24/12/2025
[DÉCLARATION ]
Fayçal Hamadou DEMAISSALA, conseiller spécial du président national du PCRN ⬇️
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A MON FRÈRE MAMOUDOU MOTA : élever le débat pour servir la démocratie.
Je t’écris avec la même franchise et le même égard qui avaient marqué notre rencontre à Paris, en juin 2016.
À cette époque, nos échanges étaient cordiaux, fraternels et empreints d’estime réciproque. Rien ne laissait alors présager le registre que tu as récemment choisi.
C’est également à Paris que j’ai rencontré Maurice Kamto, qui m’avait proposé de représenter le MRC en France.
J’ai décliné cette responsabilité par choix personnel. J’ai néanmoins tenu à apporter un soutien financier de 1 000 euros, sans calcul ni attente, par simple respect pour un combat politique que je jugeais alors sincère.
C’est donc sans animosité, mais avec gravité, que je m’interroge aujourd’hui sur le langage employé par un vice-président de parti national.
La caricature, la stigmatisation et la moquerie électorale ne grandissent ni le débat démocratique, ni ceux qui y ont recours.
Un score électoral est une donnée arithmétique. Il ne dit ni la vérité d’un pays, ni la légitimité d’un débat institutionnel, ni la profondeur des fractures territoriales auxquelles nous sommes collectivement confrontés.
Assimiler des réflexions sur l’organisation de l’État à la haine, au sang ou au repli identitaire est factuellement faux et politiquement dangereux.
L’Histoire mondiale montre que des nations fortes ont expérimenté différentes architectures institutionnelles sans jamais renoncer à leur unité.
Lorsque le débat se réduit à l’invective à la poésie de disqualification ou au procès d'intention, ce n’est pas l’adversaire que l’on affaiblit, mais la démocratie elle-même.
Surtout, il me semble que le défi prioritaire de tous les partis camerounais, sans exception, n’est pas d’assigner des intentions aux autres, mais de se renforcer de l’intérieur :
– consolider un maillage territorial réel,
– structurer durablement les bases locales,
– transformer l’adhésion émotionnelle en organisation politique crédible,
– et surtout redonner espoir et confiance à des Camerounais éprouvés par les difficultés sociales, économiques et territoriales.
C’est à cette condition que la politique retrouvera son sens. Servir, rassembler et construire.
Je continue de croire que le Cameroun mérite mieux que des anathèmes, et que notre responsabilité commune, surtout lorsqu’on dirige un parti politique, est d’éclairer, d’élever le débat, et de rassembler par la raison plutôt que de diviser par la caricature.
LE DÉSACCORD EST SAIN
LE MÉPRIS, LUI NE L'EST JAMAIS.
Fayçal Hamadou Demaissala
Conseiller spécial du Président National du PCRN
Chargé de la stratégie et de l'implantation territoriale
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