11/11/2025
JE PEUX T'AIDER, MAIS TU DOIS ÊTRE SÛRE DE CE QUE TU DÉSIRES !
Au moment où je vous écris, je me sens au plus mal. J'ai la preuve terrible d'avoir échoué. Oui, j'ai sacrifié ce que j'avais de plus important à l'autel d'une vie libre et éphémère.
Je suis Zara.
Je suis arrivée à un point de non-retour dans ma vie.
J'ai sacrifié tous les enfants que j'aurais pu avoir. J'ai donné ce qui aurait fait de moi une femme.
Je vais vous raconter mon histoire.
Je suis née au milieu d'une crise familiale. Mes parents n'étaient pas prêts à m'accueillir. Ils avaient déjà sept enfants. Un huitième était inadmissible, surtout qu'ils tiraient le diable par la queue.
Mon père, un homme doux, rêveur, croyait dur comme fer que ses chances de réussite lui avaient été dérobées par son frère. Il l'accusait de tous les maux.
Ma mère se demandait pourquoi elle avait épousé un homme si pauvre.
C'est au milieu de ce conflit qu'elle tombe enceinte. Elle était prête à subir une interruption volontaire de grossesse, mais
très pieuse, elle s'est ravisée. Elle a contre sa volonté suivi cette énième grossesse.
J'ai passé mon enfance à subir les railleries de mes petits camarades.
Je n'avais jamais porté un vêtement neuf. Tout ce que j'avais sur le dos était raccommodé et avait appartenu à mes aînés.
J'étais très mal dans ma peau. Je parlais peu. J'écoutais et j'observais tout autour de moi.
Très vite, j'ai compris que ma place n'était pas au milieu de cette famille dysfonctionnelle.
Je devais trouver ma voie et m'envoler. Je rêvais tellement.
Je ne désirais qu'une seule chose : Être heureuse loin des miens, loin de ce conflit familial qui empêchait mon plein d’épanouissement.
J'étais la petite dernière. J'étais pourtant celle qui devait me battre pour les autres.
Mes aînés étaient de grands paresseux. Ils attendaient impatiemment que tout leur tombe dans la bouche.
C'est moi qui devais trouver de quoi remplir la marmite. C'est moi qui devais m'occuper de l’achat des médicaments de ma mère qui souffrait d’hypertension,
c'est encore moi qui devais m'occuper de ma sœur aînée qui avait depuis sa naissance des crises convulsives. Toutes ces charges pesaient très lourd sur mes frêles épaules.
Je n'avais que seize ans.
J'étais déjà la plaque tournante de la maison. Aucun de mes frères et sœurs n'avait un travail décent. Leur seule réussite consistait à manger le repas qui leur était servi chaque jour sur un plateau d'argent.
Effarée, je voyais ma vie se désagréger sous mes yeux.
Heureusement que j'avais pu obtenir mon baccalauréat ainsi que mon brevet de technicien supérieur en gestion des ressources humaines.
J'attendais un signe du ciel, un signe du destin pour m'échapper de tout ça, de mon quotidien éprouvant.
J'allais l'avoir plus rapidement que prévu. Je n'étais ni belle, ni laide mais je ne passais totalement inaperçue. J'étais quelconque. En grandissant, le petit crapaud ne s'était pas transformé en cygne. Je devais me résigner à cet état de chose. Ne pas être d'une beauté ténébreuse n'allait tout de même pas me gâcher la vie, surtout que ma mère disait souvent que seule la beauté intérieure compte. Je me retenais de lui demander où elle voyait cette beauté intérieure.
Ma taille moyenne me permettait de me fondre dans le décor.
Les prétendants, je n'en avais jamais vraiment eu, occupée à trimer pour faire vivre ma famille.
J'avais accepté ce rôle et je devais le jouer jusqu'au bout.
Je me sentais si lasse et je me demandais pourquoi tout ceci devait m'arriver à moi.
