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COMBIEN DE FEMMES DEVRONT ENCORE MOURIR AU CAMEROUN ?Huit femmes tuées en quelques jours. Plus de 60 féminicides recensé...
19/09/2026

COMBIEN DE FEMMES DEVRONT ENCORE MOURIR AU CAMEROUN ?

Huit femmes tuées en quelques jours. Plus de 60 féminicides recensés depuis le début de l'année. Et derrière chaque chiffre, une femme, une mère, une fille, une sœur qui ne rentrera plus jamais chez elle.

Le Cameroun traverse une crise qui ne peut plus être reléguée à la rubrique des faits divers.
Entre janvier et avril 2026 seulement, l'État camerounais avait déjà enregistré 50 féminicides. À la fin du mois d'août, les estimations issues de la société civile situaient déjà le bilan annuel à plus de 60 victimes. Et en l'espace d'environ huit jours en août, au moins huit femmes ont perdu la vie dans des circonstances violentes ou suspectes.

Certaines ont été tuées par un conjoint ou un homme de leur entourage. Certaines ont laissé derrière elles des enfants. Dans plusieurs affaires, les violences se sont déroulées dans des conditions d'une brutalité difficilement soutenable. Alors une question s'impose : combien faudra-t-il encore de mortes avant que la lutte contre les féminicides devienne une véritable urgence nationale ?

La ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, a reconnu l'ampleur du phénomène et présenté des mesures de prévention et d'accompagnement. La Première dame, Chantal Biya, a également condamné publiquement les féminicides. Mais les communiqués, les journées de sensibilisation et les condamnations verbales ne suffisent plus.

Les associations et organisations de défense des droits humains réclament une protection effective des femmes menacées, une meilleure prise en charge des victimes de violences conjugales et une réponse judiciaire capable de combattre l'impunité. Human Rights Watch souligne notamment les difficultés persistantes auxquelles sont confrontées les victimes pour obtenir protection et justice.

Et le contraste interpelle : le 22 août 2026, Paul et Chantal Biya apparaissaient ensemble au palais de l'Unité pour recevoir et célébrer les Lionnes indomptables, championnes d'Afrique. Pendant ce temps, le pays était précisément secoué par cette succession de meurtres de femmes. Bien sûr, célébrer les victoires du Cameroun n'est pas le problème. Le problème est qu'une femme camerounaise devrait pouvoir ressentir la même mobilisation de l'État lorsqu'elle appelle au secours que lorsque le pays célèbre un trophée. Car derrière les statistiques, il n'y a pas « 50 », « 60 » ou « 8 ». Il y a des visages. Des familles. Des enfants qui attendront une mère qui ne reviendra jamais. Le Cameroun ne peut pas continuer à compter ses mortes.
Il doit protéger ses vivantes.
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SADIO MANÉ INVESTIT 11,7 MILLIARDS FCFA POUR TRANSFORMER SON VILLAGEIl aurait pu simplement profiter de sa fortune. Il a...
19/09/2026

SADIO MANÉ INVESTIT 11,7 MILLIARDS FCFA POUR TRANSFORMER SON VILLAGE

Il aurait pu simplement profiter de sa fortune. Il a choisi d’investir là où tout a commencé : Bambali.

Sadio Mané franchit une nouvelle étape dans son engagement envers sa terre natale. L’international sénégalais porte SM10 Agro, un vaste projet agro-industriel représentant un investissement annoncé de 11,7 milliards de FCFA, soit près de 17,8 millions d’euros. Cette fois, il ne s’agit plus seulement de construire des infrastructures sociales. L’ambition est de créer de l’activité économique et des emplois durables.

À Bambali, dans la région de Sédhiou, le projet doit notamment développer la production et surtout la transformation locale de la mangue. La région perd aujourd’hui jusqu’à 30 à 40 % de ses récoltes de mangues, notamment faute de capacités suffisantes de stockage et de transformation.

Le futur complexe devrait s’étendre sur 500 hectares, intégrer plusieurs unités de transformation ainsi qu’un centre de formation agricole et créer plus de 1 000 emplois directs dès son démarrage, avec un objectif annoncé pouvant atteindre 2 500 emplois à terme.

