Le Monde du Ciné

Itinéraire Site Web Contacter l'entreprise

Le Monde du Ciné Fan d'actualités sur les spectacles musicaux, le théâtre, le cirque, le cinéma ? Bienvenue sur "Le Monde du Ciné" - www.lemondeducine.com www.lemondeducine.com

"Le Monde du Ciné" est un site web dédié à la culture. Vous pourrez retrouver le meilleur de l'actualité du spectacle vivant et du cinéma. En plus des dernières infos le plus souvent de la première fraîcheur, vous retrouverez critiques, interview... Alors, on LIKE ?

12/10/2026

🎭 𝗘́𝘃𝗲́𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝗧𝗵𝗲́𝗮̂𝘁𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗚𝘆𝗺𝗻𝗮𝘀𝗲 𝗮̀ 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗿 𝗱𝘂 𝟮𝟮 𝗷𝗮𝗻𝘃𝗶𝗲𝗿 𝟮𝟬𝟮𝟳 ✨

LAIDE ! L’incroyable histoire VRAIE de la « Femme la plus Laide du Monde » ! Un destin fascinant, inspiré de la vie de Mary Ann Bevan.
Une histoire bouleversante, qui va nous plonger dans un univers spectaculaire, où sont présents émotion, humour et fantaisie, dans le Londres de la fin du XIXème siècle… Le récit de vie d'une femme à qui tout sourit et dont l'existence va basculer...

🎶 Nouveau spectacle musical, écrit et mis en scène par Élodie Menant, Julien Salvia et Ludovic-Alexandre Vidal. Accompagné en live sur scène, 6 comédiens-interprètes, 30 personnages.

⭐ Costumes flamboyants, décors impressionnants et création musicale originale.

🎟️ Réservez vos places via le lien en BIO
---
Avec : Olivier Breitman, Maxime Guerville, Élodie Menant (Molière 2020 de la Révélation féminine), Julien Salvia, Daphné Schlosser et Harold Simon
---
Musiciens en Live : Karim Medjebeur et Romain Budin, en alternance
Dialogues : Élodie Menant
Musique : Julien Salvia
Paroles : Ludovic-Alexandre Vidal
Mise en scène : Élodie Menant, Julien Salvia et Ludovic-Alexandre Vidal
Orchestrations : Adam Jones
Chorégraphie : Gregory Garell
Décors : Antoine Milian
Costumes : Marie-Caroline Béhue
Lumières : Alban Sauvé
Sound Design : Vincent Debongnies
Mixage et programmation Orchestre : Mehdi Bourayou
Marionnettes : Laurent Huet et Einat Landais
Effets Spéciaux Maquillage : Florence Thonet et Anne Van Nyen
Maquillage : Loïc Lemay
Création affiche : Stéphane Kerrad KB Studios
---
Production : CINAPARTÉ, UNION LIVE, et ELOMENANTPROD

Sans doute, l'événement de la saison prochaine !!!
12/10/2026

Sans doute, l'événement de la saison prochaine !!!

Dalida n’a jamais disparu ✨

Sa voix, ses chansons et sa lumière continuent de traverser les générations.

À partir du 16 octobre 2027, DALIDA IN PARADISCO fera revivre sur scène la femme, l’artiste et l’icône dans une création musicale flamboyante imaginée et mise en scène par Thomas Jolly, avec le soutien officiel d’Orlando.

📍 Au Dôme de Paris, puis en tournée dans toute la France, Suisse et Belgique en 2028.

🎟️ Prévente exclusive le 13 octobre 2026 à 10h

Mise en vente générale le 14 octobre 2026 à 10h

Rendez-vous sur dalidainparadisco.com

Notre avis sur "Elles disent... l’Odyssée" actuellement au Théâtre le funambuleVincent MARBEAU nous avait proposé une ve...
10/10/2026

Notre avis sur "Elles disent... l’Odyssée" actuellement au Théâtre le funambule

Vincent MARBEAU nous avait proposé une version très réussie de Tom à la ferme. Il revient avec Elles disent… l’Odyssée de Jean-Luc Lagarce.

