Fosse Commune

Fosse Commune Journaliste, spécimen et anthropologue autoproclamée de fosse .

Cryptide post-punk provincial aperçu entre deux parkings Indigo, une crash bar et un bar à huîtres avec un tutu noir et une théorie sur les merguez de festival.

RETOUR DE FOSSE / IST IST : MANCHESTER A DÉBARQUÉ À LILLE ET JE ME SUIS TRANSFORMÉE EN NEM VAPEUR AVEC DES DOCS(ou comme...
29/05/2026

RETOUR DE FOSSE / IST IST : MANCHESTER A DÉBARQUÉ À LILLE ET JE ME SUIS TRANSFORMÉE EN NEM VAPEUR AVEC DES DOCS
(ou comment quatre Anglais élevés sous la pluie ont transformé l’Aéronef en annexe émotionnelle du Grand Manchester)

Rien n’aurait pu me faire rater IST IST à L'Aéronef. Rien. Ils ont donné une date de transit en France au retour du Wave Gotik Treffen. C’était presque chez moi. À Lille. J’ai donc affronté une chaleur absolument absurde pour aller retrouver l’un des groupes actuels les plus passionnants de Manchester.

Déjà. IST IST c’est un groupe Covid. Ils ont sorti leur premier album en 2020, quand on était enfermés comme des rats privés de décibels et de vie normale. DIY jusqu’au bout des ongles : propre label (Kind Violence Records), propre production, réputation construite à l’ancienne par les concerts, le bouche-à-oreille et une fanbase extrêmement fidèle. Une anomalie. Cinq albums en six ans. À ce stade, soit ils travaillent beaucoup, soit ils ont trouvé une faille dans l’espace-temps Cinq albums déjà et ils enchaînent les sold out au Royaume-Uni. Surtout chez eux où ils sont devenus l’un des nouveaux fleurons de la scène locale.

Et forcément, ils revendiquent leurs racines post-punk mancuniennes. Mais ils y ajoutent des synthés, des textures, des sons chelous, des séquences électroniques et une vraie modernité sans ressortir Joy Division du congélateur à chaque interview. Merci à eux.

Vu d’ici, IST IST n’est pourtant pas encore bien connu. Le petit club de l’Aéronef était donc parfaitement logique. De l’autre côté de la Manche, en revanche, les mecs jouent déjà dans une autre catégorie. Genre remplir le Albert Hall chez eux.
Ici, j’ai même eu la chance de les croiser avant le concert. Quatre types en glandouille dans le patio. J’ai été alerté par l’accent au loin car je connais pas bien leur tronche. C’était eux. Ce qui m’interpelle sur une nouvelle compétence : identifier les Mancuniens comme d’autres reconnaissent les espèces migratrices. Vérification discrète sur Google. Confirmation. Approche.
Juste quatre types en terrasse en train de profiter du soleil lillois. Ce qui est déjà suspect pour des gens élevés sous la pluie anglaise et qui remplissent les salles de l’autre côté de la Manche.

Une heure plus t**d, les mêmes types allaient transformer l’Aéronef en annexe émotionnelle du Grand Manchester.
Sur scène, IST IST ressemble exactement à ce que Manchester produit de mieux : une présence. Un flow. Une philosophie locale : on est triste mais on danse quand même.

Adam Houghton tient le centre avec une voix très particulière. Pas seulement grave.
Des chanteurs graves, il y en a plein. Lui possède une voix qui semble déjà contenir la météo du Nord-Ouest anglais dedans.

Tee shirt banal. Guitare honnête.
Puis il ouvre la bouche. Et immédiatement : signature vocale. Les yeux fermés, dans le brouillard, dans la vapeur humaine ou au fond d’un tunnel, tu sais que c’est IST IST.

À la basse, Andy Keating apparaît comme une silhouette sortie d’un film noir. Énergie du type qui a vu des choses dont il préfère ne pas parler mais qui va groover quand même.

Derrière, Joel Kay se manifeste principalement sous forme d’un crâne chauve apparaissant entre deux cymbales. Preuve scientifique de l’existence d’un batteur qui maintient toute la machine en mouvement.

Enfin Mat Peters, à la guitare et aux claviers, construit les textures et les nappes comme un homme occupé à négocier directement avec le climat local.

L’ensemble dégage quelque chose de rare :
une élégance sans effort. Une force tranquille. Un post punk pur qui frôle avec le goth rock parfois. Et parfois les fantômes de la Hacienda qui passent discrètement entre deux morceaux.