Mais derrière les milliards, il y a peut-être quelque chose de plus fort encore : un enfant parti d’un village qui revient y construire des opportunités pour ceux qui n’ont pas eu sa chance. Sadio Mané veut que les mangues cultivées à Sédhiou ne pourrissent plus faute de débouchés. Il veut qu’elles soient transformées sur place, qu’elles créent de la valeur sur place et, surtout, qu’elles fassent vivre des familles sur place.

Son message résume l’esprit du projet : « Je veux que la richesse de notre terre reste ici, chez nous, au Sénégal. » À Bambali, Sadio Mané ne veut donc plus seulement distribuer une partie de ce qu’il a gagné. Il veut donner à sa terre les moyens de produire elle-même sa richesse. Et si l’un des plus beaux buts de sa carrière n’était finalement pas inscrit sur un terrain de football… mais dans les champs de Bambali ?

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Félix Tshisekedi veut mourir au pouvoir comme BIYA Kinshasa : le troisième mandat qui ne dit pas encore son nomAprès les...
17/09/2026

Félix Tshisekedi veut mourir au pouvoir comme BIYA
Kinshasa : le troisième mandat qui ne dit pas encore son nom

Après les batailles constitutionnelles qui ont marqué le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo est à son tour secouée par le spectre du troisième mandat. À Kinshasa, l’opposition est descendue dans la rue. Une vieille maladie politique africaine semble refaire surface : quand il s’agit de conserver le pouvoir, les Constitutions deviennent soudain beaucoup moins sacrées.

Il faut croire que le pouvoir est sucré. Très sucré même.
Au point que, lorsqu’on y a goûté suffisamment longtemps, quitter le palais présidentiel semble parfois devenir une épreuve autrement plus difficile que d’y entrer. En Afrique, nous avons malheureusement développé une étrange capacité : nous copions rarement ce qui fonctionne chez le voisin, mais certaines mauvaises habitudes traversent les frontières à une vitesse remarquable. Lorsqu’un pays construit des institutions solides, professionnalise son administration ou réussit une alternance paisible, il faut parfois des décennies avant que l’exemple ne fasse école. Mais lorsqu’apparaît quelque part une ingénierie permettant de prolonger le séjour au pouvoir, soudain, les élèves deviennent brillants. Et voilà aujourd’hui la République démocratique du Congo plongée dans le débat.

Kinshasa : le troisième mandat qui ne dit pas encore son nom
Le 15 septembre, plusieurs centaines de Congolais ont manifesté à Kinshasa contre des modifications constitutionnelles que l’opposition considère comme susceptibles d'ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi. La mobilisation ne s’est pas limitée à la capitale. Des manifestations ou rassemblements ont également été signalés dans plusieurs villes. À Kinshasa, des affrontements ont opposé manifestants et militants favorables au pouvoir avant l’intervention de la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation.

Feu ÉTIENNE BERTRAND BEYINA ESSOMBA, l’un des quatre adolescents tués en août 1991 par Jacques Fankam et sa maman : derr...
16/09/2026

Feu ÉTIENNE BERTRAND BEYINA ESSOMBA, l’un des quatre adolescents tués en août 1991 par Jacques Fankam et sa maman : derrière le drame d’Obala, des enfants

Ce visage a un nom : Étienne Bertrand Beyina Essomba. Il avait entre 15 et 17 ans. Trente-cinq ans après sa mort, sa famille nous a transmis cette ancienne photographie, que nous avons restaurée.

À la suite de mon précédent témoignage sur l’assassinat de quatre adolescents d’Obala en août 1991, de nombreux internautes ont posé la même question : comment des enfants aussi jeunes ont-ils pu partir si loin de leurs familles pour travailler avec des personnes qu’ils connaissaient à peine ?

La question peut se comprendre avec le regard d’aujourd’hui. Mais elle ne doit pas conduire à faire, même involontairement, le procès des parents. Nous étions en 1991, au quartier Haoussa à Obala. La réalité sociale était différente. Dès 10, 1 1,12,13, 14 ou 15 ans, beaucoup de jeunes exerçaient de petits métiers pour aider leur famille ou gagner de quoi préparer la rentrée scolaire. Certains devenaient même motorboys, accompagnant des chauffeurs de camions sur de longues distances, parfois jusqu’au Gabon, en Centrafrique ou au Tchad.