Ici, celui que l’on considère comme le tragédien de notre époque voit le genre tragique respecté. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que des figures féminines des grandes tragédies de Racine sont évoquées. Et des figures féminines, Elles disent… l’Odyssée n’en manque pas ! L’aventure mythologique et épique d’Ulysse est abordée ici davantage sous l’angle des femmes : celles qui ont traversé sa vie. Autour d’elles et d’Ulysse, Télémaque en se rangeant du cpoté de la seule figure parentale qu’il ait connue.

Pour marquer la différence des points de vue, le metteur en scène a choisi de dissocier les costumes. Les personnages portent des tuniques antiques, tandis qu’Ulysse est vêtu de manière contemporaine. Ce parti pris ne vise pas seulement à opposer le regard des femmes à celui d’un homme (Ulysse et, par extension, Homère), mais aussi à mettre en relief une société patriarcale dans laquelle les héros sont trop souvent des hommes depuis toujours et encore maintenant.

Par ailleurs, la mise en scène mise énormément sur les regards, bien plus que sur les gestes. Ceux-ci sont rares, ce qui leur confère une intensité particulière et une véritable force expressive. Chaque regard semble porteur d’une intention précise, au service du message défendu, et invite à la réflexion. L’ironie de la situation est, quant à elle, savamment dosée.

Et puis, cet écho entre Pénélope et Calypso, toutes deux bafouées, quelle scène !

Enfin, le texte est porté par une diction parfaite. Si bien dit qu’on croirait entendre des vers. La pièce se donne à entendre comme un classique, à la manière de la Comédie-Française, la prétention et les chichis en moins.

Au final, Vincent MARBEAU signe une proposition aussi élégante que pertinente, qui déplace le regard et redonne voix à celles que l’épopée a trop souvent mis de côté. En faisant entendre ces femmes, leurs blessures et leurs contradictions, le spectacle nous invite à relire le mythe d’Ulysse autrement. Une manière subtile de rappeler que derrière les grandes aventures des héros se cachent aussi des histoires de femmes qui méritent, elles aussi, d’être racontées.

Coup de coeur pour "Garçon" actuellement au Théâtre des MathurinsEnfant, tout notre entourage nous conditionne : « Pourq...
05/10/2026

Coup de coeur pour "Garçon" actuellement au Théâtre des Mathurins

Enfant, tout notre entourage nous conditionne : « Pourquoi tu pleures ? Tu n’es pas une fille. » Dans nos premières années, on ne connaît pourtant qu’une manière d’exprimer nos émotions : en pleurant. C’est exactement autour de cette idée : pleurer, c’est mal et ce n’est pas mâle que Samuel CERTENAIS, à mi-chemin entre un rugbyman et Paul MESCAL, va se confier à cœur ouvert.

Entouré d’abord de lampes bleues, d’un banc de musculation et d’un ballon de football, Samuel n’enlève pas le vernis autour du mythe : il en met d’épaisses couches, bien brillantes. Samuel laisse la place à la grâce et à la délicatesse. On a vu des pièces sur la masculinité, mais celle-ci nous cueille complètement ; n’ayons pas peur de le dire : jusqu’aux larmes.

Envolés, les diktats de l’homme hétérosexuel occidental : Samuel ose tout et se fout de ce que cela peut bien faire à son entourage. Il décide de vivre pour lui et non pour satisfaire le regard des autres. Une belle manière de dire : « C’est à prendre ou à laisser. » Avec une question : « Le genre influence-t-il le comportement ? », l’intelligente introspection dépasse le personnage et vient nous chercher, nous aussi. C’est de la psychologie sans prise de tête, parce qu’elle est aussi drôle que touchante. On ouvre les yeux sur le fait que les stéréotypes de genre ne concernent pas uniquement le sexe féminin : ils nous affaiblissent tous.

Le texte jongle entre des sujets fédérateurs, comme l’amour, et d’autres malheureusement beaucoup moins fédérateurs, comme le consentement, ou même des sujets carrément tabous, comme le plaisir a**l masculin.

Avec tout ça, on réfrène une envie : se précipiter sur scène pour lui faire un câlin. Pas une accolade de « bonhomme », un vrai câlin viril et tendre. Et pourtant, ce spectacle n’est pas pour les fragiles.

Notons que, lors des saluts, quelques personnes ne participent pas à la standing ovation, des femmes en majorité. Les clichés résistent encore, y compris chez elles, mais le combat ne fait que commencer.

