24/05/2026
REPORT REPORT REPORT by Branwenn Adams
Krav Boca au KREIZ Y FEST !!
Krav Boca au Kreiz Y Fest : le chaos, les flammes… et un trapèze qui n’avait rien demandé
Il y a des concerts qu’on regarde. Et puis il y a ceux qu’on subit avec le sourire, les oreilles qui chauffent et le cerveau qui essaye encore de comprendre ce qu’il vient de se passer. Le passage de Krav Boca au Kreiz Y Fest faisait clairement partie de la deuxième catégorie.
Dès les premières minutes, l’affaire sentait le traquenard artistique parfaitement assumé. Pas le genre de concert où l’on reste sagement à hocher la tête bière à la main. Non. Ici, ça transpire la rage, le cirque post-apocalyptique et le squat punk qui aurait décidé d’envahir un chapiteau démoniaque.
Sur scène, les silhouettes apparaissent comme sorties d’un rêve fiévreux raconté après trois nuits blanches. Lumières froides, fumée épaisse, tension qui grimpe doucement… avant que tout explose sans prévenir.
Et quand on dit « explose », ce n’est pas une image.
Parce qu’au milieu de ce joyeux bo**el organisé, voilà qu’un personnage quasi démoniaque débarque, torches à la main, gu**le masquée, cornes dressées comme si quelqu’un avait laissé entrer un esprit ancien par erreur dans les balances de l’après-midi. Le feu danse, les flammes lèchent l’air, et le public oscille quelque part entre fascination totale et ce petit réflexe universel : “attends… c’est normal ça ?”
Spoiler : chez Krav Boca, oui.
Ce qui frappe surtout, c’est cette capacité à transformer un concert en performance totale. Ici, pas de simple enchaînement de morceaux. Le groupe construit un univers. Quelque chose de brut, tribal, presque théâtral, où chaque détail semble participer à la tempête générale.
Et puis il y a ce moment suspendu.
Littéralement suspendu.
Au-dessus de la scène, une artiste aérienne s’installe dans un cerceau, comme une apparition surgie du chaos. Là où le reste du set cogne, elle flotte. Là où les flammes agressent la rétine, elle impose une élégance presque irréelle. Une parenthèse étrange, hypnotique, qui aurait pu sembler totalement absurde dans n’importe quel autre concert… mais qui, ici, paraît finalement parfaitement logique.
Parce qu’un show de Krav Boca, ce n’est jamais juste de la musique. C’est un grand collage foutraque où le punk croise le théâtre de rue, le rap militant, les arts du cirque et une ambiance de fin du monde étonnamment festive.
Le contraste est d’ailleurs l’un des grands plaisirs du set : le brutal qui tutoie le gracieux, le chaos qui serre la main au beau, les flammes qui répondent aux jeux de lumière bleutés. Un instant on croit assister à un rituel païen clandestin, l’instant d’après à un cabaret anarchiste échappé d’une autre dimension.
Et au milieu de tout ça ? Un public complètement embarqué.
Au Kreiz Y Fest, l’ambiance n’a jamais semblé forcée. Les regards étaient happés vers la scène, les téléphones parfois oubliés — exploit olympique en festival — parce qu’il se passait quelque chose de franchement vivant. Quelque chose qui ne ressemblait pas à un concert calibré au millimètre, mais à une collision artistique prête à partir légèrement de travers à tout moment. Et c’est précisément ce qui la rendait passionnante.
Visuellement, le show avait aussi cette qualité rare : chaque tableau semblait raconter une histoire. Une silhouette cornue traversée par les flammes. Une acrobate suspendue dans une lumière presque lunaire. Des ombres inquiétantes qui apparaissent puis disparaissent dans la fumée. À certains moments, on avait presque l’impression d’assister à une bande dessinée punk projetée grandeur nature.
Résultat : un concert qui n’a probablement laissé personne totalement indifférent.
Krav Boca n’est pas le genre de groupe qui demande poliment votre attention. Il la prend, la secoue un bon coup, y ajoute du feu, un peu de cirque, une bonne dose de sueur et vous laisse repartir avec une seule certitude : vous venez de voir quelque chose qu’on racontera toujours un peu mal, parce qu’il fallait être là pour comprendre.
Et franchement, au Kreiz Y Fest, ça faisait sacrément du bien dans cette fraicheur du soir !
pics by branwenn photographie , retrouvez le reste des photos sur sa page !
#2026