Parmi les quatre adolescents morts cette année-là, deux vivaient d’ailleurs sans leurs parents au quartier Haoussa. L’un s’appelait Jérôme ; le nom du second m’échappe aujourd’hui. Étienne Bertrand Beyina Essomba et mon grand frère, Bésso Christophe Désiré, vivaient, quant à eux, avec leurs mamans.

Selon les enquêtes que je mène depuis vingt ans, le marabout bamiléké dénommé Sapeur par mon ami d’enfance Tatchi (Petit Papa) aurait conclu un deal avec un Nigérian pour l’achat de parties génitales. Sapeur étant l’amant de la maman de Jacques Fankam, il lui aurait proposé le deal. C’est ainsi que Jacques Fankam aurait été mis à contribution. De toute façon, ils étaient convaincus que cela passerait comme une lettre à la poste et, malheureusement, ils ne s’étaient pas trompés. Le coup réussi, Jacques Fankam a disparu d’Obala. Il est certainement allé refaire sa vie ailleurs.

C’est cela que je voudrais que l’on retienne. On peut, trente-cinq ans plus t**d, s’interroger sur les habitudes d’une époque et sur les risques auxquels ces adolescents étaient exposés. Mais ne transformons pas leurs mères en accusées. Elles ont perdu leurs enfants. Elles portent cette douleur depuis trente-cinq ans. La véritable question demeure celle de ce qui est arrivé à ces quatre garçons et des responsabilités dans leur mort.

Aujourd’hui, grâce à sa famille, Étienne Bertrand Beyina Essomba retrouve un visage. Derrière les récits, derrière les commentaires, derrière les trente-cinq années écoulées, il y avait quatre adolescents. Quatre vies. Quatre familles. Et aucune question sur leur jeune âge ne devrait nous faire oublier qu’ils sont, avant tout, les victimes de cette tragédie.

Sapeur, c’est le marabout qui habitait, en 1991, à côté de la maison du papa de Petit Jean et Petit Ndong, en face de Hercop, à Afamba. Je pense qu’il louait chez le grand frère que l’on appelait Double Tête.

ÉTIENNE BERTRAND BEYINA ESSOMBA habitait à moins de 200 mètres de l’abattoir, à presque 20 mètres de la plaque Obala, elle-même située à presque 30 mètres du pont d’Afamba. Tatchi (Petit Papa) était son voisin immédiat.

Je garde de lui le souvenir de son sourire. Chaque fois qu’il me croisait, il m’appelait « Mbombo » (homonyme). Il était toujours très, très bien sapé pour un jeune d’environ 15 ans, et toujours en train de sourire.

AFFAIRE DES 567 570 EUROS : SAMUEL ETO’O FACE À UNE QUESTION SIMPLE : OÙ EST PASSÉ L’ARGENT DU MATCH RUSSIE-CAMEROUN ?Un...
16/09/2026

AFFAIRE DES 567 570 EUROS : SAMUEL ETO’O FACE À UNE QUESTION SIMPLE : OÙ EST PASSÉ L’ARGENT DU MATCH RUSSIE-CAMEROUN ?

Une nouvelle affaire secoue le football camerounais. Cette fois, il ne s’agit ni d’une querelle de personnes ni d’une polémique sportive. Il est question d’argent, de documents bancaires et de 567 570 euros (environ 372 millions de FCFA) qui ont été versés dans le cadre du match amical Russie-Cameroun du 12 octobre 2023.

Deux paiements et un compte personnel au Qatar
L'affaire a pris une dimension internationale après les révélations du Times, reprises notamment par Al Jazeera et plusieurs médias français. Selon les documents consultés par le journal britannique, deux paiements de 455 056 euros et 112 514 euros, soit 567 570 euros au total ont été demandés dans le cadre de la rencontre amicale entre la Russie et le Cameroun. Les coordonnées bancaires figurant sur les documents renvoient à un compte détenu par Samuel Eto’o à la Qatar National Bank, à Doha.

