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Streetmedia distributeur exclusif de La Strada
10/09/2026

Streetmedia distributeur exclusif de La Strada

EDITO - Michel Sajn in LA STRADA N°391 couvrant la période du 7 SEPT au 4 OCT. 2026 qui vient de sortir dans les bacs et sutr le net www.la-strada.net
LE "VIVANT" EN VAUT LA PEINE !
Être en vacances et essayer de "déconnecter" (cf. couverture de La Strada n°390) de l'enfer de la chaleur, des incendies et des changements climatiques, mais aussi politiques, fut difficile. Mais reprendre en pensant à tout cela, et y rajouter les sautes d'humeur d'un vieillard orange qui se comporte comme un cancre morbide et met la Planète en vrac, sans compter les guerres, les présidentielles qui annoncent une "campagne de caniveau"... c'est vraiment trop ! Car l’énumération de tous ces troubles qui secouent notre planète serait presque quantité négligeable face à la catastrophe annoncée : l'affaiblissement du Gulf Stream. Hé oui ! Le bout du bout est en vue… Car lorsque ce courant maritime, régulateur d'une partie de la température terrestre, s'interrompra, nous nous retrouverons dans ce film catastrophe : The Day After Tomorrow... Certes caricatural, mais qui est un condensé de ce qui pourrait arriver.
Aussi, l'éco-anxiété augmente dans la population, surtout chez les jeunes qui désespèrent de voir les adultes aux manettes se prendre la tête sur des petites phrases, sur des concepts qui n'ont rien à voir avec ce qui les effraie vraiment. On a envie de dire à notre classe politique : "Un peu de sérieux, mesdames et messieurs… Je vous demande de vous arrêter !"
Mais nous espérons que ce numéro résonnera comme celui de la découverte par le livre grâce au Festival de Mouans-Sartoux (programme complet pages 24-25), qui nous dit cette année que Le monde en vaut la peine… Comme un appel, pour que tout un chacun réalise que notre Terre et le vivant qui l'habite valent la peine qu'on les préserve. Que ce concept devrait passer avant tous les autres tant il est essentiel. Rappelons-nous que nous vivons tous sur la même planète, que nous ne devons pas la transformer en "radeau de la Méduse", sous peine de faire disparaître toutes ses merveilles. Le livre est un moyen de voyager, de découvrir, de réfléchir, d'inventer... Préservons-le aussi, ne laissons pas les écrans le supplanter, ne laissons pas certains oligarques le censurer, l'orienter et, tout compte fait, le détruire. Il en va de notre culture, de notre lien social.
À ce propos, vous trouverez une chronique sur Le Livre de la honte (page 31), que nous avons découvert dans un autre festival exceptionnel : le Festival du Film de Douarnenez, où les documentaires ont la part belle. Il donne la parole aux réfugiés qui sont retenus contre leur gré dans des camps en Libye, en Tunisie, au Niger, etc., que l'on déporte, que l'on sous-alimente, que l'on torture, que l'on tue, que l'on livre au marché le plus sordide, celui des êtres humains et de leurs organes. Ces réfugiés ne sont pas de "bonnes victimes" expiatoires. Ils dénoncent la sale besogne
du HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) qui, loin de les protéger, les laisse à la merci des criminels et de leurs trafics effrayants. Étrangement, les médias mainstream ne livrent pas ces informations. Il n'est donc pas étonnant que la xénophobie prospère. Car il est sûr que si l'on montrait la vérité de leur condition, beaucoup plus de gens comprendraient leur fuite, qui ne vise ni à "remplacer", ni à envahir, mais juste à survivre.
Dans le genre mauvaise victime, qui n'adopte pas la contrition comme seule posture et demande des comptes, vous retrouverez Thierry Vimal et le seul-en-scène : Prom_14, qu'il a écrit (page 23) au sujet de l'attentat de Nice du 14 juillet 2016. C'est une des rares œuvres sur ce sujet et surtout, c'est une des rares tribunes ouvertes aux victimes et à leurs proches. Car souvent, pour les attentats comme pour les meurtres ou pour les crimes sexuels, on parle bien plus des agresseurs que des victimes. Ces dernières doivent lutter pour accéder aux tribunes médiatiques et politiques, ce qui, une nouvelle fois, est un paradoxe funeste dont nos sociétés ne manquent malheureusement pas en ce moment. Prom_14 se jouera au Festival du Livre de Mouans-Sartoux, là encore parce que la défense de la vie et la compassion en valent la peine. La Strada y présentera aussi, sur son stand A011, des auteurs qu'elle soutient (pages 22-23).
Enfin, dans le droit fil de ce désir de vivre et de préserver la vie, nous évoquons aussi le festival de Clown Power, manifestation familiale qui se déroulera au 109 (page 10). Le clown a ce grand avantage de pouvoir s'adresser aussi bien aux familles qu'aux adultes seulement, histoire d'interpeler le public sur nos "dérapages" modernes. Le clown, c'est un peu la base de la comédie. Il ne s'invente pas, il faut que chacun trouve le sien en lui-même. Cette autre vision de l'ego à l'éclairage de l'absurde est une manière de nous remettre tous d'accord, en riant, parce que le monde tel qu'il évolue ne peut pas être pris au sérieux ! Bonne lecture.

