯𝐮. La ficelle est tellement grosse qu’elle en devient visible depuis l'espace.
𝐃𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐜𝐚𝐧𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐧 𝐠𝐮𝐢𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐛𝐢𝐥𝐚𝐧
Découvrir en 2026 que Madagascar dépend des financements extérieurs pour boucler ses fins de mois, 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐮 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐦𝐚𝐠𝐨𝐠𝐢𝐞 𝐨𝐮 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐦𝐧𝐞́𝐬𝐢𝐞.
Rendre hommage au président 𝐏𝐡𝐢𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭 𝐓𝐬𝐢𝐫𝐚𝐧𝐚𝐧𝐚 tout en débitant la prose anti-impérialiste de son rival 𝐃𝐢𝐝𝐢𝐞𝐫 𝐑𝐚𝐭𝐬𝐢𝐫𝐚𝐤𝐚 relève du pur acrobatisme politique.
Mais l'Histoire a de la mémoire et les Malgaches ont l'estomac vide : 𝐜𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐯𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐬𝐥𝐨𝐠𝐚𝐧𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐢𝐞́𝐜𝐞́𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐦𝐩𝐥𝐢𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐦𝐞́𝐧𝐚𝐠𝐞̀𝐫𝐞 𝐧𝐢 𝐧'𝐞́𝐭𝐞𝐢𝐧𝐝𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐥𝐞𝐬𝐭𝐚𝐠𝐞𝐬.