Une belle claque donnée comme une caresse.

Notre avis sur "Les oubliées de Londres" actuellement au Palais des glaces Passé le confort pour le moins spartiate du P...
03/10/2026

Notre avis sur "Les oubliées de Londres" actuellement au Palais des glaces

Passé le confort pour le moins spartiate du Palais des Glaces, on découvre un spectacle qui fait un choix dramaturgique particulièrement intéressant : plutôt que de s’att**der sur la figure de Jack l’Éventreur, Alexandra Bialy choisit de replacer au centre celles que l’Histoire a trop souvent reléguées à l’arrière-plan : ses victimes.

Et ce changement de perspective n’est pas qu’un simple parti pris. Il modifie profondément notre façon d’aborder cette histoire pourtant maintes fois racontée. Ici, l’assassin n’est finalement pas le personnage principal. Ce sont ces femmes, leurs existences, leurs difficultés, leurs espoirs et leurs fragilités qui occupent l’espace. On connaît l’issue qui les attend et, pourtant, cela ne diminue en rien la tension. Bien au contraire : cette connaissance transforme chaque déplacement, chaque rencontre et chaque moment d’attente en menace potentielle. On reste sur le qui-vive avec elles.

Le texte réussit par ailleurs à faire résonner cette histoire ancienne avec des préoccupations toujours actuelles. Sans chercher à plaquer artificiellement notre époque sur celle du Londres victorien, l’écriture crée des échos suffisamment parlants pour que le propos dépasse le simple récit historique. Et parce que le spectacle ne s’enferme pas dans une atmosphère constamment sombre, quelques touches d’humour viennent régulièrement desserrer l’étau. Elles sont bienvenues, d’autant qu’elles arrivent sans casser la tension installée.

Le rythme participe largement à cette sensation de danger permanent. Les scènes s’enchaînent avec suffisamment d’énergie pour ne jamais laisser retomber complètement la vigilance du spectateur. On avance avec cette impression que quelque chose peut basculer à tout instant. La musique accompagne efficacement ce mouvement.

La mise en scène réserve elle aussi son lot de surprises. La scénographie, loin de chercher la démesure, multiplie les idées et les détournements astucieux. Certains éléments prennent ainsi une fonction inattendue et participent pleinement au récit. Les trouvailles visuelles ne sont donc pas de simples effets : elles servent l’action.

Et tout cela le moindre écran, d’une projection permanente ou d’une intelligence artificielle. Oui, oui, c’est encore possible !

Les oubliées de Londres va ainsi à l’essentiel, sans sacrifier ni l’atmosphère ni la dimension humaine de son récit. Alexandra BIALY s’appuie sur une écriture efficace, un rythme maîtrisé et une mise en scène pleine d’astuces pour proposer une autre façon de regarder l’une des affaires criminelles les plus célèbres de l’Histoire.

Et surtout, en choisissant de faire entendre celles dont on a longtemps surtout retenu la mort, le spectacle leur rend, le temps d’une représentation, quelque chose de précieux : une place au premier plan.

Coup de coeur pour "Déni" actuellement au Théâtre de Paris La pièce démarre, rideau fermé, avec une adresse au public pa...
28/09/2026

Coup de coeur pour "Déni" actuellement au Théâtre de Paris

La pièce démarre, rideau fermé, avec une adresse au public par Alix. À cet instant, on est déjà complètement attaché à cette troublante Alix. Son interprète, Salomé VILLIERS, a su en un rien de temps créer un lien, une complicité avec l’assistance. Une proximité presque immédiate qui nous donne envie de suivre cette jeune femme, de comprendre ce qui l’habite et surtout de nous laisser surprendre par elle.

Puis le rideau s’ouvre sur un décor en trompe-l’œil jouant avec les perspectives forcées, magnifié par un travail particulièrement soigné sur la lumière. L’espace devient alors un véritable partenaire du récit. Il attire le regard et participe pleinement à l’atmosphère de la pièce. La musique de Thomas GENDRONNEAU vient parfaire le tout. Par ailleurs, lumière et musique s’accordent à renforcer la tension.

