10/09/2026
𝗝’𝗮𝗶 𝗱𝗲́𝗰𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗺𝗼𝗻 𝗺𝗮𝗿𝗶 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗺𝗼𝗶𝘀 𝟭𝟱𝟬 𝟬𝟬𝟬 𝗙 𝗮̀ 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗽𝗿𝗲𝘀𝗾𝘂𝗲 𝟯 𝗮𝗻𝘀. 𝗖𝗲 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘀𝗮 𝗺𝗮𝗶̂𝘁𝗿𝗲𝘀𝘀𝗲… 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝘃𝗲𝘂𝘃𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗺𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗮𝗺𝗶.
Je vous écris parce que depuis une semaine je ne sais même plus si j’ai le droit d’être fâchée.
Mon mari et moi sommes ensemble depuis 11 ans, mariés depuis 7 ans.
Nous avons deux enfants.
Il y a trois ans, son meilleur ami est décédé brutalement dans un accident sur la route de Kribi.
Cet homme était vraiment comme son frère.
Ils avaient grandi ensemble.
Quand il est mort, il a laissé une femme et trois enfants, dont le dernier avait à peine 2 ans.
Mon mari a énormément aidé pendant les obsèques.
Moi-même j’étais d’accord.
On a donné 500 000 F.
Il a payé certaines choses.
Après l’enterrement, il m’avait dit :
“Je vais essayer d’aider un peu les enfants quand je peux.”
Je lui avais répondu que c’était normal.
Pour moi, aider signifiait envoyer 20 000 ou 30 000 de temps en temps, payer une rentrée scolaire, acheter quelque chose aux enfants.
Je ne savais pas qu’il avait pris un engagement fixe.
La semaine dernière, mon mari m’a demandé de chercher une ancienne preuve de paiement dans son application Mobile Money.
C’est là que j’ai remarqué le même numéro qui revenait pratiquement chaque mois.
150 000 F.
150 000 F.
150 000 F.
Je remonte.
Encore.
Encore.
Pendant presque trois ans.
J’ai fait le calcul rapidement.
On est déjà au-dessus de 5 millions.
J’ai attendu qu’il rentre et je lui ai demandé qui était cette femme.
Il m’a immédiatement répondu.
C’était la v***e de son ami.
Je lui demande :
“Tu lui donnes 150 000 chaque mois ?”
Il me dit oui.
Je demande :
“Depuis quand ?”
Il répond :
“Depuis la mort de Serge.”
J’étais choquée.
Pas seulement par le montant.
Par le fait que pendant presque trois ans, mon mari avait un engagement financier mensuel important dont je ne savais absolument rien.
Je lui ai demandé pourquoi il me l’avait caché.
Il m’a répondu :
“Parce que je savais qu’un jour tu allais commencer à compter.”
Cette phrase m’a très mal prise.
Parce que justement, chez nous aussi on compte.
Nous ne sommes pas pauvres.
Mon mari gagne bien sa vie et moi aussi je travaille.
Mais nous avons un crédit.
Deux enfants.
Des projets.
Il y a quelques mois, je voulais qu’on change la voiture parce que la nôtre commence vraiment à nous fatiguer.
Il m’a dit :
“Pour le moment il faut éviter les dépenses inutiles.”
Quand j’ai voulu inscrire notre fils à une activité qui coûtait 35 000 F par mois, il trouvait ça trop cher.
Donc 35 000 pour notre enfant, on doit réfléchir.
Mais 150 000 chaque mois ailleurs, ça ne se discute même pas ?
Il s’est fâché.
Il m’a dit :
“Ne compare jamais mes enfants aux enfants d’un mort.”
J’ai répondu que justement, je ne les compare pas.
Je demande seulement pourquoi sa générosité envers cette famille doit être organisée dans le secret.
Et là il m’a raconté quelque chose que je ne savais pas.
Quelques semaines avant son accident, son ami et lui avaient eu une longue discussion.
Serge avait des problèmes dans son activité.
Il aurait dit à mon mari :
“Si un jour il m’arrive quelque chose, pardon ne laisse pas mes enfants souffrir.”
Mon mari lui aurait répondu :
“Tant que je suis vivant, tes enfants ne manqueront pas du minimum.”
Pour lui, c’était une promesse.
Et depuis la mort de son ami, il considère ces 150 000 comme une obligation.
Je peux comprendre ça.
Vraiment.
Mais le lendemain, j’ai appris autre chose.
J’ai appelé la v***e.
Je reconnais que je n’aurais peut-être pas dû.
Je voulais simplement savoir si elle considérait cet argent comme temporaire ou si ça devait continuer indéfiniment.
La femme a été très polie avec moi.
Elle m’a remerciée.
Puis elle m’a dit :
“Grande sœur, sans votre mari je ne sais pas comment j’aurais fait toutes ces années.”
Après quelques minutes, elle m’a expliqué que mon mari ne donne pas seulement les 150 000.
Il paie aussi directement la scolarité des deux plus grands.
L’année dernière, il a payé presque 700 000 F pour leurs frais et fournitures.
Ça aussi, je ne savais pas.
Quand j’ai confronté mon mari, il m’a dit :
“Oui. Et alors ?”
J’ai dit :
“Donc je suis ta femme mais je dois mener une enquête pour connaître une partie de tes charges ?”
Et là il a sorti la phrase qui a mis le feu :
“L’argent que je donne à la famille de Serge ne regarde personne. Même pas toi.”
Même pas moi.
Sa femme.
Depuis, je suis fâchée.
Et pourtant, plus je réfléchis, plus cette histoire me met mal à l’aise parce que je sais très bien comment les gens vont me regarder.
La femme jalouse des enfants d’un mort.
La femme qui veut empêcher son mari d’honorer la mémoire de son ami.
Ce n’est pas ça.
Je ne demande même pas qu’il arrête complètement.
Mais je pense qu’une promesse faite à un ami ne peut pas devenir une décision financière permanente dans notre mariage sans que j’aie mon mot à dire.
Mon mari dit que si Serge était vivant, il aurait fait exactement la même chose pour nos enfants.
Peut-être.
Sa mère aussi a pris son parti.
Elle m’a dit :
“Ma fille, tu devrais remercier Dieu d’avoir épousé un homme qui n’abandonne pas les enfants de son ami.”
Et je reconnais que quelque part, cette qualité chez lui me touche.
Mais hier j’ai posé une question à mon mari :
“Jusqu’à quand ?”
Il m’a répondu :
“Jusqu’à ce qu’ils soient capables de se débrouiller.”
Le dernier a 5 ans.
Donc potentiellement encore 15 ans ? 20 ans ?
Je lui ai demandé si, demain, nos finances deviennent difficiles, il diminuera cet argent.
Il a répondu :
“Je diminuerai d’autres choses avant.”
J’ai compris que même là-dessus, notre propre foyer ne passerait pas forcément en premier.
Je ne veux pas être cette femme qui oblige son mari à trahir une promesse faite à son meilleur ami décédé.
Mais je refuse aussi de découvrir dans dix ans que nous avons financé toute une famille en parallèle pendant que chaque fois que je proposais quelque chose pour notre propre maison, on me répondait qu’il fallait faire attention aux dépenses.
Est-ce que je suis égoïste de demander que cette aide soit désormais discutée et limitée avec moi… ou lorsqu’un homme a promis à son ami mourant de veiller sur ses enfants, sa femme doit simplement accepter qu’il tienne sa parole, même si ça dure encore 15 ans ?