L'Équipe rapporte également que d'anciens responsables de la FECAFOOT demandent des explications sur ces fonds destinés à la Fédération camerounaise.
Au Cameroun, Camfoot affirme avoir examiné le contrat de la rencontre, deux factures de la FECAFOOT ainsi qu'un ordre de virement russe. Selon le média, les documents désigneraient Samuel Eto’o Fils comme titulaire du compte bancaire de destination à Doha.

C'est précisément là que se trouve le cœur de l'affaire.
La question n'est pas de condamner Eto’o, mais d'établir la traçabilité
Samuel Eto’o conteste les accusations. Selon Camfoot, il a dénoncé une « offensive coordonnée » contre lui, qu'il relie notamment à ses positions dans le football africain et à son soutien au président de la FIFA, Gianni Infantino. Mais lorsqu'une controverse porte sur un mouvement d'argent, la réponse la plus convaincante est généralement documentaire.
Si Samuel Eto’o affirme que les 567 570 euros ont bien été reversés ou comptabilisés au bénéfice de la FECAFOOT, la publication des pièces bancaires et comptables pertinentes en masquant naturellement les données bancaires sensibles pourrait permettre d'établir la traçabilité des fonds : date de réception, montant reçu, éventuel transfert vers la FECAFOOT et inscription correspondante dans les comptes de la Fédération.

Ce ne serait pas à Samuel Eto’o de « prouver son innocence » au sens judiciaire : la charge de prouver un détournement appartient à ceux qui l'accusent et, le cas échéant, aux autorités compétentes. Mais sur le terrain de la transparence institutionnelle, produire les documents permettant de retracer l'argent pourrait répondre directement à la question qui alimente aujourd'hui la polémique.

L'affaire prend désormais une tournure camerounaise
L'Association des clubs de football amateur du Cameroun (ACFAC) a demandé au gouvernement l'ouverture urgente d'une enquête sur la gestion de la FECAFOOT. Selon l'AFP, elle affirme également vouloir déposer une plainte contre Samuel Eto’o devant les juridictions camerounaises ainsi qu'une autre en Russie contre la Fédération russe de football. À la date du 16 septembre 2026, l'existence de ces intentions de plainte ne signifie évidemment pas qu'une culpabilité a été établie.

Elle montre cependant que l'affaire est sortie du seul champ des réseaux sociaux.
Dans un pays où Samuel Eto’o dépasse largement le cadre du football, cette affaire risque inévitablement de diviser. Ses détracteurs y verront une nouvelle raison de mettre en cause sa gestion de la FECAFOOT. Ses soutiens y verront peut-être une nouvelle offensive destinée à affaiblir l'une des personnalités camerounaises les plus connues au monde. Mais le débat gagnerait à sortir de cette opposition entre « pro-Eto’o » et « anti-Eto’o ». Il existe une question factuelle à laquelle une enquête peut répondre : les 567 570 euros destinés à la FECAFOOT ont-ils été versés sur un compte personnel de Samuel Eto’o et, si oui, quelle a ensuite été la destination exacte de cet argent ?

Samuel Eto’o a droit à la présomption d’innocence. Ses accusateurs doivent apporter leurs preuves. Et si les fonds ont intégralement rejoint les caisses de la FECAFOOT ou ont été régulièrement comptabilisés, les documents bancaires et comptables peuvent contribuer à le démontrer. Dans une affaire d'argent, les convictions des supporters ne remplacent ni les relevés bancaires, ni les pièces comptables, ni une enquête contradictoire. C'est désormais sur ce terrain-là que cette affaire devra être éclaircie.

02/09/2026

Révélations du capitaine Roger Gabriel, du 1er bataillon de l’armée nigérienne, sur les attaques du 29 août dernier

Diffusées sur les antennes de la télévision nationale nigérienne, les déclarations du capitaine Roger Gabriel apportent, selon lui, des éléments sur les événements survenus lors des attaques du 29 août dernier.

« Le Bénin et la Côte d’Ivoire ont servi de bases arrière logistiques et politiques, avec la mise en place d’une cellule de crise à Cotonou et l’appui escompté d’Abidjan », a déclaré le capitaine.

L’officier a également affirmé que « des forces spéciales françaises stationnées dans la région, en connivence avec l’état-major de l’armée de l’air tchadienne, ont apporté un appui aux insurgés de la base 101 ».