Et là arrive le seul problème de la soirée.
Vingt-deux morceaux si j’ai bien compté la set list que j’ai aperçu à l’envers (avant qu’un flan l’arrache avant le rappel). VINGT-DEUX.
La setlist la plus longue de l’histoire de Fosse Commune.
Plus long, il faut appeler The Cure.
Attention : ce n’est pas une critique.
Parce que sur scène, IST IST, ça déboîte.
Mais il faisait une chaleur de forge industrielle. À partir du quinzième morceau, j’ai cessé d’être une personne. J’étais un nem vapeur avec des Doc Martens.

On transpire dans des endroits que même la biologie ignore. À un moment, on décroche un peu.

Et c’est dommage. Parce qu’après arrive l’autoroute des bangers. Dont un immense I Am The Fear. Le morceau qui m’a fait découvrir le groupe. Et qui reste un pied absolu en live.

La fosse souffre. La fosse danse. La fosse fond. À la sortie, nous étions tous rouges, trempés et vaguement cuits à cœur. Je pense sincèrement que l’énergie dégagée dans le patio de l’Aéronef aurait pu faire avancer le petit train de la baie de Somme.

On était morts. Mais heureux.

Et ça, finalement, c’est la définition exacte d’un bon concert.

Merci à pour le complément de photos (j’avais de la buée sur la lentille)
Comme d’habitude j’ai mis un petit bout de vidéo sur mon Insta si vous voulez entendre.













28/05/2026

TRANSMISSION NOCTURNE

Observation sur site d’un double red flag au rail commis par deux spécimens visiblement en couple :

✅zéro mouvement pendant tout le set mais stratégiquement collés à la meilleure place. Deux moules de front stage authentiques. Genre « je garde trois places quand mon mec va pi**er au cas où quelqu’un veuille s’approcher du périmètre ».
✅puis récupération de la setlist AVANT le rappel. Ils ont carrément décollé le scotch sur le pédalier du bassiste.

Non. Ça ne se fait pas. Une setlist ne vaut que si elle est donnée.

Et le rail mérite du vivant. Pas des moules de rail mal éduquées avec l’énergie d’un loto de salle des fêtes.

Fin de transmission.

CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL  #57LE PÊCHEUR  A LA CARPE DE LA FOSSE(Série d’observation hivernale en attendant les migration...
28/05/2026

CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL #57
LE PÊCHEUR A LA CARPE DE LA FOSSE
(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : le type qui a traversé l’enfer sonore pour recréer un dimanche de carpiste au bord d’un étang.)

Il arrive tôt. Très tôt. Pas pour être devant. Pas pour voir les balances. Pas pour choper un médiator.

Non. Il arrive tôt pour choisir SON SPOT.

Le pêcheur ne cherche pas la fosse.
Le pêcheur cherche de l’ombre, une bonne visibilité sur les écrans géants, une zone de circulation raisonnable et surtout un terrain compatible avec sa chaise pliante Decathlon.

Car le pêcheur ne s’assoit jamais par terre. Le pêcheur est équipé.
✅ bob
✅ glacière
✅ siège pliant
✅ bière fraîche
✅ claquettes
✅ parfois un mini-saucisson
✅ regard paisible d’homme qui n’ira jamais dans un wall of death
✅ Posture de pêche au silure

Le plus fascinant reste son adaptation totale au milieu hostile.

Autour de lui : des flammes, du blast beat, des slammeurs humides, un type déguisé en Blanche-Neige sous kétamine et probablement quelqu’un qui hurle SLAYER hors contexte. Rien de l’atteint.

Le mec traverse l’un des environnements les plus agressifs du continent pour retrouver exactement la même énergie qu’un étang municipal de l’Aisne un dimanche à 15h.

Il ne bouge pas. Il observe. Il hoche vaguement la tête. Comme un homme venu regarder des carpes remonter doucement à la surface d’un lac. Il regarde les écrans comme s’il était devant le Tour de France mais avec des mecs qui growlent.

Le pêcheur ne participe pas au festival.
Le festival se déroule autour de lui.

Tu passes devant lui à 14h : il est là.
Tu repasses à 19h : il est là.
Tu reviens à 23h : il est toujours là mais avec une lampe frontale.