Plusieurs fois, au cours de Déni, on est fortement secoué. La pièce a ce « je ne sais quoi » qui vient nous perturber, qui s’installe en nous sans que l’on puisse toujours mettre immédiatement des mots dessus. Un lien affectif invisible se crée. Quelque chose de presque instinctif, de profondément humain. On est tantôt attendri, tantôt chamboulé, parfois même un peu désarmé face à ce que l’on ressent.

Pour cela, l’ensemble des comédiens y est pour beaucoup. Il se forme un véritable passage de relais invisible entre eux et nous : chaque émotion rendue par l’un d’eux, lorsqu’elle est portée avec justesse et vérité, nous atteint et finit par devenir la nôtre. C’est sans doute l’une des grandes réussites de la pièce : ne pas simplement nous raconter une histoire, mais parvenir à nous faire éprouver quelque chose.

Pour couronner le tout, on admire le fait que le sujet ait été documenté avec sérieux. Déni ne s’aventure pas dans un domaine au hasard, simplement pour nous faire chavirer le cœur et l’esprit. Il y a derrière ce que l’on voit sur scène un véritable travail de recherche, qui donne au propos une profondeur supplémentaire et permet à l’émotion de s’appuyer sur quelque chose de concret.

Alors on ressort de Déni, encore un peu groggy, mais rassasié d’émotions. Avec cette sensation étrange d’avoir été bousculé sans avoir forcément vu venir le coup. Et peut-être est-ce justement là que la pièce trouve sa force : dans ce qu’elle continue de faire résonner en nous une fois le rideau retombé.

Notre avis sur "Le sens de l'humour" actuellement au Théâtre Antoine Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? C’est...
26/09/2026

Notre avis sur "Le sens de l'humour" actuellement au Théâtre Antoine

Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire ? C’est finalement la question qui traverse Le Sens de l’humour, une pièce qui s’amuse à explorer ce qui se cache derrière nos rires, nos convenances et surtout nos petites hypocrisies.

L’ouverture propose un exposé sur le rire qui met en appétit bien mieux des apéritifs Lidl. Dès les premières minutes, le ton est donné. On entre dans cette histoire avec l’impression que le rire va être étudié sous toutes ses coutures selon l’appréciation de chacun, avant que la théorie ne laisse progressivement place à une mécanique théâtrale beaucoup plus piquante.

Visuellement, le spectacle fonctionne très bien. Le décor est moderne et graphique, qui accompagne efficacement l’action sans chercher à lui voler la vedette. Les costumes offrent aux personnages une personnalité. Bon, c’est du VUILLERMOZ, il est toujours aussi bon l’animal : les silhouettes participent pleinement à la caractérisation des personnages et donnent immédiatement quelques clés sur leur tempérament.

La pièce bien construite repose sur une mécanique qui devient progressivement de plus en plus précise. Même si on en saisit rapidement le principe, on se fait avoir quelquefois. Et c’est justement là que le spectacle trouve une partie de son plaisir : on croit avoir compris où l’on va, puis un détail, une réplique ou une situation vient déplacer légèrement le curseur.

Les dialogues sont particulièrement savoureux. Entre les sous-entendus caustiques qu’on adore et les piques méchantes et drôles, les personnages ne s’épargnent pas vraiment. On sent une volonté de pousser les échanges jusqu’à cette frontière où la plaisanterie commence à devenir révélatrice. C’est tranchant à souhait et souvent gratuit.

L’utilisation du comique de répétition fonctionne également très bien. Une situation, une phrase ou un comportement revient, se transforme et finit par prendre une autre dimension. Le rire naît alors autant de l’attente que de la surprise.

Et puis il y a la manipulation. Celle des personnages, bien sûr, mais aussi celle du spectateur. On nous donne certaines informations, on nous laisse tirer nos propres conclusions et, petit à petit, on comprend que chacun joue peut-être un rôle dans cette partie qui se déroule sous nos yeux.

La pièce s’amuse aussi avec le théâtre lui-même, avec quelques situations de mise en abîme sans tomber faire tomber le quatrième mur. Cela permet de créer un petit décalage supplémentaire sans casser complètement l’illusion. Ironie maîtrisée, dialogues affûtés et situations qui prennent progressivement de l’ampleur : le spectacle devient de plus en plus drôle à mesure que la pièce défile.

