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𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ‼️On savait que nos chroniques sur les absurdités du pays touchaient une corde sensible, mais...
12/03/2026

𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 ‼️

On savait que nos chroniques sur les absurdités du pays touchaient une corde sensible, mais les tentatives de piratage massives de ces derniers jours nous le confirment : on tape pile là où ça fait mal 🤔.

À ceux qui passent plus de temps à essayer de supprimer notre page qu’à essayer de régler les injustices qu’on dénonce : votre acharnement est notre plus belle décoration.

𝗦𝗶 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗶𝗲𝘇 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 "𝗯𝗮𝗿𝗿𝗲𝗿" 𝗱𝘂 𝗰𝗵𝗲𝗺𝗶𝗻, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗿𝗮𝘁é. 𝗢𝗻 𝗻𝗲 𝘀𝗲 𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗺é𝘁𝗵𝗼𝗱𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗯𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗴𝗮𝗺𝗺𝗲.

Vous n'aimez pas ce qu'on écrit ? Changez la réalité, pas le messager.

𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐑𝐚𝐤𝐨𝐭𝐨𝐧𝐝𝐫𝐚𝐦𝐢𝐡𝐚𝐦𝐢𝐧𝐚 : Audit, où es-tu ?Pendant que tout le monde s’excite sur des broutilles les buzz du jou...
28/02/2026

𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐑𝐚𝐤𝐨𝐭𝐨𝐧𝐝𝐫𝐚𝐦𝐢𝐡𝐚𝐦𝐢𝐧𝐚 : Audit, où es-tu ?

Pendant que tout le monde s’excite sur des broutilles les buzz du jour, les clashs inutiles, les débats stériles sur qui a dit quoi une question beaucoup plus simple, beaucoup plus sérieuse, et beaucoup plus embarrassante flotte dans l’air comme une odeur de dossier brûlé, 𝐨𝐮̀ 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞́ 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝’𝐚𝐮𝐝𝐢𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐢𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞 𝟑 𝐟𝐞́𝐯𝐫𝐢𝐞𝐫 ?

On nous avait vendu un grand moment de Refondation nationale, 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐭𝐞𝐬, 𝐦𝐞𝐧𝐞́𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐝𝐞 𝐃𝐢𝐞𝐮 𝐑𝐚𝐤𝐨𝐭𝐨𝐧𝐝𝐫𝐚𝐦𝐢𝐡𝐚𝐦𝐢𝐧𝐚 𝐞𝐧 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞, débarquant au Ministère de l’Économie et des Finances pour 90 jours de vérité, de transparence, de lumière divine sur les comptes publics. Une mission sacrée, presque biblique, 𝐐𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐮𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭… 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐮𝐝𝐠𝐞𝐭𝐬 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞𝐧𝐭.

𝐑𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 : la lumière est venue, mais les budgets, eux, ont préféré rester dans l’ombre.

Depuis le lancement officiel en novembre, on nous promettait un état des lieux 𝐞𝐱𝐡𝐚𝐮𝐬𝐭𝐢𝐟. Exhaustif, oui. Mais c’est surtout l’équipe qui a dû finir épuisée. Car pour auditer le MEF, il faut d’abord retrouver les archives égarées depuis trois régimes, comprendre les tableaux Excel écrits en dialecte administratif ancien, et surtout trouver quelqu’un qui accepte d’expliquer où est passé l’argent sans demander un transfert de poste le lendemain.

Le 3 février arrive. Le peuple attend. Les journalistes rafraîchissent leurs pages. Les économistes aiguisent leurs stylos. Les ministres changent de sujet. 𝐄𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 ? Toujours en mode 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭… 𝐯𝐞𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐳 𝐩𝐚𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫. À ce stade, on se demande si les 90 jours n’étaient pas en calendrier lunaire, ou en calendrier politique celui où les délais sont flexibles, extensibles, et parfois purement décoratifs.

La Refondation, elle, continue son spectacle. On annonce, on communique, on inaugure, on promet. C’est une série à suspense 𝐨𝐧 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧 𝟏 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐭𝐚𝐦𝐛𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐭𝐫𝐨𝐦𝐩𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬, 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐨𝐧 𝐨𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐮𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐩𝐢𝐬𝐨𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭𝐬. Le rapport d’audit est devenu un mythe, 𝐮𝐧 𝐏𝐨𝐤𝐞́𝐦𝐨𝐧 𝐥𝐞́𝐠𝐞𝐧𝐝𝐚𝐢𝐫𝐞 certains disent l’avoir aperçu dans un couloir du MEF, un soir de pluie, avant qu’il ne disparaisse dans un nuage de procédures.

Pendant que les citoyens se chamaillent sur des sujets sans importance, pendant que les réseaux sociaux s’enflamment pour des polémiques de 48 heures, pendant que les ministres posent devant des pancartes fraîchement vissées, le pays attend toujours le document censé révéler comment l’argent public a été géré. Peut‑être qu’il est trop explosif. Peut‑être trop vide. Peut‑être trop vrai. Peut‑être trop dangereux pour ceux qui l’ont commandé.

