24/02/2026
𝐑𝐚𝐢̈𝐬𝐬𝐚 : on l’a vue partout… sauf en prison
La cavale de Raïssa Razaivola s’est donc 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐞́𝐞 dans une voiture de police, de nuit, immortalisée par une unique photo aussi nette qu’un discours de campagne sous la pluie. Une arrestation sans communiqué, sans témoin, sans explication, sans rien. On nous demande d’y croire comme on croit aux miracles 𝐬𝐮𝐫 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞. À Madagascar, la justice ne se montre pas, elle se devine. Et encore, seulement quand elle veut bien.
On nous explique que la dame s’était 𝐞́𝐯𝐚𝐝𝐞́𝐞 en octobre, profitant des 𝐬𝐚𝐤𝐨𝐫𝐨𝐤𝐚. Très bien. Mais alors, où était l’administration pénitentiaire pendant quatre mois ? En hibernation ? En séminaire de motivation ? En train de chercher le bouton 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞 sur son tableau de bord ? Parce que pendant ce temps, la supposée évadée assistait tranquillement à une inauguration officielle, posant à côté du ministre 𝐆𝐚𝐬𝐜𝐚𝐫 𝐅𝐞𝐧𝐨𝐬𝐨𝐚, sourire impeccable, ruban tricolore bien repassé. Personne ne s’en étonne. Personne ne s’en offusque. Personne ne vérifie. À ce niveau, ce n’est plus une faille du système 𝐜’𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐬𝐚𝐧𝐬 𝐩𝐞́𝐚𝐠𝐞.
Et puis soudain, comme par magie, on la retrouve. De nuit, discrètement, sans témoin, sans procédure, sans conférence de presse. Une arrestation t**dive, confuse, contradictoire… bref, une opération montée comme un décor de théâtre : 𝐯𝐢𝐭𝐞, 𝐦𝐚𝐥, 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐥’𝐢𝐥𝐥𝐮𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞. Tout indique une diversion destinée à étouffer un dossier gênant. On ne cherche pas la vérité, on cherche à sauver des intérêts. Et tant p*s si la crédibilité du gouvernement, déjà fragile, se fissure encore un peu plus 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐚̀ 𝐮𝐧𝐞 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐩𝐫𝐞̀𝐬.
La ministre Fanirisoa Ernaivo parle désormais d’ 𝐞́𝐯𝐚𝐬𝐢𝐨𝐧. Très bien. Mais si évasion il y a, il y a forcément complices. Et si complices il y a, ils ne sont pas dans les ruelles sombres, 𝐢𝐥𝐬 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐮𝐫𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐜𝐥𝐢𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐞́𝐬. On ne disparaît pas quatre mois du radar pénitentiaire pour réapparaître en plein événement officiel sans que personne ne remarque rien. À moins que tout le monde ait remarqué… mais que personne n’ait eu intérêt à ouvrir la bouche. À Madagascar, la mafia n’est pas traquée, elle est protégée. Et pendant que les puissants se couvrent entre eux, les citoyens ordinaires, eux, subissent une justice à géométrie variable, celle qui s’applique différemment selon le réseau, le statut ou l’utilité politique du moment.
Encore un dossier qui fragilise un gouvernement déjà en équilibre précaire. Trop d’incohérences, pas assez de transparence, et une communication qui ressemble davantage à un numéro de prestidigitation qu’à un acte de gouvernance. On nous demande de croire à une réincarcération sans preuve, à une évasion sans enquête, à une arrestation sans témoin. On nous demande surtout de ne pas poser de questions. Parce que dans ce pays, dès qu’une affaire dérange, elle se transforme en opération de communication. Et dès qu’une vérité menace, elle devient un communiqué de diversion.
Au final, la seule certitude, c’est que cette histoire ne fait que confirmer ce que tout le monde sait déjà, 𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐞 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞̀𝐦𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞𝐫𝐚 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞, 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞́𝐠𝐞́𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐟𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐞́𝐭𝐨𝐮𝐟𝐟𝐞́𝐞𝐬, 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐬 𝐨𝐫𝐝𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐨𝐧𝐭 𝐬𝐚𝐜𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞́𝐬. Et comme toujours, au moment de conclure, c’est le ministre Gascar Fenosoa qui rafle la vedette.