Il a par ailleurs indiqué que « des contacts téléphoniques répétés ont été établis depuis la France, la Belgique et Dubaï, impliquant des complices et des membres de la famille de l’ancien président Mohamed Bazoum ».

Le capitaine Roger Gabriel a enfin soutenu que « la CEDEAO est également compromise à travers un feu vert accordé à cette intervention de rupture ».

RDC : le pari de 1,25 milliard de dollars pour transformer le Corridor de LobitoKINSHASALa République démocratique du Co...
31/08/2026

RDC : le pari de 1,25 milliard de dollars pour transformer le Corridor de Lobito
KINSHASA
La République démocratique du Congo mise sur le rail pour renforcer son intégration aux grands corridors commerciaux d’Afrique australe. Un projet évalué à environ 1,25 milliard de dollars prévoit la modernisation de la ligne ferroviaire Dilolo–Sakania, longue d’environ 1 000 kilomètres, un axe appelé à jouer un rôle clé dans le développement du Corridor de Lobito.

L’enjeu dépasse largement la rénovation de voies ferrées vieillissantes. Pour Kinshasa, il s’agit de réduire le coût de la logistique, d’accélérer l’acheminement des minerais et des marchandises et de mieux connecter les principaux bassins économiques de la RDC à la Zambie et à l’Angola.
Dans une économie où les infrastructures de transport constituent encore un frein majeur au commerce intérieur et régional, chaque gain de fiabilité du réseau ferroviaire peut avoir un effet significatif sur la compétitivité des entreprises.

Le rail au cœur de la bataille des corridors
La modernisation de Dilolo–Sakania intervient alors que les puissances régionales et internationales cherchent à sécuriser les infrastructures reliant les ressources minières d’Afrique centrale aux marchés mondiaux. La RDC dispose d’importantes réserves de cuivre et de cobalt, deux ressources stratégiques pour les chaînes industrielles mondiales. Mais la valeur de ces minerais dépend aussi de la capacité à les transporter rapidement et à moindre coût vers les marchés d’exportation. C’est précisément sur ce terrain que le Corridor de Lobito entend prendre une nouvelle dimension. Reliant les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito sur l’Atlantique, le corridor offre une alternative aux itinéraires logistiques plus longs et potentiellement plus coûteux passant par les ports d’Afrique australe.

Au-delà du cuivre et du cobalt
Le véritable enjeu économique pourrait toutefois se situer au-delà des minerais. Un réseau ferroviaire plus efficace peut réduire les coûts d’acheminement des produits agricoles, des biens de consommation et des équipements industriels, tout en favorisant la création de plateformes logistiques et de nouvelles chaînes de valeur le long du corridor. Des secteurs comme l’entreposage, la transformation agroalimentaire, la maintenance ferroviaire, les services logistiques et la sous-traitance industrielle pourraient bénéficier de cette nouvelle connectivité. Le rail pourrait ainsi produire un effet de levier : moins de coûts de transport, davantage d’échanges, puis davantage d’investissements privés.

Une infrastructure, mais surtout une stratégie
Pour la RDC, l’enjeu est donc de transformer son rôle de fournisseur de matières premières en celui d’un acteur davantage intégré aux chaînes de valeur régionales. C’est également ce qui donne au Corridor de Lobito une portée géopolitique. Derrière les rails, les ports et les minerais se joue une compétition plus large pour le contrôle et la sécurisation des grandes routes commerciales africaines. Si les investissements ferroviaires s’accompagnent d’une amélioration des infrastructures routières, des procédures douanières, de l’énergie et des capacités industrielles, le corridor pourrait progressivement devenir autre chose qu’une simple voie d’exportation.

Le véritable test sera alors moins la quantité de minerais transportés vers l’Atlantique que la capacité du corridor à créer de la valeur sur son passage. Pour la RDC, le pari est considérable : transformer 1 000 kilomètres de voies ferrées en un levier d’intégration économique régionale. Et si le projet atteint ses objectifs, le Corridor de Lobito pourrait bien devenir l’une des artères économiques les plus importantes de l’Afrique centrale de la prochaine décennie.

