23/06/2026
Lens : Un jeune motard de 19 ans blessé après une interpellation, sa famille dénonce des violences policières
Dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin 2026, une intervention de police à Lens s'est terminée par la prise en charge médicale d'un jeune homme de 19 ans. Souffrant de graves fractures au crâne et au visage, le pronostic esthétique du blessé serait engagé. Selon sa famille, ces blessures résulteraient de coups de matraque portés lors de son interpellation. Les proches dénoncent un usage disproportionné de la force et le placement en garde à vue de la victime au commissariat malgré son état de santé.
Par la rédaction
Publié le 23 juin 2026
Une interpellation nocturne suscite la colère et l'incompréhension d'une famille lensoise. Aux alentours de 1 heure du matin, un contrôle routier a pris une tournure dramatique ruelle Vivien Foé, à proximité du stade Bollaert-Delelis de Lens. Au cœur de la polémique : les conditions dans lesquelles un jeune homme de 19 ans a été blessé et les modalités de sa prise en charge par les forces de l'ordre.
Un délit de fuite contesté par les proches
Les faits ont débuté dans la cité Neuf de Lens, où le jeune homme circulait à moto et sans casque. Aperçu par une patrouille, le conducteur aurait, selon les services de police, commis un délit de fuite.
Une version des faits que conteste vivement l'entourage du jeune homme. S'appuyant sur une vidéo de la course-poursuite, la sœur du conducteur affirme que les services de police auraient suivi le deux-roues dans l'obscurité, sans faire usage de leurs avertisseurs lumineux ni de leurs gyrophares. Selon elle, n'ayant pas de casque et aucun signal visuel distinctif derrière lui, son frère n'aurait pas eu conscience de l'ordre de s'arrêter.
Des coups de matraque évoqués par la famille
C'est dans la ruelle Vivien Foé que la situation a basculé. D'après le récit de la famille, deux fonctionnaires de police — un homme et une femme — se seraient positionnés de part et d'autre de la voie. Au passage du cyclomoteur, ils auraient fait usage de leurs matraques au niveau de la tête du conducteur pour le contraindre à s'arrêter, provoquant sa chute lourde.
Le bilan médical transmis par la famille fait état de traumatismes particulièrement lourds :
• Une double fracture de l'arcade sourcilière ayant nécessité 18 points de suture d'un côté et 3 points de l'autre.
• Une fracture de la calvaria (la voûte crânienne).
• Un important hématome à l'arrière de la tête, une dent cassée ainsi qu'une brûlure à la jambe consécutive à la chute.
« Mon frère va porter ces cicatrices toute sa vie, son visage est marqué à jamais », déplore sa sœur, qui craint des séquelles esthétiques irréversibles.
Une garde à vue au commissariat malgré les soins requis
Après l'interpellation, le jeune homme a d'abord été déposé à l'hôpital pour y recevoir de premiers soins d'urgence. Alors qu'un transfert vers le CHU de Lille était initialement envisagé en vue d'une intervention chirurgicale, le jeune homme a finalement été conduit au poste de police de Lens dès la fin de ses examens initiaux pour y être placé en garde à vue.
Les proches dénoncent fermement cette incarcération préventive qu'ils jugent prématurée et incompatible avec la continuité de son suivi médical. La famille affirme s'être heurtée à une fin de non-recevoir de la part du commissariat de Lens lors de leurs échanges téléphoniques :
« On nous a répondu que les examens n'étaient pas urgents, alors qu'il a un traitement lourd, une opération prévue et la nécessité de soins infirmiers quotidiens pour ses blessures », s'indigne sa sœur.
Déterminés à obtenir des explications, les proches de la victime ont annoncé leur intention de déposer une plainte officielle afin de dénoncer ce qu'ils qualifient d'abus de force. Ils demandent notamment que les enregistrements des caméras piétons des agents et les vidéos de surveillance de la zone soient saisis pour éclairer les circonstances exactes de cette interpellation. Contactées, les autorités policières locales n'ont pas encore communiqué leur version officielle des faits.
Article : Jessy Bouthors