08/12/2025
Streetmedia distributeur exclusif de La Strada et de nombreux autres documentaires culturels pour les acteurs de la Culture du 06 !!!!
Édito par Michel Sajn in LA STRADA N°383 de DÉCEMBRE 2025 - JANVIER 2026 qui vient de sortir dans les bacs et sur le net dès jeudi www.la-strada.net
"MERCI" !
En cette période de fêtes de fin d’année, au milieu des fake news fabriquées par des puissances étrangères, mais aussi par des oligarques aux idées brunâtres, face à la montée de la violence, des injustices sociales, du délitement de notre environnement naturel, social et politique, on trie. La résistance se réduit à la survie, surtout à celle de nos enfants. En ce moment, c’est loin d’être évident.
En effet, pour les fêtes, on nous a fait un "beau cadeau" : le chef d’état-major de l’armée française nous dit qu’il va falloir que nous soyons prêts à sacrifier la vie de nos enfants. Avec, cerise sur le gâteau, un kit de survie en cas de catastrophe, mais aussi de guerre que le gouvernement nous adresse. Rien ne va là-dedans, car ce genre de message ne peut être du fait de l’armée en République, car c’est le peuple qui décide, par ses représentants, de ces choses. Juridiquement, c’est donc moyen. Mais plus encore, c’est le timing qui est dérangeant : loin de nous convaincre du besoin de défense nationale, le fait de l’annoncer juste avant cette période participe de cette tendance de diffusion de la peur que nous subissons. On fait monter la pression : un peu de guerre en Ukraine, un peu de guerre en Palestine, et une détente. Puis on recommence. Ici, avec cette déclaration, c’est encore plus aigu. Ce militaire craignait-il la banalisation de la guerre ? Craignait-il l’effondrement du "vouloir-vivre commun" ? Constatait-il la dislocation de l’unité de notre pays ? Le moment et la méthode sont tellement mal choisis. Le système de l’ennemi commun pour souder un peuple, on nous l’a déjà fait. Et on en connaît les résultats.
La guerre n’a jamais rien arrangé, elle se termine toujours par un traité, qui aurait dû être signé avant les centaines de milliers de morts que provoquent les combats. Rien n’est fait pour entrevoir une solution, car ceux qui nous menacent ne le font que pour leurs intérêts et ceux de leurs courtisans, de leurs "vassaux". D’ailleurs, les guerres qui ont jalonné notre histoire ont toujours été guidées par des intérêts privés. La dernière Guerre Mondiale n’a-t-elle pas été fomentée par des sociétés hyperpuissantes ? L’Ordre du jour d’Éric Vuillard (Prix Goncourt 2017) ne nous a-t-il pas donné les preuves de cette volonté de Thyssen, Krupp et consorts, qui sont allés chercher un terroriste d’extrême droite parmi d’autres, qui se nommait Hi**er ? N’ont-ils pas accompagné sa montée au pouvoir ? Le dernier ouvrage paru de Laurent Mauduit, Collaborations. Enquête sur l’extrême droite et les milieux d’affaires, publié aux éditions La Découverte en septembre 2025, explore les liens entre les élites économiques françaises et l’extrême droite, un sujet brûlant d’actualité selon l’auteur. Ne rappelle-t-il pas ce qui s’est passé en Allemagne ? Tout cela se complique, car si, à l’époque, il y avait ceux qui soutenaient l’extrême droite et ceux qui résistaient, de nos jours la "multipolarité" s’est installée et voilà qu’il y a plusieurs clans dominants qui ont tous leur propre extrême droite, ou leurs propres visions totalitaires : les USA et le QAnon, Poutine et son nationalisme, la Chine et son impérialisme, etc. Musk ne finance-t-il pas l’extrême droite allemande ? De même chez nous, avec Bolloré et Stérin, et ceux que l’on ne connaît pas : chaînes de propagande d’extrême droite, 51 % de l’édition française aux mains du magnat de la com’, révisionnisme événementiel chez de Villiers, etc., etc.
Tout ce maelström de désinformation pour nous désespérer, nous faire peur et nous faire croire que la seule solution est de sacrifier nos enfants. D’ailleurs, avec la pollution qui entraîne les changements climatiques, nous avons déjà commencé le sacrifice. Peut-être que ce n’est pas assez rapide, alors on nous impose la guerre… Après tout, avec l’IA et les robots, les dominants n'auront plus besoin d’autant d’humains pour produire. Et ces derniers demandent "trop" d’avantages sociaux. Alors, comme à chaque grand mouvement de mécontentement, on impose la guerre. C’est une "économie", ça évite les plans sociaux, c’est bon pour les balances comptables : on tue ces révoltés, la guerre est un bon alibi pour les tueries de masse. Et l’affaire est bouclée ! Voilà le cynisme inique des dirigeants du monde, qui, depuis des siècles, nous la font à l’envers. Jaurès est mort pour avoir eu l’audace d’être un pacifiste, et comme le disait Carl von Clausewitz : "La guerre n’est que la simple continuation de la politique [en faveur des nantis] par d’autres moyens." La récente déclaration de Poutine prêt à faire la guerre à l’Europe n’est que l’expression de cette cupidité morbide qui semble motiver cette montée de violence, de suprématisme et de nationalisme.
Alors les boules de Noël, nous les avons, après ces déclarations, car le constat est amer : une des périodes les plus sombres de notre histoire est en train de se reproduire sur toute la planète. Comment les peuples, nous tous, pouvons-nous voter pour des gens qui régénèrent ce qui naguère fut combattu par des millions d'individus ? Faut-il encore une boucherie pour comprendre que la LIBERTÉ est une valeur essentielle et que l’autre, l’étranger, n’est pas un danger, mais une promesse ?
Alors, "bonnes" fêtes, non pas de la consommation, mais du partage !