01/05/2026
Lutter contre l'individualisme social
C'est à l'école que la lutte des classes est la plus forte et la plus cruelle.Face à la massification scolaire, les classes favorisées ont appris toutes les stratégies possibles pour préserver leurs privilèges :recours à l'enseignement privé, mais aussi refus des réformes de bon sens allant vers davantage d'égalité dans la réussite,comme l'ouverture réelle des établissements d'excellence ou une meilleure répartition des moyens, proportionnelle au pourcentage d'élèves issus de familles défavorisées ;Les élites rejettent ces changements pour protéger leurs enfants de la mobilité sociale descendante. C'est là que se révèle le discours insincère sur la méritocratie qui masque le plus souvent une défense de "l'héritocracie". Par exemple, de nombreuses familles aisées ont refusé la mixité sociale proposée dans les collèges parisiens rétorquant que le prix de leur appartement allait baisser du fait de ce mélange de populations. Les perdants de cette compétition faussée, celles et ceux qui se retrouvent en échec, sans diplôme, deviennent souvent des citoyens désaffiliés, sans confiance envers les autres et les institutions, convaincus que la promotion sociale est hors de portée. Bien sûr , il y a des exceptions mais malheureusement trop peu "d' exceptions consolantes" comme le disait en son temps Ferdinand Buisson.
Il faut apprendre à lire ce que cachent les polémiques scolaires: des luttes de statut et une défense acharnée de positions acquises. Mais il est surtout nécessaire d'aller plus loin et de nous interroger sur cette espèce de quasi-monopole qu'exerce l'école sur la reconnaissance du mérite. Nous donnons, me semble-t-il, trop d'importance au diplôme..C'est la raison pour laquelle d'autres compétences devraient être prises en compte, le travail en groupe, l'entraide, la coopération, le chef d'oeuvre, qui, comme chez les compagnons, pourrai constituer la fin d'un parcours scolaire. Davantage de formations tout au long de la vie, de vraies progressions dans les carrières permettraient de rendre les verdicts scolaires moins définitifs , d'atténuer la brutalité de la compétition et d'introduire davantage de fluidité sociale.
C'est un droit pour les précaires, les plus fragiles !! C'est un pari sur l'avenir!!