En attendant, la Refondation avance. 𝐒𝐚𝐧𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭. 𝐒𝐚𝐧𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐩𝐚𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞. 𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩, 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧.

𝐅𝐨𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫 : l’État cherche toujours la parcelle de véritéÀ Madagascar, on adore couper des rubans, inaugurer des maquettes...
27/02/2026

𝐅𝐨𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫 : l’État cherche toujours la parcelle de vérité

À Madagascar, on adore couper des rubans, inaugurer des maquettes, poser des premières pierres… et oublier le détail qui fâche, 𝐥𝐚 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐢𝐞𝐝𝐬. Le foncier, ce vieux feuilleton administratif où un terrain peut avoir trois propriétaires, quatre tampons, cinq litiges et zéro certitude. Pendant ce temps, les bidonvilles poussent plus vite que les discours, et les maisons en dur hésitent à naître, de peur d’être un jour 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐭𝐞́𝐞𝐬 à disparaître au nom d’un papier plus officiel qu’un autre.

On nous parle de villes nouvelles, de logements modernes, de plans bien dessinés sur papier glacé. Très bien. Mais sans sécurité foncière, tout cela ressemble à construire un château… sur un nuage. Qui va investir dans une maison solide si le sol lui-même est juridiquement en mode provisoire ? À quoi bon couler du béton si, demain, un arrêté, un litige ou un cousin lointain peut transformer votre salon en souvenir administratif ?

Il paraît donc qu’il faut revoir sérieusement le cadre et l’arsenal juridique de la loi foncière. Oui, sérieusement. Pas une retouche cosmétique, pas un atelier PowerPoint avec petits fours, 𝐧𝐨𝐧, une vraie chirurgie. 𝐒𝐢𝐦𝐩𝐥𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫, 𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐬𝐞𝐫, 𝐜𝐥𝐚𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫. Donner au citoyen un titre qui vaut quelque chose, pas un papier qui jaunit plus vite que la confiance publique. Parce qu’un Malgache sans terre construit des rêves. Un Malgache avec une terre sécurisée construit un avenir, des murs, un toit, un quartier, parfois même une rue avec des voisins qui arrêtent enfin de se regarder comme des adversaires cadastraux.

C’est donc l’autre gros chantier qu’on attend du ministre de l'Aménagement du territoire et des Affaires foncières, 𝐋𝐲𝐥𝐢𝐬𝐨𝐧 𝐑𝐞𝐧𝐞́ 𝐝𝐞 𝐑𝐨𝐥𝐚𝐧𝐝. Et quand on hérite d’un ministère XXL, il faut les épaules qui vont avec. Urbanisme, habitat, foncier, expropriations, manifestations, embouteillages, pénurie de logements, bidonvilles, villes nouvelles et migraines administratives en prime. Le pack complet, sans option confort.

C’est dur, mais c’est comme ça. Gouverner, ce n’est pas seulement couper des rubans, c’est aussi sécuriser la parcelle du citoyen anonyme, celle qui ne passe jamais à la télévision mais qui décide pourtant de tout 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐫 𝐨𝐮 𝐬𝐮𝐫𝐯𝐢𝐯𝐫𝐞, 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐫 𝐨𝐮 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞, 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐨𝐮 𝐫𝐞𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫. Le jour où la terre sera juridiquement solide, les maisons suivront. Et peut-être, miracle malgache, les bidonvilles commenceront enfin à perdre du terrain.

𝐄́𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐀𝐋𝐄 : 𝐋𝐀 𝐑𝐄𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄𝐍𝐂𝐄 𝐏𝐀𝐑 𝐋𝐄 𝐓𝐀𝐁𝐋𝐄𝐀𝐔 𝐍𝐎𝐈𝐑Le pays parle de refondation. Le mot est partout, dans...
26/02/2026

𝐄́𝐃𝐔𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐀𝐋𝐄 : 𝐋𝐀 𝐑𝐄𝐅𝐎𝐍𝐃𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄𝐍𝐂𝐄 𝐏𝐀𝐑 𝐋𝐄 𝐓𝐀𝐁𝐋𝐄𝐀𝐔 𝐍𝐎𝐈𝐑

Le pays parle de refondation. Le mot est partout, dans les discours, dans les promesses, dans les cérémonies. On refonde les institutions, on refonde l’économie, on refonde l’État. Très bien. Mais pendant que la République se refonde en théorie, l’école, elle, continue surtout de se dégrader en pratique.

Il fut un temps où l’enseignant était un fonctionnaire respecté. Puis il est devenu contractuel. Ensuite, majoritairement maître FRAM 𝐬𝐮𝐛𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞́, c’est-à-dire enseignant de la débrouille nationale. Aujourd’hui, innovation suprême, une subvention de quatre mois sur douze. Huit mois pour survivre, chercher un revenu, cultiver, bricoler, courir après la vie… et parfois, entre deux urgences, penser à la classe. On s’étonne ensuite que les cours soient moins préparés que les repas.

