16/01/2020
« Pour l'instant, la chose la plus extraordinaire que j'ai faite en 2019 c'est d'avoir prêté serment. En prêtant serment, je suis devenue avocate spécialisée en droit des étrangers. Pour moi c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire parce que j'ai attendu ce moment pendant très longtemps. Au début, je me faisais beaucoup de soucis à l'idée de plaider au tribunal mais en réalité j'ai trouvé ça très agréable. C'est un moment à la fois fort et stimulant. Ça peut parfois être perturbant quand j'y trouve un sentiment galvanisant que je ne suis pas certaine de vouloir développer… mais au moins, je sais que, désormais, je suis capable de m'exprimer à voix haute, de me battre et de ne pas perdre mes moyens lorsque je défends une cause.
Au début, les affaires pour lesquelles j'ai dû intervenir portaient souvent sur des petits soucis du quotidien, des histoires de maison ou de construction… Ce ne sont pas des sujets qui me tiennent énormément à cœur mais pour débuter ma carrière d'avocate ça m'a justement aidée. C'était plus facile de plaider pour quelque chose en sachant qu'il n'y avait pas forcément la remise en question de toute une vie derrière. Quand il s'agit de plaider pour le droit d'un étranger, l'impact n'est absolument pas le même. Il n'y a généralement que deux solutions possibles : soit la personne va être régularisée sur le territoire et obtenir un titre de séjour, soit elle va être déclarée irrégulière et recevoir une obligation de quitter le pays. L'enjeu n'est pas le même pour un avocat, surtout lorsqu'il s'agit d'une personne réfugiée. »
Montpellier, France
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