Tu te traînes après un concert apocalyptique, couvert de poussière, avec un rein déplacé et une godasse en moins : IL EST ENCORE LÀ.

Même posture. Même bière. Même sérénité.

Le pêcheur semble avoir trouvé un secret inaccessible au reste de l’humanité : faire du festival une activité vaguement reposante.

Et puis il existe une sous-catégorie plus rare mais documenté : le pêcheur sédentaire de camping. Celui qui arrive avec un canapé, une table basse, parfois une lampe, un frigo, probablement un service à pastis et une installation qui évoque davantage un salon PMU en zone sinistrée qu’un festival extrême.

Ce spécimen ne se déplace quasiment jamais.

Le festival entier devient alors une simple ambiance sonore accompagnant son apéritif longue durée. À ce stade, il ne manque plus qu’un petit étang artificiel et un concours de pétanque sponsorisé par Kronenbourg.

Le plus beau ? Le pêcheur n’a pas l’air malheureux. Jamais.

Pendant que toi tu souffres du soleil, de la boue, des toilettes, de la foule, de ton dos et de ton existence entière, lui semble avoir atteint une forme de paix intérieure alcoolisée.

Et honnêtement ? Je crois qu’il a gagné.

Prochainement : suite de la cartographie à la découverte du bar à eau. L’endroit où nous sommes tous juste des mammifères déshydratés autour d’un tuyau.










(Merci à Laurent Igarza pour l’inspiration)

DESCENTE EN FOSSE / CORLYX VA TRANSFORMER OBERKAMPF ET NANTES EN CABARET GOTHIQUE SOUS PERFUSION DE ROUGE À LÈVRES ET DE...
28/05/2026

DESCENTE EN FOSSE / CORLYX VA TRANSFORMER OBERKAMPF ET NANTES EN CABARET GOTHIQUE SOUS PERFUSION DE ROUGE À LÈVRES ET DE FUZZ
(ou comment Paris va probablement perdre toute notion de sobriété capillaire le 30 mai après leur concert à Nantes le 29 mai)

Bon.

Normalement j’aurais dû être là.

Parce qu’entre le glam décadent, les synthés darkwave, les silhouettes sorties d’un saloon vampirique, et les gens qui ressemblent à des pirates maudits sous eyeliner… vous pensez bien que ça coche plusieurs cases dans mon cerveau malade.

Mais je pars à Nice.

Donc pendant que certains d’entre vous vont errer du côté d’Oberkampf et dans les rues de Nantes en noir intégral sous lumière rouge, moi je serai probablement sorti d’un avion low-cost avec un tote bag rempli de chargeurs et de Doliprane.

Et honnêtement, de ce que j’ai creusé sur Corlyx, ça a l’air franchement bien barré. En tout cas totalement compatible avec mon ADN nourri à Bauhaus et au spray capillaire

Le groupe, formé à Los Angeles et désormais installé entre le Royaume-Uni et l’Italie, mélange post-punk, darkwave, rock alternatif et électronique dans une espèce de cabaret gothique ultra théâtral signé chez Out Of Line Music.

Emmené par Brandon Ashley, ils ont déjà tourné sur des festivals comme M’era Luna, Wave Gotik Treffen, Infest UK, Dark Malta… et semblent avoir compris un truc essentiel : la discrétion est une perte de temps!

Leur réputation live repose justement sur des performances ultra énergiques, des morceaux très dancefloor darkwave, et une esthétique qui hésite entre The Sisters of Mercy, Mötley Crüe, un club goth berlinois, et une rupture sentimentale sous machine à fumée.

En première partie à Paris : Saigon Blue Rain.

Corlyx jouera aussi à Nantes demain, le 29 mai, avec Nox Novacula et Diamond Dog au cold crash.

Soutien total aux gens qui continuent à faire du dark, du bizarre, du théâtral, et du rock qui sent encore un peu le rouge à lèvres, la fumée et les nuits qui tournent mal.

En attendant. Hydratez-vous. Prenez soin de vos lombaires. Et revenez maquillés mais vivants.










DESCENTE EN FOSSE / IST IST DEMAIN À L’AÉRONEF : MANCHESTER VA ENCORE NOUS METTRE UN COUP DE DÉPRESSION DANSANTEBon. Dem...
27/05/2026

DESCENTE EN FOSSE / IST IST DEMAIN À L’AÉRONEF : MANCHESTER VA ENCORE NOUS METTRE UN COUP DE DÉPRESSION DANSANTE

Bon. Demain je vais voir IST IST à L'Aéronef à Lille. Et franchement j’ai hâte de replonger dans cette spécialité mancunienne très particulière : être triste… mais avec une excellente ligne de basse.