On nous parle aussi de réforme pédagogique, d’Approche Par les Compétences, de 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐢𝐭𝐞́ 𝐝’𝐚𝐩𝐩𝐫𝐞𝐧𝐭𝐢𝐬𝐬𝐚𝐠𝐞. Sur le papier, c’est moderne. Sur le terrain, c’est parfois une autre histoire, on fait passer les élèves pour faire passer les chiffres. Les notes montent, le niveau descend, et tout le monde fait semblant d’y croire. Les bailleurs sourient, les cahiers soupirent, et la connaissance devient optionnelle.

Dans certaines classes, la pédagogie est approximative, la formation insuffisante, et l’école ressemble davantage à un acte de courage qu’à une institution structurée. Le maître FRAM, souvent mal formé et mal payé, n’est pas le coupable : 𝐢𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐢𝐭 𝐝’𝐮𝐧 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐚 𝐫𝐞𝐦𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞́ 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐧𝐞́𝐜𝐞𝐬𝐬𝐢𝐭𝐞́. On lui a confié l’avenir des enfants sans lui donner les moyens de porter cette responsabilité.

Et pendant ce temps, une catégorie d’enseignants existe bel et bien, les 𝐂𝐀𝐏𝐄𝐍𝐢𝐞𝐧𝐬, formés à l’École Normale Supérieure, préparés au métier, outillés pour enseigner. Pourtant, ils restent trop souvent marginalisés, sous-classés, ou poussés vers des recrutements incohérents où le formé devient subalterne du moins formé. Une étrange logique où la qualification devient presque un handicap.

Si l’heure est vraiment à la refondation, alors commençons par l’essentiel. Une école ne se refonde pas avec des slogans, mais avec des enseignants formés, stables et dignement rémunérés. Continuer à bâtir le système sur la précarité généralisée, c’est refonder le sable, pas la nation.

Refonder l’éducation, ce serait peut-être simplement faire un choix clair : 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥’𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐫𝐞𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐢𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐚𝐮𝐱 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞́𝐬, 𝐬𝐨𝐫𝐭𝐢𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐮𝐫𝐯𝐢𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐦𝐚𝐧𝐞𝐧𝐭𝐞, 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐪𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐚𝐮 𝐥𝐢𝐞𝐮 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐪𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭𝐬. Non pas contre quelqu’un, mais pour les élèves, pour l’avenir, pour le pays.

Après tout, une refondation qui oublie l’école n’est qu’une rénovation de façade. Et une nation qui néglige ses enseignants finit toujours par apprendre… trop t**d.


𝐂𝐡𝐫𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐯𝐢𝐭𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞On nous promet depuis vingt ans de 𝐥𝐮𝐭𝐭𝐞𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞, ...
26/02/2026

𝐂𝐡𝐫𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐯𝐢𝐭𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐞

On nous promet depuis vingt ans de 𝐥𝐮𝐭𝐭𝐞𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥’𝐢𝐧𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞, 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐫𝐫𝐮𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬. À force de répétition, le slogan est devenu un meuble national, tout le monde le voit, personne ne l’utilise. Pendant ce temps, la politique malgache continue de ressembler à un concours de danse où chacun improvise ses pas, sauf que la p*ste est en feu.

Les partis politiques, censés être rationalisés, se multiplient comme des champignons après la pluie. On en compte tellement que même un GPS renonce à les répertorier. L’État, lui, fonctionne comme un vieux taxi-be, il avance quand il peut, s’arrête quand il veut, et personne ne sait vraiment qui tient le volant.

Quant à la fameuse 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, elle est devenue le mot magique préféré des gouvernants : 𝐨𝐧 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐭, 𝐨𝐧 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐥𝐚𝐦𝐞, 𝐨𝐧 𝐥𝐚 𝐛𝐫𝐚𝐧𝐝𝐢𝐭… mais dès qu’il faut toucher aux vraies fondations, tout le monde se met à regarder le plafond. Changer la Constitution ? Ouh là. Repenser la République ? Doucement. Réparer ce qui ne marche plus ? On verra demain.

Pendant ce temps, le peuple observe ce théâtre d’ombres avec la résignation de quelqu’un qui a déjà vu la pièce dix fois. On parle de reconstruction, mais on recycle surtout les mêmes acteurs, les mêmes méthodes, les mêmes erreurs. On annonce la fin du chaos, mais c’est lui qui tient la porte.

Et pourtant, on continue d’affirmer que 𝐥𝐞 𝐦𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐚̀ 𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫. Peut-être. Mais à condition d’arrêter de confondre refondation et relooking, République et réseau, service public et service personnel.

Parce qu’à force de promettre la fin de l’injustice, de la corruption et des inégalités… on finit par se demander si ce n’est pas devenu un slogan pour décorer les discours, comme les fleurs en plastique sur les buffets officiels.