Et forcément, les rapports entre les personnages finissent par se tendre. Jusqu’à un moment où tous les coups sont permis. C’est là que les apparences commencent réellement à se fissurer et que l’on découvre ce que chacun est prêt à dire, à cacher ou à utiliser pour parvenir à ses fins.

Le Sens de l’humour avance donc sur cette ligne assez réjouissante entre vérité et convenance. On rit des personnages, de leurs réactions, de leurs contradictions… tout en se demandant parfois si l’on ne reconnaît pas, dans certaines situations, quelques travers bien humains.

Une pièce qui joue avec nos attentes, qui sait être mordante sans perdre son sens du spectacle et qui nous rappelle finalement que le sens de l’humour dépend peut-être surtout de ce que l’on accepte d’entendre.

Notre avis sur "Téléphone-moi" actuellement au Théâtre Saint-GeorgesLa première chose qui nous attrape, ce sont ces troi...
24/09/2026

Notre avis sur "Téléphone-moi" actuellement au Théâtre Saint-Georges

La première chose qui nous attrape, ce sont ces trois cabines téléphoniques, plantées sur scène comme trois petites machines à remonter le temps. Trois modèles, trois décennies, trois espaces clos qui vont pourtant permettre au récit de circuler d’une époque à l’autre. Elles sont à la fois décors, refuges, prisons et confessionnals. C’est là que les personnages se retrouvent, s’aiment, mentent, se cherchent et tentent, tant bien que mal, de joindre ceux qui leur manquent.

Avec Téléphone-moi, Jean-Christophe Dollé construit une fresque familiale qui se dévoile par fragments. Trois histoires semblent d’abord avancer en parallèle, chacune avec ses propres blessures et ses propres secrets, avant que les fils ne commencent progressivement à se rejoindre. Le spectateur est alors placé dans la position d’un interlocuteur privilégié : il écoute, observe, devine ce qui n’est pas dit et recompose peu à peu les morceaux d’une histoire familiale marquée par les silences, les absences et les blessures qui se transmettent d’une génération à l’autre.

La scénographie accompagne cette construction avec une remarquable intelligence. Elle sait être spectaculaire sans jamais prendre le pas sur les personnages. Les changements d’époque, les mouvements, les jeux de lumière et les effets scéniques installent une atmosphère parfois sombre, parfois presque irréelle. Car malgré la gravité des destins qui se jouent sous nos yeux, Téléphone-moi ménage des échappées de poésie et de féérie. La mise en scène ne cherche pas à embellir les blessures : elle leur donne un écrin suffisamment sensible pour que la lumière puisse encore passer.

Et puis il y a les comédiens. Tous sont remarquables, capables de faire exister en quelques secondes des personnages, des âges et des états émotionnels radicalement différents. Ils passent de la légèreté à la violence, de l’ironie à la détresse avec une précision qui donne au spectacle son intensité. Le dispositif, en les enfermant dans ces cabines, pourrait facilement les contraindre. Il fait exactement l’inverse : il concentre les regards, les corps et les voix, jusqu’à rendre chaque mouvement chargé de sens.

Le travail sonore est, à ce titre, particulièrement réussi. On a presque la sensation d’être enfermé avec eux dans la cabine. La voix ne semble pas simplement provenir d’un téléphone : elle acquiert cette résonance particulière, légèrement distante et métallique, , que les moins 20 ans ne peuvent pas connaître, qui nous ramène immédiatement à une époque où téléphoner signifiait encore s’isoler derrière quelques parois vitrées pour parler au monde. Le son devient alors une matière dramaturgique à part entière.

Et la musique vient frapper encore plus directement à la mémoire. De Nirvana à Casta Diva, en passant par Diane Tell, les morceaux ne sont jamais de simples illustrations. Ils font surgir des époques, des souvenirs, des sensations. Ils accompagnent les personnages autant qu’ils accompagnent notre propre mémoire. Certaines chansons semblent ouvrir une porte que l’on croyait oubliée. D’autres, au contraire, viennent créer une dissonance, une forme de distorsion qui traduit un malaise ou fait monter la tension. La musique ne souligne donc pas seulement l’action : elle travaille notre perception de la scène et nous place, nous aussi, dans un état d’écoute.

