31/12/2025
Aujourd’hui, la chaîne Game One s’éteint.
Et avec elle, toutes les chaînes issues de Paramount en France.
Pas parce qu’elles ne fonctionnent pas.
Pas parce qu’elles sont déficitaires.
Mais parce qu’elles ne rapportent pas assez.
Et ça, laisse un goût profondément amer.
Game One, ce n’était pas qu’une chaîne.
C’était une culture, une génération !
Une vision portée par des équipes de passionnés qui croyaient à ce qu’elles
diffusaient.
Pour beaucoup d’entre nous — et pour nombre de personnes qui ont fait vivre
cette antenne — c’est une affaire de cœur.
Revenir aux origines de Game One, c’est se souvenir d’une époque où l’on
créait par passion avant de penser uniquement en tableurs.
Revenir aux origines de Game One, c’est se souvenir de cette époque où la
chaîne a remis au goût du jour — et parfois fait découvrir — des
productions animées japonaises emblématiques comme Robotech, Neon Genesis Evangelion, Cowboy Bebop, Trigun ou Serial Experiments Lain.
À une époque où ce n’était ni tendance, ni “bankable”.
C’est aussi là que le jeu vidéo a trouvé ses lettres de noblesse.
Pour la première fois à la télévision, on en parlait sérieusement.
On le décortiquait, on l’analysait.
On le respectait comme une culture à part entière, pas comme un simple
divertissement.
Game One, ce sont les premières émissions dédiées au jeu vidéo, les premiers plateaux, les premiers débats, la mise en avant des compétitions bien avant que l’e-sport ne devienne un mot à la mode.
Et ce sont surtout des visages, des voix, des joueurs.
Pas des présentateurs formatés, mais des passionnés manette en main.
Des figures devenues cultes comme Marcus, Julien Tellouck, mais aussi Juliette, Alex Didou et tous les autres qui ont contribué à donner au jeu vidéo une crédibilité médiatique qu’il n’avait jamais eue jusque-là.
Aux côtés de passeurs de passion comme Asenka, Gen1us ou Kayane, ils ont fait de Game One un espace unique, exigeant, libre.
Pour Video In, cette disparition résonne aussi très personnellement.
C’est une page lourde qui se tourne : celle de nos premières productions de
publicité télé, de nos heures de création, d’ajustement, de rigueur, et de mise en conformité avec l’ARPP, garante de l’éthique et de la responsabilité des messages diffusés à l’antenne.
C’était exigeant.
C’était formateur.
C’était structurant.
C’était du vrai métier.
Alors oui, ce post est un adieu.
Mais aussi un constat amer.
Éteindre une chaîne bénéficiaire parce qu’elle n’est “pas assez rentable”,
c’est envoyer un signal brutal :
la passion, la culture, la transmission ne pèsent rien face aux ratios.
Game One, c’est une lumière culturelle qui s’éteint aujourd’hui.
Et j’espère sincèrement qu’il restera quelque part une étincelle, dans un autre format, un autre média, une autre aventure.
En tout cas, autour de moi, autour de Video In, cette étincelle vivra en nous.
Parce que certaines chaînes disparaissent.
Mais ce qu’elles ont transmis, personne ne pourra l’éteindre.