𝐒𝐢𝐱 𝐬𝐞𝐜𝐨𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐬𝐬𝐞𝐬, 𝐒𝐢𝐱 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫. Madagascar vit une prouesse technologique rare, plus on annonce que le dé...
25/02/2026

𝐒𝐢𝐱 𝐬𝐞𝐜𝐨𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐞𝐬𝐬𝐞𝐬, 𝐒𝐢𝐱 𝐡𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐢𝐫.

Madagascar vit une prouesse technologique rare, plus on annonce que le délestage est 𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐥𝐮 , plus il s’étend. À Alasora, Mahitsy, dans le sud de la capitale… partout, les habitants découvrent que la seule énergie vraiment inépuisable, c’est la communication officielle.

Les coupures tombent sans prévenir, six heures minimum, parfois davantage. Plus d’électricité, parfois plus d’eau, mais toujours la même phrase venue d’en haut , 𝐈𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐚𝐜𝐜𝐞𝐩𝐭𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐟𝐟𝐫𝐢𝐫 𝐮𝐧 𝐩𝐞𝐮. Le pays entier se demande si on parle encore de délestage… ou d’un programme national d’endurance.

Pendant que les quartiers s’enfoncent dans le noir, les autorités répètent que 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐫𝐞́𝐠𝐥𝐞́ . Réglé où ? Dans quel monde ? Certainement pas dans celui où les habitants cuisinent à la bougie et chargent leur téléphone chez le voisin équipé d’un groupe électrogène.

Face à l’absurdité, les citoyens proposent des solutions plus crédibles que les réunions interminables , 𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐠𝐞𝐧𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐬𝐚𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞́𝐬𝐨𝐮𝐝𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞𝐬, ou organiser un concours national, qui réussira à faire fonctionner un grille-pain à Alasora ?

Tant que l’image comptera plus que le réseau, le délestage restera le véritable patron de l’énergie dans ce pays. Et à force de jouer avec la lumière, ce n’est pas seulement le courant qui saute. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.

25/02/2026

EPISODE 4 — LE GROS MOT DE LA POLITIQUE

Après l’intérim et ses faux airs de solution temporaire, voici un autre monument du vocabulaire républicain : 𝐒𝐎𝐔𝐕𝐄𝐑𝐀𝐈𝐍𝐄𝐓𝐄́.

Un mot immense, solennel, presque sacré… mais qui, en pratique, s’utilise plus souvent comme un paravent que comme un principe.
Alors, la souveraineté, c’est quoi ? Un bouclier national, un slogan de meeting… ou le joker magique qu’on brandit dès qu’on ne sait plus très bien qui décide quoi 🤔

*sode4

𝐄𝐭 𝐬𝐢 𝐥𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞, 𝐜’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐑𝐚𝐬𝐚𝐧𝐣𝐲 ?À Madagascar, l’histoire ne bégaie pas, elle magouille en boucle. Hier, s...
24/02/2026

𝐄𝐭 𝐬𝐢 𝐥𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞, 𝐜’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐑𝐚𝐬𝐚𝐧𝐣𝐲 ?

À Madagascar, l’histoire ne bégaie pas, elle magouille en boucle. Hier, sous Joseph Gallieni, certains vendaient la patrie en expliquant qu’ils sauvaient la civilisation. Aujourd’hui, version costume cravate, ils parlent de 𝐬𝐭𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́, de 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧, de 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐮𝐭𝐞́ 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 traduction libre, 𝐨𝐧 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬 𝐩𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐞 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐱 𝐝𝐮 𝐫𝐢𝐳.

Le 𝐑𝐚𝐬𝐚𝐧𝐣𝐲 d’hier avait livré la reine Ranavalona III. Celui d’aujourd’hui livre la souveraineté par conférence de presse, sourire diplomatique et communiqué bien parfumé. Hier on remplaçait les drapeaux, aujourd’hui on remplace la volonté populaire par des arrangements entre initiés. Le vocabulaire change, la mécanique reste, 𝐝𝐢𝐯𝐢𝐬𝐞𝐫, 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐢𝐫, 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞𝐫.

Pendant que les citoyens cherchent lumière, travail et avenir, la classe politico stratégique joue au Monopoly national 𝐚𝐥𝐥𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬, 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐞́𝐥𝐚𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬, 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬, 𝐩𝐚𝐭𝐫𝐢𝐨𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐚𝐥𝐜𝐮𝐥𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐬. Chacun dénonce 𝐥𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞𝐬, mais curieusement, personne ne quitte la table du pouvoir. Le mot souveraineté est prononcé avec solennité… souvent juste avant d’aller demander validation ailleurs.

Même décor aujourd’hui autour de Andry Rajoelina et du ballet politico diplomatique, 𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬, 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐦𝐢𝐫𝐚𝐜𝐥𝐞𝐬, 𝐜𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐲𝐜𝐥𝐞́𝐞𝐬. Officiellement, tout se fait pour 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧. Officieusement, chacun sauve surtout sa place.