IST IST c’est : sombre, tendu, élégant, honnête et suffisamment bon pour me faire passer du stade : « tiens c’est pas mal » à « ok je vais maintenant traquer ce groupe partout ».

Et pour rien arranger : Eosine ouvre la soirée. Belges. Dream pop/post-punk/grunge étrange. Nom de médicament. Déjà j’aime bien.

Je vous raconterai. Si Manchester ne décide pas de me dissoudre émotionnellement avant le rappel.

bouchons d’oreilles ✅
mélancolie fonctionnelle ✅
capacité à danser sans être heureuse ✅







RETOUR DE FOSSE / SKUNK ANANSIE X GARBAGE : LE BUSINESS DES ANTI-RIDES PEUT ALLER SE FAIRE FOUTRE… ET ON N’A PAS RENTRÉ ...
26/05/2026

RETOUR DE FOSSE / SKUNK ANANSIE X GARBAGE : LE BUSINESS DES ANTI-RIDES PEUT ALLER SE FAIRE FOUTRE… ET ON N’A PAS RENTRÉ LE VENTRE
(ou comment pendant que la société essaie de refourguer des soutifs de mémère et des huiles raffermissantes aux femmes, Skin et Shirley continuent à mettre des Zénith à genoux)

Hier soir, sous une chaleur absolument infernale, j’ai enfilé mon tutu noir, mes Docs et mon eyeliner de survivante pour aller au Zénith Paris - La Villette voir deux icônes absolues de mon adolescence : Skunk Anansie et Garbage.

DEUX VOIX

J’avais rendez-vous avec deux femmes qui ont aujourd’hui, selon les algorithmes de Meta, l’âge de recevoir des pubs pour des gaines chauffantes, des applications anti-rides, des probiotiques pour le transit et des astuces à la con pour lisser, gommer, disparaître. C’est extrêmement vexant. Et faux.

Et comme prévu, j’ai vu deux machines de guerre. Deux bombes. Deux voix. Deux icônes. Deux doigts d’honneur à la meute des mâles alpha, _ les mêmes qui pensent qu’un podcast crypto est une personnalité_, à la connerie ambiante et au business des bas de contention.

Avec toutefois deux façons d’occuper l’espace.

Skin arrive comme un volcan calme. Elle sourit, elle dé***ne, elle parle avec une toute petite voix douce… puis elle ouvre la bouche et le Zénith entier décolle du sol.
Shirley Manson, elle, transforme la salle en cathédrale glacée. Le genre de regard qui peut faire fondre un manager de start-up à 40 mètres. Élégance absolue. Colère froide intacte. Humour écossais meurtrier. Sourire en coin.

Et surtout : aucune des deux ne joue à avoir 25 ans.

Elles ont mieux à faire. Comme par exemple chanter, occuper l’espace, tenir le set et incarner leur groupe.

DEUX MONUMENTS

Skunk Anansie : toujours le line up stable. Groove, puissance, maîtrise. Toujours ce mélange inclassable de rock, métal, funk, groove industriel. Irrésistible. Superbe. Et toujours « Cass » à la basse avec cet air de « je suis hyper chill mais tout peut vite me faire c***r », ce qui est honnêtement une énergie de bassiste extrêmement saine.
Ça court. Ça vit. Y’a des flammes en plastique gonflable. Des amplis monstrueux partout. C’est presque un show à l’américaine.
Avec en cerise sur le gâteau l’arrivée d’un type en slam jusqu’à la scène. Frah de Shaka Ponk. Présent dans la fosse du Zénith. Il a passé tout le concert là. Pas en loge VIP. Pas en retrait. Ce qui dénote d’une approche très saine du star system dans cette famille musicale.