La lumière participe de cette mécanique. Elle fait de la rue un endroit presque irréel, un coin perdu dans la nuit où les cabines semblent flotter hors du temps. Elle isole, découpe, rapproche ou éloigne les personnages. Elle prolonge surtout cette sensation d’être dans un espace qui n’appartient jamais tout à fait au monde réel.

Mais c’est finalement le texte qui nous tient le plus fermement par le combiné.

Jean-Christophe Dollé a construit son récit comme un puzzle dont il refuse de nous donner immédiatement l’image complète. Chaque histoire apporte ses personnages, ses zones d’ombre et ses interrogations. Puis un détail répond à un autre. Une phrase résonne plusieurs scènes plus t**d. Une situation prend soudain un autre sens. Et ce qui semblait n’être qu’une succession de destins individuels finit par révéler une histoire commune.

Cette construction est d’autant plus efficace que le téléphone impose une forme d’incomplétude. Nous n’entendons pas toujours l’interlocuteur. Nous devons imaginer ses réponses, comprendre les silences, interpréter les réactions. Le téléphone devient alors le paradoxe central de la pièce : un objet conçu pour rapprocher les êtres qui ne cesse ici de rappeler la distance qui les sépare.

Les personnages sont ensemble sans véritablement se rencontrer. Ils parlent, mais ne se comprennent pas toujours. Ils cherchent à atteindre quelqu’un qui est ailleurs, parfois très loin, parfois juste de l’autre côté d’une vitre. Et cette absence de contact finit par contaminer jusqu’aux gestes les plus intimes. Même les baisers semblent porter en eux quelque chose d’empêché, comme si une fine paroi invisible continuait de séparer les corps.

Le spectacle fait ainsi du téléphone un véritable fil dramaturgique : les voix circulent, les époques se répondent et les destins se transmettent.

Tout cela est si bien construit qu’on pourrait encore en parler longtemps. Mais ce serait risquer de spoiler ce que le spectacle réussit précisément à nous faire vivre : le plaisir de découvrir, appel après appel, indice après indice, à qui l’on parle réellement.

Alors inutile d’en faire un bottin.

Décrochez. Entrez dans la cabine. Laissez la porte se refermer derrière vous… jusqu’aux larmes.

Et surtout, restez en ligne.

Car Téléphone-moi est de ces spectacles qui nous parlent longtemps après avoir raccroché.

Notre avis sur "Où vont les larmes quand elles sèchent" actuellement au Théâtre Lepic Dans le titre, une question, sans ...
23/09/2026

Notre avis sur "Où vont les larmes quand elles sèchent" actuellement au Théâtre Lepic

Dans le titre, une question, sans même un point d’interrogation. Comme une énigme laissée en suspens. Où vont donc les larmes lorsqu’elles ne coulent plus ? Pendant un peu plus d’une heure, Jean, médecin de famille, va tenter de répondre à cette question en auscultant moins ses patients que lui-même, à la recherche de ces perles d’eau qui, depuis longtemps, refusent de venir.

À l’instar d’Alric NEFRESOSKI dans L’Agonie d’Adonis, qui interrogeait « Où vont les rêves quand paraît l’aube ? », la pièce s’aventure du côté des secrets de l’âme. Mais ici, pas question de les approcher avec solennité. On les effleure avec humour, avec effronterie parfois, comme si le rire était le seul moyen d’oser regarder l’inavouable en face. Après tout, ne dit-on pas qu’il y a souvent un peu de vérité derrière un « Je rigole » ?

A dose de piques bien envoyées vers un quatrième mur brisé d’emblée, on écoute les petits tracas de la vie du médecin derrière lequel se cache un homme comme tout le monde avec ses doutes et ses excès. Et avec ça, il devient rapidement irrésistible sur tous les plans. De plus, on s’attache à chaque personne racontée par le médecin.

Car Jean n’est pas seul sur scène. À travers lui défile toute une galerie de patients, de vies cabossées, de destins minuscules en apparence mais qui, une fois racontés, prennent une ampleur considérable. Chaque rencontre devient un petit morceau d’existence. L’insondable est révélé à grand renforts d’anecdotes de petites choses qu’on a tous en tête. Ces petits riens qui nous agacent et nous émeuvent, dans le cas présent, font sourire parce qu’ils nous donnent aussi une impression de déjà vu.

Et c’est sans doute là que la pièce trouve sa plus belle justesse : dans cette capacité à faire surgir l’universel à partir du ba**l.