Le 𝐑𝐚𝐬𝐚𝐧𝐣𝐲 n’a donc jamais disparu 𝐢𝐥 𝐚 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐬𝐭𝐮𝐦𝐞, 𝐝𝐞 𝐯𝐨𝐜𝐚𝐛𝐮𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐦𝐞́𝐭𝐡𝐨𝐝𝐞. Il ne trahit plus en livrant une reine, mais en livrant un pays par petites signatures discrètes. Et tant que ce personnage ou plutôt ce réflexe politique continuera d’habiter 𝐧𝐨𝐬 𝐞́𝐥𝐢𝐭𝐞𝐬, Madagascar pourra changer de présidents, de constitutions, de médiateurs ou de drapeaux… 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧.

Voilà pourquoi la question demeure entière, 𝐞𝐭 𝐬𝐢, 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬, 𝐥𝐞 𝐯𝐫𝐚𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐛𝐥𝐞̀𝐦𝐞, 𝐜’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐑𝐚𝐬𝐚𝐧𝐣𝐲 ? 🤔

𝐑𝐚𝐢̈𝐬𝐬𝐚 : on l’a vue partout… sauf en prisonLa cavale de Raïssa Razaivola s’est donc 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐞  dans une voiture de poli...
24/02/2026

𝐑𝐚𝐢̈𝐬𝐬𝐚 : on l’a vue partout… sauf en prison

La cavale de Raïssa Razaivola s’est donc 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐞 dans une voiture de police, de nuit, immortalisée par une unique photo aussi nette qu’un discours de campagne sous la pluie. Une arrestation sans communiqué, sans témoin, sans explication, sans rien. On nous demande d’y croire comme on croit aux miracles 𝐬𝐮𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞. À Madagascar, la justice ne se montre pas, elle se devine. Et encore, seulement quand elle veut bien.

On nous explique que la dame s’était 𝐞́𝐯𝐚𝐝𝐞́𝐞 en octobre, profitant des 𝐬𝐚𝐤𝐨𝐫𝐨𝐤𝐚. Très bien. Mais alors, où était l’administration pénitentiaire pendant quatre mois ? En hibernation ? En séminaire de motivation ? En train de chercher le bouton 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞 sur son tableau de bord ? Parce que pendant ce temps, la supposée évadée assistait tranquillement à une inauguration officielle, posant à côté du ministre 𝐆𝐚𝐬𝐜𝐚𝐫 𝐅𝐞𝐧𝐨𝐬𝐨𝐚, sourire impeccable, ruban tricolore bien repassé. Personne ne s’en étonne. Personne ne s’en offusque. Personne ne vérifie. À ce niveau, ce n’est plus une faille du système 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐩𝐞́𝐚𝐠𝐞.

Et puis soudain, comme par magie, on la retrouve. De nuit, discrètement, sans témoin, sans procédure, sans conférence de presse. Une arrestation t**dive, confuse, contradictoire… bref, une opération montée comme un décor de théâtre : 𝐯𝐢𝐭𝐞, 𝐦𝐚𝐥, 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐥’𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞. Tout indique une diversion destinée à étouffer un dossier gênant. On ne cherche pas la vérité, on cherche à sauver des intérêts. Et tant p*s si la crédibilité du gouvernement, déjà fragile, se fissure encore un peu plus 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐚̀ 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐞̀𝐬.

La ministre Fanirisoa Ernaivo parle désormais d’ 𝐞́𝐯𝐚𝐬𝐢𝐨𝐧. Très bien. Mais si évasion il y a, il y a forcément complices. Et si complices il y a, ils ne sont pas dans les ruelles sombres, 𝐢𝐥𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐮𝐫𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐥𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐞́𝐬. On ne disparaît pas quatre mois du radar pénitentiaire pour réapparaître en plein événement officiel sans que personne ne remarque rien. À moins que tout le monde ait remarqué… mais que personne n’ait eu intérêt à ouvrir la bouche. À Madagascar, la mafia n’est pas traquée, elle est protégée. Et pendant que les puissants se couvrent entre eux, les citoyens ordinaires, eux, subissent une justice à géométrie variable, celle qui s’applique différemment selon le réseau, le statut ou l’utilité politique du moment.

Encore un dossier qui fragilise un gouvernement déjà en équilibre précaire. Trop d’incohérences, pas assez de transparence, et une communication qui ressemble davantage à un numéro de prestidigitation qu’à un acte de gouvernance. On nous demande de croire à une réincarcération sans preuve, à une évasion sans enquête, à une arrestation sans témoin. On nous demande surtout de ne pas poser de questions. Parce que dans ce pays, dès qu’une affaire dérange, elle se transforme en opération de communication. Et dès qu’une vérité menace, elle devient un communiqué de diversion.

Au final, la seule certitude, c’est que cette histoire ne fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà, 𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞𝐫𝐚 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞, 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞́𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐞́𝐭𝐨𝐮𝐟𝐟𝐞́𝐞𝐬, 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐬𝐚𝐜𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞́𝐬. Et comme toujours, au moment de conclure, c’est le ministre Gascar Fenosoa qui rafle la vedette.