Garbage : line up presque stable depuis les origines. À l’inverse de Skunk, ils ont choisi une sceno minimaliste. Rien qui traîne sur scène : pas d’amplis visibles, plateau ultra épuré et setup moderne/direct. Toute la lumière est sur Shirley. Les autres sont bien présents mais visuellement en retrait. C’est carré. C’est réglé au poil de cul pour laisser toute l’amplitude à leurs compos.
Garbage ça pourrait sembler un peu sirupeux de loin. Gentil ? Pas du tout gentil.
Ça sent le cambouis grunge sous le parfum cher. Garbage a toujours eu ce piège magnifique : des mélodies souples, presque élégantes… mais derrière ça cogne. Ça gronde. Ça vient de l’école du rock alternatif américain des années 90. Pas de la tisane acoustique.
Butch Vig, leur batteur, c’est littéralement : une partie de l’histoire du rock alternatif des année 90. Il a un CV de fou malade mais j’ai qu’un truc à dire pour le situer : il a produit Nevermind de Nirvana. Voilà. Le CV commence là. Circulez !

MORALE DE L’HISTOIRE

Bilan de la soirée. J’ai eu chaud. J’ai chanté. J’ai kiffé. Mais surtout je me suis sentie à ma place. Avec le droit de porter un tutu, des Docs, du mascara qui coule et ma grande gu**le au lieu de disparaître discrètement en arrière-cuisine avec des recettes de compote anti-oxydante et des tutos « comment rester désirable après la ménopause » sponsorisés par du collagène marin.

Et pour conclure je vais rappeler ce que Shirley a répondu à ceux qui trouvent qu’elle a vieilli (déjà gros red flag au bipède qui a pensé que son avis avait été sollicité) :

« J’ai presque soixante ans. Bien sûr que je ne vais pas ressembler à la femme que j’étais à la fin de mes vingt ans. Et honnêtement, je trouverais ça un peu flippant si c’était le cas. Je vais continuer à vieillir comme je suis. Je vais continuer à avoir des rides, à me tasser un peu ici, à prendre un ou deux centimètres ailleurs… mais je continuerai toujours, pour toujours, à rocker plus fort que la plupart des gens. »

Eh bien écoute Shirley (si tu me lis ce dont je doute) : mission accomplie !
Ce n’est pas ton âge qui m’a frappée. C’est le fait qu’il faille encore expliquer à des fatigués du bulbe que c’est la voix, la présence, l’intelligence, l’humanité et la puissance qui comptent. Pas l’état civil.
Moi, hier, j’ai vu deux artistes immenses.
Drôles. Sexy. Vivantes. Puissantes. Techniques. Et profondément libres.

Et bordel… ça fait du bien.

PS : j’ai posté deux bouts de vidéos sur mon Insta. Très court. J’ai pas que ça à fo**re en concert. Mais ça vous donne une idée.

PS 2 : y’a mon copain David Poulain Live Photography qui y était. Il a déjà mis en ligne de belle photo. Allez y voir. Moi je fais ce que je peux 🤣

















CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL  #56LA NAVETTE RETOUR OU LE BUS DES ÂMES FROISSÉES(Série d’observation hivernale en attendant l...
25/05/2026

CARTOGRAPHIE DE FESTIVAL #56
LA NAVETTE RETOUR OU LE BUS DES ÂMES FROISSÉES
(Série d’observation hivernale en attendant les migrations festivalières. Aujourd’hui : le trajet silencieux où 47 humains découvrent simultanément l’existence de leurs lombaires)

Bénis soient les festivals qui mettent des navettes gratuites à disposition.

On pourrait parler de file d’attente, de bus bondés, de ret**d pendant des plombes mais je ne le ferai pas. Car tous les gens qui ont déjà vécu 4 km de détresse vers un parking avec les mollets en feu comprennent immédiatement la valeur SPIRITUELLE d’un siège en plastique dans une navette. Et ça n’a pas de prix.

J’ai déjà évoqué la grande marche des zombies vers le parking. Cette longue migration nocturne de festivaliers détruits avançant dans la poussière, la boue ou le gravier avec un regard de survivant climatique. C’est moche.

La navette, elle, offre exactement la même expérience. Mais assis. Et surtout : assis pour la première fois depuis douze heures.

D’ailleurs, le festivalier de navette s’assoit avec la lenteur d’un homme de 87 ans qui vient de traverser Verdun avec un tote bag rempli de merch approximatif. Il s’affaisse dans un râle de détresse ou de soulagement. On ne sait plus.

Alors qu’à l’aller, les gens sont gonflés à une énergie suspecte et pleine d’optimisme « CE SOIR ON TIENT JUSQU’AU BOUT! » Au retour : silence d’hôpital de campagne. Sauf un type qui n’est pas redescendu depuis 48h. Lui continue à vivre comme s’il venait d’arriver. Les pupilles dilatées. En sueur. Toujours à 200 BPM. Le Taz.