L’insondable se dévoile ainsi par petites touches, au détour d’une consultation, d’un souvenir ou d’une remarque apparemment anodine. Le grave ne s’installe jamais lourdement. Il avance à pas de velours, toujours accompagné d’une pointe d’humour qui empêche l’émotion de devenir pesante.

Et puis il y a Régis VALLÉE. Seul en scène, il donne l’impression d’avoir plusieurs vies à raconter et de manquer de temps pour toutes les faire exister. Sa parole fuse, déborde, s’emballe dans une formidable logorrhée, sans jamais donner le sentiment de chercher son chemin. Le débit est impressionnant, la précision redoutable !

La mise en scène de Léna BRÉBAN accompagne merveilleusement cette mécanique. Elle sait créer du mouvement là où l’on pourrait craindre l’immobilité du seul-en-scène et faire naître tout un monde autour de son comédien. Rien ne semble gratuit : chaque élément participe à cette impression que le cabinet de Jean est devenu une petite boîte à histoires, un endroit où les vies entrent, sortent, se croisent et laissent leur empreinte dans un fascinant bric à brac.

Mais la véritable prouesse est ailleurs : réussir à nous faire rire tout en nous conduisant, presque à notre insu, vers une émotion de plus en plus profonde.

On se retrouve au bord des larmes, juste là, à quelques millimètres de cette émotion que Jean cherche précisément à retrouver. Mais la larme ne tombe pas forcément. Elle reste suspendue. Comme si le spectacle nous faisait éprouver physiquement ce que traverse son personnage.

À force d’écouter Jean raconter les autres, on finit d’ailleurs par ne plus seulement le regarder : on devient lui. On écoute comme lui. On ressent comme lui. On porte, avec lui, un peu de toutes ces existences croisées en chemin. Ce regard sur le quotidien est beau et doux.

Et c’est peut-être pour cela que ce spectacle laisse une sensation aussi douce après le dernier mot. Parce qu’il parle de la maladie, de la mort, des blessures, des injustices et de la solitude sans jamais oublier que, même au milieu de tout cela, il reste la possibilité de rire, de s’émouvoir et surtout de regarder l’autre avec humanité.

Le mariage Léna BRÉBAN – Régis VALLÉE fonctionne une nouvelle fois à merveille et transforme cette histoire en un moment à la fois drôle, tendre, généreux et profondément humain.

Alors, où vont les larmes quand elles sèchent ?

Peut-être qu’elles ne disparaissent jamais vraiment. Peut-être qu’elles se cachent quelque part entre un rire, un souvenir, une histoire racontée et cette émotion qui nous attrape lorsque nous nous y attendons le moins.

Du rire, de l’émotion, de la tendresse, de l’humanité…

Du théâtre, en somme.

Notre avis sur "Run Away" à partir du 17 octobre 2026 au Jbk.C’est dans une ambiance feutrée que débute notre incursion ...
22/09/2026

Notre avis sur "Run Away" à partir du 17 octobre 2026 au Jbk.

C’est dans une ambiance feutrée que débute notre incursion au Pulse and Poison. Dès que l’on franchit les portes, l’univers du cabaret burlesque s’impose. Pas de pré-show à proprement parler : simplement une atmosphère travaillée, élégante et légèrement sulfureuse, qui donne immédiatement le sentiment de pénétrer dans un lieu à part, un club chic où quelque chose pourrait se tramer à chaque instant.

Et c’est justement là que Run Away réussit son premier pari : nous faire entrer dans son monde avant même que le spectacle ne commence.

Car ici, l’immersion ne se limite pas à la scène. La narration va au-delà du plateau, investit la salle et transforme le spectateur en témoin privilégié de l’histoire. Les regards, les déplacements, les apparitions et les interactions jouent avec la proximité. On ne regarde pas simplement un spectacle : on a parfois la sensation d’être assis dans le décor.

L’histoire est originale et, surtout, elle assume pleinement ses influences. Jérémy MARQUET, directeur artistique de Run Away, parle de voir grand. Et le rêve est effectivement à la hauteur de l’ambition. Si vous ne voyez pas immédiatement ce qui peut relier Moulin Rouge!, The Phantom of the Opera, Chicago, Burlesque, le Crazy Horse, mais aussi certaines icônes pop comme Lady Gaga ou Madonna, Run Away se chargera de vous montrer les passerelles.