𝐀𝐃𝐌 : 𝐔𝐧 𝐯𝐢𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧’𝐞́𝐭𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞Il y a des métamorphoses discrètes, comme la chenille qui devient papill...
23/02/2026

𝐀𝐃𝐌 : 𝐔𝐧 𝐯𝐢𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧’𝐞́𝐭𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞

Il y a des métamorphoses discrètes, comme la chenille qui devient papillon. Et puis il y a celles qui ressemblent plutôt à un changement de plaque d’immatriculation, 𝐨𝐧 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐯𝐞́𝐡𝐢𝐜𝐮𝐥𝐞, 𝐨𝐧 𝐫𝐞𝐩𝐞𝐢𝐧𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐠𝐨. L’ADM, née association citoyenne, se réveille un matin en parti politique flambant neuf. On imagine presque la scène un bureau, un tampon, un soupir, et hop, 𝐥𝐚 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐞 𝐚 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞́ 𝐮𝐧 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝𝐚𝐧𝐭.

Dans le petit monde des organisations 𝐚𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 qui finissent par lorgner sur les urnes, l’ADM n’est pas une exception. C’est même devenu un sport national, 𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐚𝐫 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐞‑𝐬𝐡𝐢𝐫𝐭𝐬, 𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐜𝐡𝐚𝐢̂𝐧𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐯𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐥𝐚𝐦𝐦𝐞́𝐬, 𝐞𝐭 𝐮𝐧 𝐛𝐞𝐚𝐮 𝐣𝐨𝐮𝐫, 𝐨𝐧 𝐚𝐧𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐨𝐧 𝐯𝐚 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐲𝐬. Le tout avec la même spontanéité qu’un changement de statut sur Facebook.

Le problème, c’est que la politique, contrairement aux réseaux sociaux, a une mémoire. Pas très longue, certes, mais suffisante pour se souvenir des ép*sodes précédents. Et quand une structure a passé des années à s’échauffer dans les gradins, difficile de convaincre qu’elle est soudain prête à jouer la finale. Surtout quand les supporters d’hier ont discrètement quitté le stade, en laissant leurs écharpes sur les sièges.

Car la diaspora, autrefois pilier enthousiaste, semble avoir pris la poudre d’escampette. Officiellement, tout va bien. Officieusement, on entend des phrases du genre : 𝐎𝐧 𝐚 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢 𝐝’𝐞𝐬𝐜𝐚𝐛𝐞𝐚𝐮, 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐨𝐧 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐥𝐚 𝐫𝐚𝐦𝐩𝐞. Une ambiance qui rappelle ces associations où les membres fondateurs disparaissent mystérieusement dès que l’odeur des élections commence à flotter dans l’air.

Et puis il y a cette tendance très locale à confondre 𝐚𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞 avec 𝐢𝐧𝐜𝐮𝐛𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥. On crée une structure, on lui donne un nom inspirant, on distribue quelques aides, et soudain on se découvre une vocation de réformateur suprême. Il ne manque plus que la version locale du 𝐜𝐥𝐮𝐛 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐭𝐢𝐞𝐧 rebaptisé en mouvement historique, et la boucle est bouclée.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que le pays regorge déjà de partis politiques. Des 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐮𝐱, 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐧𝐭𝐨̂𝐦𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐧𝐢𝐞𝐫𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐣𝐞𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞𝐜𝐲𝐜𝐥𝐞́𝐬. Ajouter un nouveau spécimen à la collection, c’est comme ouvrir un fast‑food de plus dans une rue déjà saturée, 𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐬𝐬𝐚𝐲𝐞𝐫, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐝𝐫𝐚 𝐮𝐧 𝐦𝐞𝐧𝐮 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐨𝐫𝐢𝐠𝐢𝐧𝐚𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐚𝐭𝐭𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐬.

Reste à voir si ce nouveau parti saura éviter le piège classique, 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐮𝐧 𝐯𝐞́𝐡𝐢𝐜𝐮𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧 𝐦𝐨𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐪𝐮𝐢 𝐭𝐨𝐮𝐬𝐬𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐧𝐞𝐮𝐬 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀ 𝐮𝐬𝐞́𝐬. Car un parti, ce n’est pas un statut déposé à la préfecture. C’est une base, une vision, une cohérence, et surtout des gens qui restent quand les projecteurs s’éteignent.

Pour l’instant, on en est encore au stade du lancement. Le décor est posé, les slogans sont prêts, les ambitions polies. Il ne manque plus que le public. Et ça, dans le théâtre politique, c’est toujours la partie la plus difficile.

𝐂𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧 𝐧’𝐚 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞.Madagascar adore les grandes histoires d’amour géopolitiques. Après ...
23/02/2026

𝐂𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐫𝐚𝐢𝐧 𝐧’𝐚 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞.

Madagascar adore les grandes histoires d’amour géopolitiques. Après la romance contrariée avec l’ancienne puissance coloniale, voilà le fantasme du grand frisson 𝐦𝐨𝐬𝐜𝐨𝐯𝐢𝐭𝐞. Direction le Kremlin, lustres dorés, tap*s rouges et poignée de main virile avec Vladimir Poutine. À Antananarivo, certains y voient déjà 𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞. Rien que ça.

