14/09/2026
Le 14 septembre 1974, il y a 52 ans je commençais un apprentissage de quatre ans comme compositeur-typographe à l’imprimerie Reliure Maison Mame à Tours. J’avais seize ans.
Deux semaines après, nous prenions - quatre apprentis - notre carte à la CGT. Le délégué nous avait fait comprendre que c’était quasiment obligatoire.
Le mois suivant, je faisais parti des piquets de grève à cinq heures du matin, pour l’occupation de l’usine, tout en distribuant « La taupe rouge », journal de la LCR, à transmettre au rythme des espoirs d’une époque.
Deux ans après, nous fûmes obligés de passer notre CAP car le métier disparaissait. J’en sortis premier en technique dans tout le département d’Indre-et-Loire, et second en général.
Puis ce fut l’apprentissage de tous les savoirs : claviste monotypiste, imprimeur sur presse à essais, « noircisseur » de cello, claviste au km, correcteur sur monotype, metteur en page de bromures, « petite main » en sortie de chaîne de reliure…
Tout prendre, tout comprendre.
Cinq ans après, mesurant qu’un « BAC -3 et un BTS de fruits et légumes » ne m’ouvrirait jamais les portes des bureaux en blouse blanche, j’ai osé le grand saut.
Un concours à l’école Estienne, une démission, et me voilà montant à la capitale pour une année de promotion sociale. J’avais vingt-deux ans, ma femme en avait dix-huit.
En y repensant, c’est tout simplement cela, la marche des jours.
J’ai soixante-huit ans. La vie est une fête !
Philippe Fouchard
Le 14/09/2026