Streetmedia distributeur exclusif de La Strada et de nombres de documents, tracts et affiches du secteur culturel
20/04/2026

Streetmedia distributeur exclusif de La Strada et de nombres de documents, tracts et affiches du secteur culturel

EDITO - Michel Sajn in LA STRADA N°387 de mai 2026 qui vient de sortir dans les bacs et que vous pouvez retrouver dès le mercredi 22 avril sur www.la-strada.net
ARRÊTEZ LE SACCAGE !
Les changements climatiques influeraient-ils sur le climat politique ? On peut se le demander quand on voit comment notre quotidien évolue. C’est chaud, vraiment très chaud !
Le "magnat" français d’extrême droite qui possède une radio, plusieurs chaînes de TV – dont CNews, célèbre pour ses bourdes, où beaucoup trop de racistes s’expriment –, possède à présent, deux chaînes de distribution : l’une qui distribue des produits culturels, Cultura, avec en particulier un rayon librairie très important, et l’autre, Relay, tabacs/ kiosques dans les gares et les aéroports qui distribuent aussi des livres. Ceci lui permet d’inonder le marché d’auteurs d’extrême droite ou de droite radicale. Plus grave encore, il détient 51% de l’édition française. Et il a commencé la "mise au pas" des grandes maisons d’édition : il y a quelques mois ce fut Fayard, maintenant c’est au tour de Grasset, dont il vient de virer Olivier Nora, qui dirigeait cette entreprise de manière indépendante, assurant la pluralité des points de vue et des auteurs de manière remarquable depuis 25 ans.

Aussi, plus d’une centaine d’auteurs ont-ils déjà quitté cette maison et ont lancé une tribune pour expliquer leur geste. Ils commencent à imaginer comment résister à cette chape de plomb que cet oligarque abat sur un des fleurons de la culture française. Les réactions viennent de presque tous les bords politiques, mis à part les "poulains" d’extrême droite ou de droite dite radicale du "magnat". Certains essaient de trouver comment instaurer des clauses de conscience pour les auteurs, à l’instar de celles dont peuvent se prévaloir les journalistes lors d'un changement de direction. Car non content de placer ses "pions" partout, voilà que ce "magnat" fait mettre en avant tous les auteurs et hommes politiques d’extrême droite ou de droite radicale, au mépris des lauréats de prix littéraires, sans aucun souci de pluralisme.

Qui plus est, notre gouvernement surfe sur cette vague autoritaire, puisque vient d’être votée une loi qui interdit purement et simplement les free parties. Là aussi les DJs les plus connus et nombre de producteurs, Laurent Garnier en tête, sont en train de faire signer des pétitions, en espérant que ce projet de loi ne soit pas validé par le Sénat.

L’attaque lancée sur la Culture devient insupportable, car après le souhait de l’ancienne ministre de la Culture de fermer des écoles d’art, après les coupes nettes et "orientées" dans les budgets culturels de certaines collectivités territoriales, après le laxisme de l’ARCOM et des autorités par rapport à CNews, cette chaîne TV devenue une source de fake news et un robinet à insultes, il y a également la mise en faillite de la quasi-totalité des universités françaises. Sans compter les pressions exercées sur certains thésards par des grandes firmes et des puissances étrangères qui ne financent que les projets qui ne les dérangent pas et les servent, profitant ainsi du manque d’argent des universités pour imposer leur volonté. Maintenant c’est l’Édition et la Culture Populaire en direction des jeunes qui sont ciblées. La France a rayonné à travers le monde plus par sa Culture que par ses armées, plus par ses penseurs que par ses commerciaux. Et voilà qu’une bande d’incultes massacre le fleuron de notre Pays, l’ADN de notre République : la Culture.