Autour : humanité molle, trop de buée sur les vitres, chaussures pleines de boue, odeur de poussière tiède, gens qui dorment assis comme des oiseaux mazoutés, regards vides, téléphone à 2 % et parfois un type qui mange encore des frites froides en silence. L’intégrité de la navette a perdu 3 points d’audition et 6 ans d’espérance de vie.

On trouve pêle-mêle l’intégralité de la faune festivalière mais hautement chiffonnée :

- Le barbu torse-poil n’est plus qu’une masse silencieuse fixant le vide.
- Le mec qui criait SLAYER parle à voix basse
- Le slammeur est devenu une éponge
- Le t-rex n’est plus qu’un tas de plastique fondu.
- Le mec en blanc est noir
- Le mec en tong souffre
- Le mec en kilt regrette.

La navette transporte toujours au moins un homme au bord d’un événement digestif majeur. Tout le bus le sait. Personne n’en parle. On prie pour qu’il tienne jusqu’au premier bas-côté.

Et évidemment, il y a TOUJOURS : le survivant encore beaucoup trop chaud. Souvent le mec en slip depuis 16h d’ailleurs.

Alors que le reste du bus est déjà en état de momification avancée, le type hurle, chante, veut refaire la soirée, tape dans les sièges, tente un « ALOOOOORS ON DORT OU PAS ??? » !?

En face ? C’est le silence collectif. Personne ne parle. Mais tout le bus pense : « Si tu cries encore une fois on t’abandonne sur un rond-point. »

Car dans la tête de chacun c’est déjà la valse des questions et des regrets.

- on estime le temps pour sortir du parking (entre 14 minutes et la mort clinique)
- on cherche la localisation du premier McDo encore ouvert
- on sait qu’on va probablement retirer de la paille de festival d’endroits chelous jusqu’à jeudi
- on pense à ses pieds
- à son foie
- à ses tympans
- à son dos
- à son lit
- à un plaid, une camomille et du silence
- à la possibilité très théorique de ne jamais retourner travailler !

Certains regardent leurs photos. D’autres fixent le vide. Beaucoup essayent simplement de ne plus bouger jusqu’au parking.

Et au milieu : un seul individu reste encore branché directement sur le générateur du festival. Encore lui. Il chante. Il tape dans les barres du bus. Il propose un after.

Personne ne comprend comment il est encore vivant. Le bus entier le regarde comme une anomalie biologique.

Puis la navette s’arrête. Et le même homme hurle : « ON REMET ÇA DEMAIN ??? »

Pendant que 80 personnes envisagent très calmement de mourir dans leur voiture. Jusqu’au lendemain.

Prochainement suite de la carto avec un nouveau spécimen : le pêcheur, celui qui vient en fosse avec le matos et l’énergie d’un carpiste.


















GARBAGE × SKUNK ANANSIE DEMAIN AU ZÉNITH ET TOUJOURS AUCUNE ENVIE DE RENTRER LE VENTREBon. Demain j’y retourne. Directio...
24/05/2026

GARBAGE × SKUNK ANANSIE DEMAIN AU ZÉNITH ET TOUJOURS AUCUNE ENVIE DE RENTRER LE VENTRE

Bon. Demain j’y retourne. Direction Zénith Paris - La Villette !

Garbage et Skunk Anansie sur la même affiche. Franchement mon adolescence intérieure est déjà en train de mettre des Doc Martens.

Je vais revoir deux groupes qui m’ont appris très tôt qu’une femme pouvait :
✅prendre de la place
✅faire du bruit
✅être étrange
✅intense
✅politique
✅et ne jamais s’excuser d’exister.

Et honnêtement ? Vu l’époque, ça repose.

Demain j’ai donc rendez-vous avec deux meufs badass:
- Shirley qui te regarde comme une professeure de mépris élégant
- Skin qui transforme une salle entière en démonstration de résistance physique.

Je suis prête :
parking réservé ✅
bouchons d’oreilles ✅
système nerveux vaguement briefé ✅

Demain la fosse sentira : la sueur, les années 90, et le refus très polie et décorative.

Je vous raconterai. Ou pas.









