15/09/2026
Situation lunaire à l’élection sénatoriale du Rhône !
On pensait naïvement que l’élection sénatoriale du Rhône pourrait, cette fois, réserver quelques surprises. Et notamment que la gauche aurait l’intelligence de profiter de la formidable division de la droite et du centre, qui auront tout de même réussi l’exploit de présenter six listes. Un joli record de cohérence politique.
Mais rassurons-nous : face à une droite profondément divisée, la gauche a décidé de ne surtout pas prendre le risque de gagner trop facilement. Il fallait donc, une nouvelle fois, se diviser à son tour. Question de principe, sans doute.
C’est dans ce contexte particulièrement savoureux que Bruno Bernard, ancien président de la Métropole de Lyon, a annoncé sa candidature, expliquant vouloir offrir une « véritable alternative » aux électeurs.
Une justification qui a le mérite d’être limpide : selon lui, il aurait rencontré de nombreux électeurs qui lui auraient fait savoir qu’ils n’envisageaient absolument pas de voter pour Hélène Geoffroy du fait de ces alliances discutables lors des municipales. Il ne manquait donc plus qu’une liste supplémentaire pour répondre à cette forte demande.
La liste de Bruno Bernard devrait notamment être composée de candidats issus d'Europe Écologie-Les Verts, avec plusieurs poids lourds du parti. Une belle occasion, donc, de ressortir les grands principes de l’écologie politique tout en s’assurant que chacun dispose bien de son petit siège dans la bataille.
Derrière cette candidature, difficile également de ne pas voir une forme de revanche personnelle de Bruno Bernard à l’égard de l’ancienne maire de Vaulx-en-Velin.
Hélène Geoffroy avait en effet refusé de participer à une union des gauches au second tour de l’élection métropolitaine. Elle avait ensuite perdu la circonscription Rhône-Amont, contribuant largement à précipiter la défaite de la majorité sortante.
Quelques mois plus t**d, Bruno Bernard semble donc avoir une mémoire politique particulièrement performante. À défaut d’avoir réussi à enterrer les querelles du passé, autant les recycler pour une élection sénatoriale.
Et il y a évidemment un dernier détail, légèrement embarrassant : Bruno Bernard s’était montré opposé à La France insoumise au niveau national, mais avait tout de même appelé à une alliance avec LFI localement afin de conserver son fauteuil de président de la Métropole.
Au final, le scénario est assez fascinant : une droite en six morceaux, une gauche qui invente le moyen de se diviser, des rancœurs personnelles qui refont surface et des alliances autrefois jugées impensables qui deviennent soudain parfaitement acceptables lorsqu’elles permettent de conserver un pouvoir.
Bref, une élection sénatoriale dans le Rhône comme on les aime : beaucoup de grands principes, énormément de petites stratégies, et surtout aucune raison de s’ennuyer.