Petit rappel historique, façon piqûre de mémoire, dans les années 1970, le 𝐅𝐥𝐢𝐛𝐮𝐬𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐫𝐨𝐮𝐠𝐞, Didier Ratsiraka, avait déjà tenté le grand plongeon à l’Est. Bourses d’études vers l’URSS, la Roumanie, l’Algérie. Des Antonov pour transporter la troupe, des MiG-21 pour faire rugir le ciel malagasy. 𝐋’𝐢𝐝𝐞́𝐞 ? Former une élite technique et muscler la souveraineté. 𝐋𝐞 𝐫𝐞́𝐬𝐮𝐥𝐭𝐚𝐭 ? Une économie étatisée, asphyxiée, un PIB par habitant en recul dans les années 80 et une dette qui enfle comme un zébu sous perfusion.

À la fin, plus de carburant idéologique, on toque chez le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Et hop, virage à 180 degrés, retour dans les 𝐣𝐮𝐩𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐌𝐞̀𝐫𝐞 𝐏𝐚𝐭𝐫𝐢𝐞. 𝐌𝐨𝐫𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́, la géopolitique, c’est bien ; la trésorerie, c’est mieux.

Aujourd’hui, 𝐛𝐢𝐬 𝐫𝐞𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐚 ? On nous vend le pivot russe comme un acte de bravoure souverainiste. Mais regardons les chiffres, ces affreux capitalistes sans poésie plus de la moitié des exportations malagasy partent vers l’Union européenne. Textile, vanille, produits halieutiques. 𝐋𝐚 𝐑𝐮𝐬𝐬𝐢𝐞 ? Part marginale dans les échanges. À moins que le caviar ne se mette à remplacer la crevette, l’équation commerciale reste… théorique.

𝐀𝐥𝐨𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐌𝐨𝐬𝐜𝐨𝐮 ? Coopération sécuritaire, contrats miniers, promesses énergétiques. Sur le continent africain, le modèle est connu, protection rapprochée, concessions extractives, deals peu bavards. La diversification industrielle ? 𝐎𝐧 𝐥𝐚 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞. La transparence contractuelle ? 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐚 𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐮𝐧 𝐯𝐨𝐥 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫.

On nous explique que serrer la main du Kremlin, c’est 𝐝𝐢𝐫𝐞 𝐬𝐭𝐨𝐩 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐚𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞. Très bien. Mais si c’est pour découvrir la 𝐑𝐮𝐬𝐬𝐚𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞, version grand froid et petits caractères en bas de contrat, l’indépendance risque d’avoir le goût d’un thé sibérien sans sucre. Remplacer une dépendance par une autre, ce n’est pas une révolution : 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐮𝐫𝐧𝐢𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫.

Et puis il y a l’argument moral. Certains applaudissent la posture anti-occidentale, quitte à fermer les yeux sur la guerre en Ukraine. Comme si dénoncer Paris obligeait à bénir Moscou. 𝐋𝐚 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐨𝐮𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐮𝐯𝐚𝐢𝐬𝐞 𝐡𝐮𝐦𝐞𝐮𝐫. Elle devrait être un calcul 𝐝’𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐫𝐞̂𝐭 𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

La vraie question n’est pas 𝐏𝐚𝐫𝐢𝐬 𝐨𝐮 𝐌𝐨𝐬𝐜𝐨𝐮 ?. Elle est, 𝐪𝐮𝐞 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞̀𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐌𝐚𝐝𝐚𝐠𝐚𝐬𝐜𝐚𝐫 ? 𝐃𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐬𝐭𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐟𝐬 ? 𝐃𝐞𝐬 𝐮𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬 ? 𝐃𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐞𝐫𝐭𝐬 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐨𝐥𝐨𝐠𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞́𝐠𝐫𝐞́𝐬 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐞 𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞 ? 𝐎𝐮 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨𝐬 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐚𝐭𝐬 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐧𝐞 𝐥𝐢𝐫𝐚 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐧𝐞𝐱𝐞𝐬 ?

Quant à la prochaine visite à l’Élysée pour serrer la main d’Emmanuel Macron, gageons qu’on nous expliquera, la main sur le cœur, que 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐩𝐥𝐨𝐦𝐚𝐭𝐢𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞́𝐞. Un pied à Moscou, un autre à Paris, et le reste du corps en équilibre instable au dessus 𝐝’𝐮𝐧 𝐝𝐞́𝐟𝐢𝐜𝐢𝐭 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚𝐥 𝐜𝐡𝐫𝐨𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞.

Madagascar mérite mieux qu’un tango géopolitique. 𝐋𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ ne se mesure pas au nombre de drapeaux alignés derrière un pupitre, mais à la capacité d’un pays à négocier dur, publier ses contrats, protéger ses intérêts et créer de la valeur chez lui.

Sinon, on continuera à collectionner les avions sans p*ste et les alliances sans décollage. Et à chaque atterrissage forcé, on redécouvrira, ébahis, que la géopolitique ne nourrit pas un peuple surtout quand elle se 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐚̀ 𝐜𝐫𝐞́𝐝𝐢𝐭.