RETOUR DE FOSSE / IT IT ANITA M’A DÉBOUCHÉ LE SINUS AU GRAND MIX ET CONFIRMÉ MON ENTHOUSIASME (ou comment trois Belges s...
24/05/2026

RETOUR DE FOSSE / IT IT ANITA M’A DÉBOUCHÉ LE SINUS AU GRAND MIX ET CONFIRMÉ MON ENTHOUSIASME
(ou comment trois Belges sont devenus indispensables à ma discographie alors qu’à la base j’étais juste sur une playlist Good Vibes sur Deezer)

Je suis allée voir It It Anita pour la troisième fois au Grand Mix.

Troisième claque.

Je suis rentrée avec les pieds gonflés, le tympan gauche qui vibrait encore sur l’A1 et l’impression que mon cerveau essayait de sortir par l’oreille. Mais surtout : avec un sourire jusqu’aux oreilles et cette sensation rare d’avoir pris exactement la bonne dose de chaos. J’ai juste dû écouter le best of Bob Marley sur le retour pour faire redescendre la pression interne... thérapie par les graves civilisés.

Et aujourd’hui, depuis le temps que j’en parle, il est temps que je me penche sérieusement sur ce phénomène acoustique.

Parce que je dois avouer un truc : je n’ai pas une immense culture noise.
Je connais mal les codes. Je connais mal l’écosystème. Je suis arrivée là un peu par accident.

Comme souvent dans les meilleures histoires.

Un matin, Deezer m’a balancé leur morceau « Don’t Bend » dans une playlist « Good Vibes ». Ça vous donne l’échelle du « good vibe » chez moi. C’est pas reprise bossa de « Love Will Tear Us Apart ». Nope. C’est plutôt du Killing Joke sans frein.

Bref.

Le morceau commence tranquillement. Tu crois que ça va être sympa. Presque chill même. Mais comme quand un Belge te dit : « ça pique un peu » avant de servir une bière à 14°.
Intro tranquille. Et ça décolle.
Et puis soudain tu réalises que tu es tombée sur un morceau-piège. Le genre de titre qui se colle au cerveau immédiatement.

Tu l’entends une fois. Tu le chantes pendant quatre heures.

Toutes proportions gardées, c’est mon « Tata Yoyo » à moi. Je l’entends. Il me lâche plus. Version : attaque sensorielle belge sauf que c’est pas honteux.

Donc forcément, quand je vois ensuite qu’IT IT ANITA passe près de chez moi, j’y vais.

Claque.

Je les revois ensuite à Troyes au festival Nos Rêves Font Du Bruit

Re-claque.

Et là : retour au Grand Mix pour écouter les nouveaux morceaux du dernier album HI HI HA HA en live.

Re re claque.

Je voulais surtout entendre ce que donnaient mes trois chouchous du nouvel album : Beef Up, Social Dodger et Lion Tamer. Merveille. Merveille et merveille. En boucle chez moi.

J’ai vu.

Et franchement : énorme.

J’ai essayé de faire une captation correcte, j’ai voulu mettre sur insta et je me suis aperçue qu’on entendait que la basse (rapport à mon placement au ras de l’ampeg). C’est hautement satisfaisant pour moi mais pas représentatif des textures réelles du groupe. Donc je poste pas.

En revanche. Ce que me dit ce concert c’est qu’il est le reflet de ce nouvel album : plus sombre, plus dense, plus tendu.

S’ils me lisent. Ce dont je doute. Ils vont sûrement gu**ler parce que je vais employer le mot interdit, mais oui : pour moi ça flirte encore davantage avec quelque chose de post-punk dans les sensations.

Et évidemment : moi je suis joie.

POINT FOSSE

Pour ce concert, j’avais choisi le triangle stratégique : ampli basse à droite, retour basse à gauche et cymbale dans la gu**le en face… Le seul endroit correct pour écouter de la musique. Encore que. J’ai quand même un peu mal à la tête ce matin. Mais le sacrifice était nécessaire.

Le groupe toujours aussi physique : batteur habité, bassiste ancré et chanteur ulcéré par le monde moderne

La vie quoi.

Et alors le batteur… Faut vraiment que j’y revienne parce que je l’ai énormément observé cette fois-ci.

Il est extrêmement physique. Expressif. Puissant. Toujours au ras du sol comme il se doit. Il oscille en permanence entre joie de vivre totale et colère homérique. À un moment il sourit comme un enfant qui vient de découvrir le sucre. La seconde d’après il te regarde droit dans les yeux comme s’il allait déclencher une guerre civile.

Très inquiétant. J’adore.