C’est un véritable cauchemar de constater ce délitement, cette négation des sciences humaines, de la littérature, des arts et de la culture populaire. On se souvient alors que notre Président pensait, pendant le confinement, que la Culture n’était pas essentielle. Confondant, à l’époque, le danger des regroupements dans des salles de spectacles ou des lieux de culture, avec ce qu’est en réalité la Culture. En français, le synonyme de Culture est "lien social". Et s’il n’est pas essentiel, il n’y a plus de République. Car la République est une culture qui nous lie pour faire nation. Et cela entre en totale contradiction des théories nationalistes qui parlent "d’identité nationale". Alors qu’en République, l’identité ne peut être que personnelle. Ce n’est pas l’appartenance à un groupe qui nous fait français, mais le partage d’une culture : la République et plus brièvement la citoyenneté.

Dans la noirceur ambiante, une lueur tout de même : Viktor Orban a été vaincu. Ce leader hongrois possédait un cercle familial et quelques amis – 13 au total –, qui géraient 25% du PIB hongrois. Il avait mis à bas la liberté de la Presse, il était terrifiant quant à ses prises de position sur la communauté LGBTQIA+, il était anti-européen ce qui ne l’empêchait pas d’empocher la manne des subventions européennes. Ses alliés français d’extrême droite commencent d’ailleurs à être très embarrassés par ces liens d’amitié.

Cette régression généralisée, cette destruction de l’ADN de notre pays, nécessite un réveil. Il n’est plus question de jouer à la guéguerre entre gauche et droite. Il est juste question de défendre les valeurs républicaines, notre Culture. L’indignation, les manifestations, les pétitions ne suffisent plus : il faut rebâtir des pans entiers de notre société, que ces crétins démolissent sauvagement. Il n’y aura que la créativité, la solidarité et la connaissance qui pourront nous sauver. Car ces "mises au pas" ressemblent fort à des méthodes qui furent appliquées lors des heures les plus sombres de l’Europe. Et ce n’est pas le clown orange morbide qui préside l’Amérique ou le sanglier parano qui dirige la Russie qui pourront aider à quelque chose, étant donné que les deux financent les crétins qui détruisent notre culture.

C’est pour toutes ces raisons que nous poursuivons notre série de portraits dédiés aux "résistants culturels". Dans ce numéro vous trouverez Benoit Arnulf (p.16), fondateur avec l’association Les Ouvreurs du festival de cinéma q***r In&Out. Il lance un centre de mémoire LGBTQIA+, cette communauté qui a participé activement au développement et au rayonnement de notre région. Olivier Riouffe (p.11) qui ne lâche rien et continue son festival d’Arts de La Rue : Déantibulations, l'un des derniers du genre dans notre région. La réappropriation de l’espace public par la population grâce à la culture qu’il continue de préserver est un exemple de ténacité et de créativité. Antibes avec ce festival, mais aussi avec Coul'heures d’Automne, donne le la en ce domaine. Le journal Mouais et son équipe niçoise (p.24), qui ont lancé un titre national pour lutter contre cette vague autoritaire et inculte. Si les Hongrois ont – enfin – dit non, nous le pouvons aussi, par dignité et par respect à nos aïeux qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre en liberté. Et pour finir, un entretien avec un poète, également plasticien, peintre et musicien : CharlÉlie Couture (p.4), qui est resté intègre, refusant les étiquettes que le marketing voulait lui imposer. Il a toujours pensé que la poésie est une résistance face à cette censure algorithmique et à l’illibéralisme. Il a d’ailleurs choisi de participer au Festival Improbable à La Gaude, symbole de cette culture populaire, solidaire et bienveillante, qui fête cette année ses 10 ans et démontre ainsi qu’il y a de l’espoir pour nos libertés lorsque tout le monde s’y met. Nous continuerons à célébrer tous ces militants qui, contre vents et marées, font briller la Culture qui est un des fondements de notre Pays. Vive la Culture ! Vive la Liberté quand elle est mâtinée d’égalité et de fraternité.
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