𝐑𝐨𝐬𝐬𝐲 ... 𝐎𝐚𝐲 𝐭𝐲 𝐳𝐚𝐡𝐨 𝐞 !La chanson 𝐎𝐚𝐲 𝐫𝐞𝐭𝐨 𝐢𝐬𝐢𝐤𝐚 𝐞 résonne comme un grand sermon national, un appel à la paix civile, ...
22/02/2026

𝐑𝐨𝐬𝐬𝐲 ... 𝐎𝐚𝐲 𝐭𝐲 𝐳𝐚𝐡𝐨 𝐞 !

La chanson 𝐎𝐚𝐲 𝐫𝐞𝐭𝐨 𝐢𝐬𝐢𝐤𝐚 𝐞 résonne comme un grand sermon national, un appel à la paix civile, un cri du cœur contre les politiciens manipulateurs et les divisions qui déchirent le pays. Mais quand ce cri sort de la bouche de Rossy, l’accordéoniste devenu funambule politique, l’effet est irrésistiblement comique. On dirait un pompier pyromane qui, après avoir joué avec les allumettes, s’indigne de voir la maison brûler.

Rossy accuse les 𝐝𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐲 𝐫𝐚𝐭𝐬𝐲 𝐦𝐩𝐚𝐧𝐚𝐨 𝐩𝐨̂𝐥𝐢𝐭𝐢𝐤𝐚 de manipuler le peuple. Il n’a pas tort, il en a fréquenté une telle collection qu’on pourrait ouvrir un musée des alliances douteuses rien qu’avec ses souvenirs. Certains, il les a côtoyés de si près qu’on se demande encore comment il a fait pour ne pas se marcher sur les pieds en changeant de camp avec la souplesse d’un danseur de kilalaky sous adrénaline. Rouge hier, orange aujourd’hui, refondation demain, 𝐬𝐚 𝐩𝐚𝐥𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐮𝐧 𝐧𝐮𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐢𝐧𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧. Recalé puis miraculeusement repêché par les instances électorales, autrefois élu, désormais simple figurant zélé du pouvoir du moment, il connaît les coulisses du système avec une telle intimité qu’on pourrait presque lui décerner la médaille du meilleur acteur secondaire de la vie publique.

Il déplore que 𝐜𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐝𝐞́𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐬’𝐚𝐟𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐞𝐧𝐭, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬. Effectivement, quand on a passé vingt ans à naviguer entre alliances, ruptures, règlements de comptes et accusations de fraude, on sait que les idées, à Madagascar, servent souvent de décor. Le vrai spectacle se joue dans les coulisses, là où Rossy a longtemps tenu un strapontin de choix.

Il s’indigne que 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐮𝐯𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐨𝐧𝐭𝐞́𝐬 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐯𝐚𝐮𝐱, pendant que les politiciens promettent 𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐧𝐚 𝐬𝐲 𝐄𝐝𝐞𝐧𝐚 avant de disparaître une fois élus. On ne peut qu’applaudir c’est un diagnostic d’une précision chirurgicale. Mais venant d’un député qui a lui-même goûté aux douceurs du pouvoir, l’indignation prend un léger parfum de confession involontaire. On dirait un ancien jockey qui découvre soudain que les chevaux souffrent.🙄🥱

Il avoue même ne pas soutenir les grèves, rappelant que les fonctionnaires, eux, sont payés même quand ils se mettent en arrêt. Une franchise admirable, presque touchante, si elle ne sonnait pas comme un aveu de déconnexion assumée. Quand on a un salaire garanti, la solidarité peut parfois attendre la fin du mois.

Et puis vient le grand final 𝐢𝐬𝐢𝐤𝐚 𝐞𝐭𝐨 𝐚𝐦𝐛𝐚𝐧𝐲 𝐧𝐨 𝐦𝐢𝐭𝐬𝐚̀𝐛𝐨 𝐧𝐲 𝐟𝐞𝐫𝐲 𝐦𝐚𝐦𝐢𝐭𝐫𝐚𝐦‑𝐩𝐢𝐡𝐚𝐯𝐚𝐧𝐚𝐧𝐚. Très beau. Très noble. Très lyrique. Mais quand un vétéran des joutes électorales, habitué aux alliances explosives et aux campagnes parfumées de suspicion, se présente en infirmier de la nation, on a un peu l’impression d’entendre un chirurgien expliquer qu’il n’a jamais touché un scalpel.

La chanson se veut un appel à la réconciliation. Elle devient, replacée dans le parcours de son auteur, un miroir ironique, 𝐑𝐨𝐬𝐬𝐲 𝐝𝐞́𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐱𝐚𝐜𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐢𝐥 𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐟𝐨𝐢𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐢𝐭𝐞́, 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐞́ 𝐨𝐮 𝐛𝐞́𝐧𝐞́𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞́. Bref, il suffit parfois de laisser l’artiste parler pour que le politicien se trahisse.

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