Pour ceux du fond qui ne connaissent pas IT IT ANITA, je précise quand même : c’est un trio belge noise/post-hardcore formé à Liège.

Des morceaux qui avancent comme des machines nerveuses : ruptures rythmiques, tension permanente au chant, textures cheloues à la guitare, basse ultra posée, batterie possédée et énorme sens du live.

Sur disque c’est déjà très bien.
Mais sur scène, ça devient un truc physique.

Tu ne regardes plus vraiment le concert.
Le groupe te traverse.

Et surtout : c’est un groupe profondément humain. Et ça compte aussi.

Parce qu’après le concert les mecs sont toujours adorables. Même quand le pauvre bassiste, de corvée de merch, doit fouiller 45 cartons à la recherche de mon t-shirt bleu taille M.

Respect à lui.

Ils jouent ce soir à La Maroquinerie à Paris.

Et pour la suite :
- 2 octobre : Romans-sur-Isère - La Cordo
- 3 octobre : Annecy - Le Brise Glace
- 9 octobre : Vauréal - Le Forum

Prenez des bouchons. Et éventuellement un scanner cérébral préventif. Mais ça vaut le coup.








CÉLÉBRATION, STRATÉGIE ET MANOWAR(Manowar c’est juste pour avoir votre attention et dire merci à ma façon)Bon. Vous êtes...
23/05/2026

CÉLÉBRATION, STRATÉGIE ET MANOWAR
(Manowar c’est juste pour avoir votre attention et dire merci à ma façon)

Bon. Vous êtes 3 500 et je vous remercie.

Idéalement j’aurais aimé qu’on soit 5 000 à partir ensemble en festival cet été mais ça semble mal barré. Non pas que ça me donne des ulcères mais ça m’interroge sur l’algorithme.

Car visiblement écrire sur :
- un type en slip dans un circle pit,
- un démon finlandais qui reprend Papa Pingouin,
- ou un chanteur dépressif nommé Eude
…ne suffit plus.

Meta demande toujours plus.

Donc. Si je veux décoller il semble que je doive désormais appliquer des méthodes modernes du succès numérique toutes plus traumatisantes les unes que les autres. Comme :

✅Poster des vidéos qui commencent par : « Salut la commu’ aujourd’hui on va parler festival ! » Déjà rien qu’en l’écrivant j’ai perdu du calcium…

✅Faire des reels où je pointe du doigt des mots qui apparaissent avec une musique de ukulélé corporate. « 3 astuces pour survivre en fosse »
Astuce 1 : boire de l’eau.
Merci Jennifer. Prix Nobel du vivant.

✅Me filmer en train de pleurer devant un line-up. Titrer dramatiquement « L’émotion… » sur une photo de The Cure.

✅Manger mes cheveux en live pour augmenter le watchtime. Apparemment l’algorithme aime quand l’humain se dégrade.

✅Faire des accroches avec : JE SUIS ALLÉE À UN FESTIVAL… CE QUI S’EST PASSÉ EST TERRIFIANT.
Spoiler : j’ai mangé une merguez à 14 euros.

✅Inventer un drama. Exemple : Le bassiste de Duran Duran m’a ghostée à Alcatraz. Primus a mal parlé à une frite belge. L’Europe vacille.

✅Faire des vidéos : POV : tu es un festivalier fatigué. Non. Je SUIS un festivalier fatigué.

✅Peindre avec de la m***e pour « sortir du lot » sur une musique de grelots amplifiés. À ce stade certains influenceurs lifestyle ne sont plus très loin.

✅Ajouter : Attendez la fin…
sur une vidéo où un type remplit une gourde.
Spoiler : à la fin, il revisse le bouchon.

✅Arrêter d’écrire des textes longs et remplacer tout mon travail par : « Lordi. Quelqu’un peut m’expliquer ? » Ah. Ça j’ai fait. Remarque … ça a fait 47 000 vues.

Et honnêtement ?
Je crois que je vais continuer à écrire mes romans sur :
- mes coups de cœur
- mon obsession pour la basse
- mes retours de fosse
- mes lombaires
- les errants digestifs de camping
- les pêcheurs à la carpe de fosse
- et les groupes régionaux de jazz fusion fluvial.

Et poster une photo de Manowar en slip à clou...

Merci de lire encore des textes longs en 2026.

Vous êtes manifestement des survivants !









#3500

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16 Rue Du Temple
Reims

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