31/08/2026

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L’Afrique du cacao prépare-t-elle son OPEP de l’or brun ?À Abuja, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ...
30/08/2026

L’Afrique du cacao prépare-t-elle son OPEP de l’or brun ?
À Abuja, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont décidé de ne plus se contenter de produire le cacao du monde. Ensemble, ils veulent désormais peser davantage sur sa transformation, sa valeur et, à terme, sur les règles du jeu. Près des trois quarts de la production mondiale se retrouvent désormais autour d’une même table. Simple alliance industrielle ou naissance d’un véritable contre-pouvoir africain ? Pendant des décennies, la place de l’Afrique dans l’économie mondiale du cacao a semblé écrite d’avance.

Produire. Récolter. Exporter. Attendre.
Les fèves quittaient les plantations africaines dans des sacs. Elles traversaient les océans. Elles étaient transformées ailleurs, emballées ailleurs, commercialisées ailleurs. Puis, parfois, le produit fini revenait sur le continent. Le chocolat, fabriqué à partir d’un cacao africain, était vendu aux Africains sous des marques étrangères et à des prix dont l’essentiel de la valeur avait déjà été capté loin des plantations. Une anomalie économique. Une dépendance industrielle.

Et, avec le temps, une situation si ancienne qu’elle avait fini par ressembler à une fatalité.
Le 14 juillet 2026, à Abuja, quatre pays ont décidé qu’il était peut-être temps de rompre avec cette logique. La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun ont officialisé la naissance de la Cocoa Value Addition Alliance, l’Alliance pour la valorisation du cacao. Ensemble, ces quatre pays représentent une part considérable de la production mondiale. Mais leur ambition dépasse désormais largement la simple question des volumes. Transformer davantage. Créer davantage d’emplois. Produire davantage de produits finis. Développer des marques. Et, surtout, ne plus parler chacun dans son coin. La question mérite donc d’être posée, sans détour : L’Afrique du cacao est-elle en train de préparer son OPEP de l’or brun ?

Quatre pays, une même table : le rapport de force change
Le chiffre, à lui seul, impose le respect. Près des trois quarts de la production mondiale de cacao sont désormais représentés par quatre pays africains engagés dans une même dynamique. Pendant longtemps, pourtant, cette puissance potentielle n’a pas suffi à créer une véritable puissance économique. Car produire beaucoup ne signifie pas forcément contrôler beaucoup. L’Afrique a produit le cacao. D’autres ont largement contrôlé sa transformation. D’autres encore ont construit les marques, organisé la distribution, financé l’innovation et capté une grande partie de la valeur. La Côte d’Ivoire et le Ghana dominent depuis longtemps la production mondiale. Mais l’arrivée du Nigeria et du Cameroun dans une stratégie commune change la dimension du projet. Nous ne parlons plus seulement d’une coopération entre deux États. Nous parlons d’un bloc.

Un bloc qui veut mieux coordonner ses positions face aux acheteurs internationaux. Un bloc qui veut défendre ses intérêts sur les questions de traçabilité, de durabilité, de normes et de transformation industrielle. Un bloc qui commence à comprendre qu’à plusieurs, le rapport de force n’est plus le même. Car, jusqu’ici, la fragmentation des producteurs a souvent constitué l’un des principaux avantages des acheteurs. Lorsque plusieurs pays se concurrencent pour vendre la même matière première, celui qui achète dispose d’une marge de manœuvre considérable.
Mais lorsque ces pays commencent à parler ensemble, à défendre des positions communes et à réfléchir à une stratégie industrielle collective, l’équation change. Et une question commence alors à se poser : Que se passera-t-il lorsque les producteurs africains décideront réellement de ne plus négocier séparément ?

