13/01/2026
𝐆𝐫è𝐯𝐞 à 𝐥𝐚 𝐂𝐍𝐍𝐈𝐈 : 𝐥𝐚 𝐝𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐠é𝐧é𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐥𝐚 𝐥é𝐠𝐢𝐭𝐢𝐦𝐢𝐭é 𝐝𝐮 𝐦𝐨𝐮𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐝é𝐧𝐨𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐦𝐞𝐧𝐬𝐨𝐧𝐠è𝐫𝐞𝐬
Lancée depuis quelques semaines par le Syndicat Gabonais des Marins (SYGAMA), la grève des agents de la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII), à Port-Gentil, a suscité une mise au point de la direction générale de la compagnie qui remet en cause la légitimité du mouvement et les informations relayées à propos par certains médias nationaux.
Tout d'abord, la direction générale tient à souligner que ce mouvement de grève qui pour elle, constitue une rupture abusive de la paix sociale et une violation des engagements contractuels liant les partenaires sociaux, n'a pas lieu d'être. D’autant, soutient-elle non sans dénoncer le mépris d'un arbitrage acté, que les points de revendication avancés avaient déjà fait l’objet d’un arbitrage formel, entériné par un procès-verbal de conciliation signé sous l’égide de l’autorité de tutelle, de l’Inspection spéciale du Travail et des délégués du personnel.
Sur le plan juridique, la hiérarchie dénonce une grève qu’elle qualifie d’illégale, amorcée dans le mépris des procédures en vigueur en République gabonaise. « En droit gabonais, tout arrêt de travail doit être précédé d’un préavis de huit jours », précise la direction générale dans un courrier émis par l’entremise de son service juridique. Or, selon elle, le SYGAMA et les agents de la CNNII à Port-Gentil auraient déclenché leur mouvement sans notification préalable à la direction générale, ni à l’Inspection spéciale du Travail.
En conséquence, la direction assimile ce mouvement à un abandon collectif de poste, privant ainsi les agents de la protection légale attachée au droit de grève.
Revenant sur les points contenus dans le cahier de charges des grévistes, la direction générale, soucieuse de rétablir sa version des faits face à ce qu’elle qualifie de déclarations « mensongères », a tenu à clarifier la question de la dette salariale dont l’usage erroné des chiffres dans la presse vise à manipuler l’opinion publique, à l'en croire. « La dette salariale ne s’élève pas à plus de 19 mois, mais à 18 mois », précise-t-elle, répartis comme suit : 18 mois d’arriérés historiques, hérités d’une gestion antérieure au directoire actuel, auxquels s’ajoute un seul mois de re**rd, celui de décembre, encore dû à ce jour.
Abordant le dossier Ebomaf, la direction générale regrette que certaines personnes tentent d’établir un lien entre la crise actuelle et ce groupe. En effet, bien qu’Ebomaf ait annoncé, lors de la signature de la convention de concession et devant l’assemblée générale des agents, son intention de régler les arriérés de salaires du personnel, en pratique, cet engagement n’a jamais été honoré. Ainsi, souligne la direction générale souligne, la CNNII ne saurait être tenue pour responsable du non-respect des engagements pris par un partenaire extérieur.
Enfin, la direction générale déplore l’absence de service minimum au sein d’une compagnie qui assure une double mission de service public vital. Elle condamne également les entraves physiques constatées, notamment l’empêchement fait aux agents non grévistes d’accéder à leur poste de travail.
De tels agissements, selon elle, constituent des fautes lourdes susceptibles de compromettre la sécurité des installations ainsi que la pérennité de l’outil de travail.
Au regard de ce qui précède, l’opinion publique ne peut que s’interroger : les délégués du personnel de la CNNII mesurent-ils pleinement la portée juridique, sociale et professionnelle des décisions engagées dans ce mouvement ? Disposent-ils de toutes les informations nécessaires pour apprécier les conséquences d’une grève qualifiée d’illégale par la direction générale ? N’ont-ils pas, volontairement ou non, été instrumentalisés par le SYGAMA à l’origine du mot d’ordre, au point d’exposer les agents à des risques qu’ils n’auraient pas pleinement anticipés ? Ce mouvement sert-il réellement les intérêts des travailleurs ?
Affaire à suivre