01/06/2026
Festival Improbable – La Gaude – 6e jour – 31 Mai 2026
À l’annonce de la programmation du Festival Improbable, j’ai éprouvé une légère déception : cette année, ne se produisait pas Call Me Winston – The Tarantino Tribute, un groupe que j’affectionne particulièrement.
Cette déception s’est envolée à la découverte de The N.C. Commitments by Shakin’ Mamas, un groupe formé autour d’un trio féminin reprenant des airs sixties dans la lignée du « mur du son » des Supremes ou des Tikis, (si l’on reste sur des références locales).
On se croit embarqué dans un film de Tarantino, où l’on redoute à chaque virage que tout finisse dans un bain de sang. Dans mon salon, il y a une affiche d’Uma Thurman dans Pulp Fiction (cela aurait tout aussi bien pu être Kill Bill) : c’est vous dire à quel point j’aime ce réalisateur. À force de la voir chaque jour, Uma Thurman est devenue mon modèle féminin : indomptable, dangereuse et d’une beauté magnétique. Cela explique aussi sans doute pourquoi j’ai toujours un peu d’appréhension face à la gent féminine, et pourquoi je m’en approche si peu, ou avec tant de prudence.
Il était aussi question de danse avec The N.C. Commitments by Shakin’ Mamas, une danse lente et lascive que n’auraient pas reniée Vincent Vega (John Travolta) et Mia Wallace. Chacun sait que je suis en pamoison devant la moindre robe rouge, mais je dois dire que la robe orange fonctionne également très bien.
Savez-vous que le Festival Improbable a été créé il y a dix ans pour donner une scène à une chorale locale ? Depuis, le festival a grandi, s’est développé, mais chaque année cette chorale revient sur la scène gaudoise. C’est toujours un plaisir de réentendre, revisités avec humour, tous ces airs que l’on fredonne habituellement sous la do**he (ABBA, le Grand Orchestre du Splendid, Ben E. King...).
À noter également, en final, un émouvant hommage à Michèle, créatrice du festival.
Cette chorale est entraînante, originale, improbable.
Pour la soirée de clôture, la tête d’affiche était CharlElie Couture, légende de la chanson rock française. J’ai usé jusqu’au dernier sillon son album Poèmes Rock, sorti en 1981, album fondateur dans lequel il invente son style : un mélange déroutant de chanson française, de spoken word, de rock minimaliste et d’un imaginaire urbain presque cinématographique. Et quelle voix !
Bien sûr, comme la plupart d’entre nous, nous nous en sommes éloignés au fil des années (il compte aujourd’hui 27 albums studio), mais il reste en nous Comme un avion sans ailes, ce hit intemporel qui dit à chacun que, malgré les handicaps, on peut poursuivre la voie de ses rêves et continuer à jouer sans les atouts.
L’univers de CharlElie n’est pas doux : il demande une acclimatation, un effort pour y entrer. Il y a deux ans, au Broc, The Most Beautiful Girl in the World n’avait pas réussi à dépasser le stade de l’inconfort. Mais une fois dedans, difficile d’en sortir : on ressort un peu sonné.
Les derniers mots de CharlElie avant le silence, en quittant la scène (et donc les derniers mots du festival), furent : « Et dans un an, déconnez pas les gars quand même ! »
Comme lui, nous ne voulons pas de ce monde que nous craignons. Nous voulons un monde qui ressemble à ce festival : rare, varié, curieux, accueillant, métissé, intelligent, attachant.
À l’année prochaine.
The N.C. Commitments by Shakin’Mamas https://youtu.be/v2TSUCpPmSc
Les Chorales : https://youtu.be/WgXzG_Qkwsk
CharlElie Couture https://youtu.be/Ib0hsZLYv3M