J'avais déjà vingt-deux ans, pas de petit ami, et un avenir sombre qui se profilait à l'horizon.
Malgré mon diplôme, je n'avais pas encore trouvé le travail. Ma famille ne désirait même pas que je puisse en trouver un. Elle préférait que je trime de toutes mes forces pour leur apporter à manger. J'étais leur seul point d'ancrage.
Ce jour-là, je revenais du marché lorsque je me suis écroulée en pleurant.
— Oh Seigneur, pourquoi ma vie est-elle si compliquée ?
Je n'avais pas terminé de m'apitoyer sur mon sort qu'une
vieille femme s'est avancée vers moi.
— Qu'as-tu, mon enfant ? Es-tu malade ?
J'ai levé la tête. Je ne me souvenais pas de la dernière fois qu'une personne s'était inquiétée pour moi.
Courageuse et honteuse, j'ai répondu :
— Il n’y a pas de problème maman. Je me repose. Mon sac est lourd. Tout va bien.
J'avais beau avoir une vie peu reluisante, je détestais la pitié.
— Je vois !
Ce furent ses seuls mots. Cette mamie me paraissait très
étrange. À bien y regarder, elle ne semblait pas si vieille que ça.
— Je suis désolée d'insister ma fille, mais je crois que tu ne vas pas bien.
Que s'était-il passé entre le moment où j'avais jeté ma prudence aux orties et celle où je me suis mise à vider mon sac ?
Je ne saurais le dire.
Il s'était écoulé plusieurs minutes lorsque la gentille femme me dit tout doucement :
— Je peux t'aider, mais tu dois être sûre de ce que tu désires !
J'ai essuyé mes larmes.
Être sûre de ce que je désirais ? Je le savais depuis longtemps :
— Je voudrais prendre mon envol. M'en aller loin de ma
famille si encombrante et inutile. Je voudrais avoir la possibilité de ne plus m’inquiéter du lendemain. J'aimerais vivre une vie de rêve, être insouciante, me réveiller le matin sans me poser une tonne de questions.
J'aimerais avoir ce que je n'ai jamais eu : la liberté ! La vieille dame m’a regardée :
— C'est tout ? Surprise, j'ai hoqueté :
— Parce que ce n'est pas assez ?
— Tout ce que tu viens de dire est accessible au commun des mortels. Mais tu devrais comprendre qu'une fois la machine lancée, tu ne pourras plus faire marche arrière.
J'ai voulu éclater de rire.
Pourquoi aurais-je voulu faire marche arrière ? Qui aurait aimé vivre la vie que je vivais ? Je n'étais pas masochiste, loin de là. Il me fallait changer cette vie.
— Aucune chance que je veuille revenir à mon ancienne
vie.
— Soit... Ce fût tout.
Je ne comprenais pas.
Elle m'a dit au revoir et est repartie comme par magie.
Je suis arrivée à la maison, songeuse. Ma mère m'a interrogée :
— Zara, tu sembles préoccupée aujourd’hui,
pourquoi as-tu mis si long au marché ?
J'ai poussé un soupir.
— Le soleil est brûlant maman, et la route caillouteuse, je devais m'abriter.
Elle n'a rien dit. À son air fermé, j'ai compris qu'elle ne me croyait pas.
J'ai passé la nuit à m'interroger sur cette étrange rencontre.
Je me suis résolue à l'oublier.
Deux semaines plus t**d, j'étais occupée à faire la cuisine
lorsque ma sœur aînée m'a appelée.
— Zara, une lettre pour toi ! Surprise, je me suis exclamée :
Une lettre ?
Qui m'envoie une lettre ?
J'ai ouvert la lettre en tremblant.
Découvrez l'intégralité de cette histoire sur
https://www.youscribe.com/BookReader/Index/3621071/?documentId=5711660&utm_campaign=yo&utm_content=befe2008-5ed8-44be-b6f9-1e4aa1d0c62d