L’OPEP du cacao ? Une comparaison séduisante, mais un raccourci dangereux
La formule est puissante. Elle est médiatiquement irrésistible. « L’OPEP du cacao. » Mais la comparaison doit être maniée avec prudence. L’Alliance d’Abuja n’est pas, à ce stade, une organisation destinée à imposer des quotas de production ou à manipuler l’offre mondiale pour influencer directement les prix. Ce n’est pas un cartel du cacao. Pas encore. Et ce n’est probablement pas son objectif immédiat. La véritable ambition est ailleurs. Elle consiste à reprendre progressivement le contrôle d’une partie de la chaîne de valeur. Transformer localement.
Créer des emplois industriels. Attirer des investissements. Produire du beurre, de la poudre, de la pâte, des boissons et du chocolat. Développer des marques africaines. Renforcer le commerce continental. Et arriver face aux marchés internationaux avec une voix qui porte davantage. En réalité, le parallèle avec l’OPEP ne se trouve peut-être pas dans le contrôle des prix. Il se trouve dans une idée beaucoup plus fondamentale : la puissance économique commence lorsque des pays qui partagent des intérêts décident de ne plus agir seuls. Pendant des décennies, les ressources africaines n’ont jamais réellement manqué. Ce qui a souvent manqué, en revanche, c’est la capacité à transformer cette abondance en stratégie commune. Abuja pourrait bien être une tentative de corriger cette faiblesse historique.

Le véritable scandale : l’Afrique produit, le monde transforme, d’autres encaissent
Et si produire ne suffisait plus ? Et si l’Afrique décidait enfin de transformer davantage ce qu’elle possède ? Alors, peut-être, le 14 juillet 2026 sera regardé un jour comme bien plus que la date de naissance d’une alliance consacrée au cacao. Peut-être sera-t-il considéré comme le moment où les producteurs africains ont commencé à comprendre une vérité essentielle. La véritable indépendance économique ne consiste pas seulement à posséder ses ressources. Elle consiste à maîtriser la richesse que ces ressources permettent de créer.

Mosquées en Afrique, investissements stratégiques en Occident : pourquoi le modèle de coopération des États Arabe interr...
30/08/2026

Mosquées en Afrique, investissements stratégiques en Occident : pourquoi le modèle de coopération des États Arabe interroge

Pourquoi certains États arabes semblent-ils privilégier en Afrique la construction de mosquées et la formation d’imams, alors que leurs fonds souverains investissent massivement en Occident dans l’immobilier, la finance, les infrastructures, la technologie, la santé, les télécommunications et l’industrie ?

La question mérite d’être posée, non pas pour opposer les religions ou les peuples, mais pour interroger les priorités économiques et géopolitiques qui accompagnent les relations entre les monarchies du Golfe et l’Afrique. Il y a quelques semaines, une déclaration du président burkinabè Ibrahim Traoré a largement circulé, selon laquelle l’Arabie saoudite aurait proposé de financer la construction de 200 mosquées au Burkina Faso et que le président aurait souhaité que ces ressources soient plutôt consacrées aux écoles, aux hôpitaux et aux entreprises créatrices d’emplois.

Mais cette polémique soulève une question plus large : quelles sont réellement les priorités des investissements des monarchies du Golfe en Afrique, et comment les comparer à leurs investissements en Occident ?

En Occident, des milliards investis dans les secteurs stratégiques
Lorsqu’on observe les investissements internationaux du Qatar, le contraste est frappant. La Qatar Investment Authority, le fonds souverain qatari, investit dans des secteurs aussi variés que l’immobilier, la finance, les infrastructures, la technologie, la santé, les télécommunications, l’hôtellerie ou encore le sport. En Allemagne, le Qatar détient notamment des participations dans des groupes tels que Volkswagen, Siemens, RWE, Deutsche Bank et Hapag-Lloyd. Volkswagen indiquait ainsi qu’au 31 décembre 2025, Qatar Holding détenait 17 % des droits de vote du groupe, faisant du Qatar l’un de ses principaux actionnaires.

Au Royaume-Uni, la Qatar Investment Authority détient 20 % de Heathrow Airport Holdings, la société propriétaire de l’aéroport d’Heathrow. Elle contrôle également Harrods, l’une des marques commerciales les plus prestigieuses du Royaume-Uni. La France n’est pas en reste. Les capitaux qataris sont présents notamment dans l’immobilier et l’hôtellerie de luxe. Katara Hospitality, le groupe hôtelier qatari, possède notamment The Peninsula Paris dans son portefeuille. Le Qatar investit donc dans des actifs qui peuvent générer des revenus, prendre de la valeur, renforcer son influence économique et lui permettre de diversifier une richesse initialement largement issue des hydrocarbures.

