30/08/2026
Notre éditorial du mois de septembre 2026
Nous comptons sur vous
Par Harout Mardirossian
À l’heure où l’information gratuite circule en quelques secondes sur les réseaux sociaux, où les algorithmes déterminent largement ce que nous lisons et où l’actualité chasse sans cesse l’actualité, pourquoi une diaspora aurait-elle encore besoin d’un magazine ? Pour les Arméniens de France, la réponse est simple : parce qu’un magazine comme France Arménie est bien plus qu’un média. Il est un lien, un lien précieux entre tous les Arméniens. Un lien qui s’est modernisé grâce à vous avec son nouveau site internet, un lien, qui dépasse désormais les 10 000 followers sur les réseaux sociaux, mais qui a aussi conservé sa mémoire en numérisant l’ensemble de ses archives.
La Diaspora arménienne de France est diverse et doit le rester. Elle rassemble des familles présentes depuis plusieurs générations, des jeunes qui redécouvrent leurs origines, des Français d’origine arménienne, des nouveaux arrivants, des acteurs associatifs, culturels, économiques et politiques. Ces parcours sont différents, mais ils se rejoignent autour d’une histoire, d’une culture et d’une identité communes aujourd’hui remises en cause par le pays qui devrait les protéger, l’Arménie de Nikol Pachinian et son idéologie d’Arménie réelle. Or la nation arménienne est éternelle alors que les gouvernements ne sont qu’éphémères. Il est donc essentiel de disposer d’une information fiable et sans concession, qui donne son opinion mais qui ne cède jamais à la démagogie et au sensationnalisme. C’est là l’une des missions essentielles de France Arménie.
Mais un média diasporique a une responsabilité qui dépasse l’actualité communautaire. Il doit également donner des clés pour comprendre notre histoire et notre présent. Le Génocide de 1915, la construction et la permanence de la Diaspora, la naissance de la République d’Arménie, les bouleversements du Caucase, la question du Haut-Karabagh ou encore les défis auxquels l’Arménie est confrontée aujourd’hui ne peuvent être réduits à quelques publications éphémères sur les réseaux sociaux. Ils nécessitent du recul, de la contextualisation. Mais personne, pas même le pouvoir de l’Arménie, n’a le droit de nous retirer ce droit à nous exprimer sur le présent et le futur de notre Patrie.
Ce magazine raconte aussi la vie de la communauté arménienne de France, votre vie à travers ses associations, ses écoles, ses églises, ses artistes, ses entrepreneurs… Mettre ces acteurs en lumière, c’est rappeler que la Diaspora n’est pas une réalité figée dans le passé. Elle est une communauté vivante, engagée et en constante évolution. Être arménien en France, c’est par ailleurs vivre une double appartenance qui n’a rien de contradictoire. On peut être pleinement français et conserver un lien profond avec l’Arménie et la culture arménienne. Cette richesse mérite d’être racontée. Elle fait partie de l’histoire de la France autant que de celle de la Diaspora, autant que celle de l’Arménie quoi qu’en disent certains politiciens arméniens qui voudraient une diaspora aux ordres avec ses médias inféodés à la langue de bois officielle.
À une époque où tout s’accélère, défendre l’existence d’un magazine comme France Arménie, c’est donc défendre le droit d’une communauté à raconter elle-même son histoire, à informer les siens et à réfléchir à son avenir. Et une communauté qui n’est plus en mesure de raconter son histoire, son présent comme son passé, risque elle aussi de disparaître à plus ou moins long terme. Elle prend le risque de laisser à ses ennemis panturcs, aux négationnistes de toute sorte, aux diplomates adeptes de la realpolitik, le soin de raconter une histoire alternative, une réalité virtuelle où la Cause arménienne n’est pas une réponse à l’injustice faite au peuple arménien.
Alors, face à l’inflation et à la crise économique qui touchent l’ensemble des annonceurs de France, nous avons encore besoin de vous. Nous comptons sur vous et vos dons pour que l’histoire de France Arménie ne s’arrête pas, pour que ce lien entre nous ne soit pas rompu.
Nous comptons sur vous.