Parce que l’infamie régnait, et pour que les traîtres ne puissent plus nous anéantir, certains d’entre nous s’étaient tournés vers l’amour, la fermentation du corps à corps et le souffle saccadé par la beauté de ces mains, dont il ne savait plus à qui elles appartenaient. De l’acheminement spirituel, de l’acharnement à pousser bien plus loin les neurones dans leurs retranchements, le drapeau serré
, à en faire pleurer les mains. Les minis soldats, battant les plus acharnés de ‘la croix’, les incontrôlés régressifs, les dégénérés. Avec nos tenues sombres, laissant entrevoir nos bras inconscients et nos visages émaciés par les peintures de guerre, nous vociférions des mots imprononçables, le rouge aux dents, la peur aux lèvres. Nous respirions le calme avant l’étreinte, avant d’entamer la procession jusqu’à la transe, nous ne faisions que courir, airer dans ces champs géométriques sans nom, gesticuler avec grâce, nous croiser, s’ignorant les uns les autres, comme des étalons aveuglés. L’été deux mille quinze arrivait.