L’Arabie saoudite poursuit une logique comparable
L’Arabie saoudite utilise elle aussi son fonds souverain, le Public Investment Fund (PIF), pour transformer les revenus pétroliers en actifs internationaux. Aux États-Unis, le PIF a investi massivement dans Lucid Motors, le constructeur automobile électrique, et a développé des relations d’investissement avec des géants de la finance comme BlackRock, Goldman Sachs et Brookfield. Le fonds saoudien affirme également avoir investi environ 170 milliards de dollars dans l’économie américaine depuis 2017, en incluant investissements directs, engagements dans des fonds et achats de biens et services. En 2024, un partenariat de 5 milliards de dollars avec BlackRock a notamment été annoncé. Dans le secteur technologique, l’Arabie saoudite développe également des collaborations avec Amazon Web Services, Microsoft, Oracle et Google Cloud. Au Royaume-Uni, le PIF possède une participation importante dans Heathrow Airport Holdings et détient 80 % de Newcastle United. Encore une fois, la logique est claire : transformer une partie des revenus pétroliers en participations industrielles, financières, technologiques, immobilières, sportives et infrastructurelles.

Alors pourquoi cette logique paraît-elle différente en Afrique ?
C’est ici que le débat devient véritablement intéressant. L’objectif n’est pas de nier les investissements arabes en Afrique. Ils existent, parfois à grande échelle. La question porte plutôt sur la nature et la visibilité de certains programmes de coopération. Lorsqu’un pays africain manque d’universités, d’hôpitaux, de laboratoires, d’usines, de réseaux ferroviaires, de centres technologiques et d’industries capables de créer des millions d’emplois, on peut légitimement se demander pourquoi les partenariats internationaux ne placeraient pas davantage ces secteurs au cœur de leur stratégie.

Car une mosquée peut être utile à une communauté. Une école transforme une génération. Un hôpital sauve des vies. Une université produit des compétences. Une usine crée des emplois. Un laboratoire produit de la connaissance. Une infrastructure moderne augmente la productivité d’une économie. Ce ne sont pas les mêmes effets économiques.

Le véritable problème est celui du modèle proposé à l’Afrique
Il serait cependant injuste d’accuser indistinctement « les Arabes » d’une stratégie unique. Les États arabes ne constituent pas un bloc homogène. Le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Maroc, l’Égypte ou encore d’autres pays ont des politiques, des intérêts et des stratégies différentes. La question doit donc être adressée aux États, aux fonds souverains, aux institutions et aux organisations concernés, et non à des populations entières. Mais cela ne doit pas empêcher de poser une question dérangeante : Pourquoi l’Afrique est-elle si souvent considérée comme un espace où il faut apporter une influence religieuse, culturelle ou humanitaire, alors que les mêmes capitaux peuvent être mobilisés ailleurs pour prendre des positions dans des entreprises, des technologies et des infrastructures stratégiques ?

C’est peut-être là que se trouve le véritable problème. Si l’on ne propose aux populations africaines que des lieux de culte, des formations religieuses et des programmes de prédication, tout en réservant les investissements les plus ambitieux aux secteurs industriels, financiers et technologiques des économies occidentales, on ne contribue pas réellement à transformer la structure économique africaine. On contribue surtout à renforcer une influence.

L’Afrique doit demander davantage
Elle devrait demander des universités, des hôpitaux, des usines, des centres de recherche, des infrastructures énergétiques, des entreprises technologiques, des réseaux de transport, des fonds d’investissement, des formations professionnelles et des partenariats industriels. Elle devrait surtout demander que ses ressources et ses marchés servent à construire une économie capable de produire sa propre richesse. Car le véritable enjeu n’est pas de savoir combien de mosquées on peut construire en Afrique.

L’Afrique a besoin de foi pour ceux qui veulent croire, mais elle a aussi besoin de science, d’industrie, de technologie, de capital et de travail pour ceux qui veulent construire. Et si certains partenaires étrangers considèrent réellement l’Afrique comme un continent stratégique, alors qu’ils le démontrent par leurs investissements. Pas seulement en construisant des lieux où les Africains peuvent prier. Mais en construisant aussi les lieux où ils pourront apprendre, soigner, produire, innover et créer leur propre richesse. Car une Afrique que l’on aide uniquement à prier restera dépendante. Une Afrique que l’on aide à produire, à apprendre et à investir pourra enfin devenir une puissance.

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