L’objectif annoncé était de nous embarquer pour un voyage vers le West End. Promesse tenue.

Après une ouverture qui installe progressivement le suspense, le spectacle déploie tout l’attirail du cabaret : glamour, sensualité, extravagance et évidemment une bonne dose de sexy. Les artistes sont particulièrement mis en valeur par des costumes qui savent se faire spectaculaires, parfois très affriolants, et par une création lumière particulièrement réussie.

La lumière accompagne les personnages, souligne les corps, sculpte les tableaux et participe pleinement à la narration. On ne perd ainsi jamais vraiment de vue les protagonistes de cette histoire.

On aurait toutefois aimé que le personnage d’Etan bénéficie du même traitement que les femmes. À défaut de tomber la chemise, il aurait pu, lui aussi, profiter davantage de cette mise en valeur très assumée ! Après tout, Cam Gigandet n’apporte-t-il pas sa propre dose de provocation dans Burlesque ?

Mais ne boudons pas notre plaisir : les deux personnages principaux disposent d’un capital séduction parfaitement à la hauteur du projet. Et le dispositif immersif permet d’en apprécier chaque regard, chaque rapprochement et chaque tension.

Autre mérite de Run Away : tout le monde joue, danse et chante. Cette polyvalence apporte une véritable dynamique à l’ensemble. Les duos Etan/Luna sont d’ailleurs ceux qui nous ont le plus emportés, tant la complémentarité entre les deux personnages fonctionne.

On connaissait Jérémy MARQUET danseur. On découvre ici un chorégraphe particulièrement inspiré. Les chorégraphies de Run Away sont tout simplement dingues : nombreuses, variées, énergiques, mais aussi suffisamment différentes les unes des autres pour éviter l’impression de répétition.

Et puis il y a la musique. On ignorait les dispositions de Jérémy MARQUET pour la composition. Avec Abi BERNADOTH, il propose une partition qui refuse de se laisser enfermer dans un seul genre. Les influences passent de la country au R&B, avec des couleurs soul et une constante recherche de musicalité « smooth ». Cette diversité colle parfaitement à l’ambition du spectacle et à son envie de mélanger les univers.

Et lorsqu’une chanson continue de résonner dans votre tête deux jours après avoir quitté la salle, il faut bien reconnaître que quelque chose a fonctionné. Lumière en est le meilleur exemple : difficile de ne pas repartir avec quelques notes encore accrochées aux neurones.

La narration, enfin, se révèle particulièrement efficace. Elle possède une vraie dimension cinématographique, et cerise sur le gâteau, sans recourir au moindre écran. Les changements d’atmosphère sont accompagnés par des choix musicaux qui viennent renforcer l’émotion ou la tension. Le violoncelle, notamment, apporte par moments une couleur plus sombre et dramatique qui fonctionne à merveille.

C’est probablement là que réside l’une des forces de Run Away : le spectacle ne cherche pas seulement à aligner les numéros de danse, les chansons et les tableaux sexy. Il veut raconter quelque chose.

Et cette volonté de raconter, de créer un univers cohérent et de faire voyager le public donne à l’ensemble une véritable personnalité.

Alors on repart ?

Run Away est une belle nouveauté dans le paysage du spectacle vivant de Toulouse Métropole. Ambitieux, généreux, glamour et résolument immersif, le spectacle porte une vraie envie de proposer autre chose et de voir grand.

Il reste évidemment quelques ajustements techniques et non artistiques possibles mais il s’agissait d’une avant-première privée donc forcément, le meilleur reste à venir.

On ne peut donc que souhaiter à Run Away de poursuivre son chemin au-delà de Léguevin et, pourquoi pas, de traverser les frontières de la métropole pour aller se frotter à des scènes parisiennes. La Nouvelle Ève serait d’ailleurs un écrin particulièrement cohérent pour cet univers.

Car après avoir découvert le Pulse and Poison, une chose est certaine : on n’a pas très envie de s’enfuir de Run Away. On aurait plutôt envie d’y retourner.

Adresse

Paris

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Le Monde du Ciné publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à Le Monde du Ciné:

Raccourcis

Partager